jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-20VE03197 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler la décision du 25 juin 2018 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Cher, sur avis du collège territorial de second examen des rescrits de Rennes, a refusé de faire droit à sa demande de rescrit prévu à l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
Par un jugement n° 1803122 du 12 octobre 2020, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 décembre 2020 et 5 mai 2021, M. A, représenté par Me Ouvrard, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision du 25 juin 2018 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Cher, après avis du collège territorial de second examen des rescrits de Rennes, lui a refusé le bénéfice du régime d'exonération prévu à l'article 44 quindecies du code général des impôts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 7 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la jurisprudence antérieure à la loi du 30 décembre 1999 et les travaux préparatoires de la loi du 29 décembre 2010 montrent qu'il n'y a extension d'une activité préexistante que s'il ressort d'un faisceau d'indices que la nouvelle entreprise est dans une situation de dépendance extrêmement forte vis-à-vis de l'entreprise préexistante ; en revanche, la simple assistance ne suffit pas à caractériser une telle dépendance ;
- il jouit d'une totale autonomie dans l'exercice de son activité ; la clinique ne peut, par essence, lui transmettre aucun savoir-faire ; il travaille d'ailleurs dans une autre structure parallèlement ; il développe seul sa patientèle ; il n'existe aucun lien de subordination à l'égard de la clinique ; les clauses du contrat le liant à la clinique des Grainetières, qui n'est pas un contrat de franchise, ne sont pas déterminantes pour qualifier la nature de leur relation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 avril et 28 mai 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Deroc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, radiologue, a formulé une demande de rescrit, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, pour l'application des dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts à son activité professionnelle exercée au sein de la clinique des Grainetières à Saint-Armand-Montrond, en zone de revitalisation rurale. Par une décision du 25 juin 2018, après avis du collège territorial de second examen de Rennes, le directeur départemental des finances publiques du Cher a rejeté sa demande au motif que son activité développée au sein de la clinique constituait l'extension d'une activité préexistante au sens du e) du II de l'article 44 quindecies du code général des impôts. M. A fait appel du jugement du 12 octobre 2020 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 44 quindecies du code général des impôts : " I. - Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, les entreprises qui sont créées ou reprises entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2020, soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité () professionnelle au sens du 1 de l'article 92, sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, () jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui de leur création () II. - Pour bénéficier de l'exonération mentionnée au I, l'entreprise doit répondre aux conditions suivantes : () e) L'entreprise n'est pas créée dans le cadre d'une extension d'activités préexistantes. L'existence d'un contrat, quelle qu'en soit la dénomination, ayant pour objet d'organiser un partenariat caractérise l'extension d'une activité préexistante lorsque l'entreprise créée ou reprenant l'activité bénéficie de l'assistance de ce partenaire, notamment en matière d'utilisation d'une enseigne, d'un nom commercial, d'une marque ou d'un savoir-faire, de conditions d'approvisionnement, de modalités de gestion administrative, contentieuse, commerciale ou technique, dans des conditions telles que cette entreprise est placée dans une situation de dépendance. () ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu refuser le bénéfice de l'exonération prévue au I de l'article 44 quindecies précités aux entreprises qui, eu égard à la similarité ou à la complémentarité de leur objet par rapport à celui d'entreprises antérieurement créées et aux liens de dépendance qui les unissent à ces dernières, sont privées de toute autonomie réelle et constituent de simples émanations de ces entreprises.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A exerce une activité libérale de médecin radiologue dans le cadre d'un contrat d'exercice libéral du 1er septembre 2016 conclu avec la clinique des Grainetières. Ce contrat prévoit ainsi, dans ses articles 1er à 8, que le praticien travaille exclusivement, pour une durée indéterminée à l'issue d'une période initiale de cinq ans, dans les locaux de la clinique. Cette exclusivité s'accompagne d'indemnités financières significatives en cas de rupture anticipée du contrat ou, à l'issue des cinq années initiales, de non-respect du préavis d'un an, ainsi que d'une clause de non-concurrence, en cas de rupture du contrat par M. A, pour une durée de cinq ans dans un rayon de cinquante kilomètres, la clinique étant, en sus, la seule partie à pouvoir rompre le contrat sans indemnité. M. A figure sur l'organigramme de la clinique, participe à la conférence médicale d'établissement et à diverses commissions transversales et doit, en outre, assurer la continuité du service, en informant la clinique de ses congés l'année civile qui précède leur date et en organisant son remplacement, à ses frais. Par ailleurs, la clinique met à sa disposition les moyens matériels et techniques indispensables à l'exercice de son activité de radiologue, ainsi que les personnels nécessaires, sur lesquels il ne dispose d'aucun pouvoir hiérarchique. En contrepartie de ces moyens, M. A verse une redevance s'élevant à 60 % TTC de ses honoraires hors dépassements. Il ressort également des stipulations de l'article 6 du contrat que la clinique assume la charge de la facturation et du recouvrement de l'ensemble de ses honoraires. Si M. A soutient que la pratique du contrat a pu différer de ces stipulations et qu'il exerce, notamment, une activité secondaire dans une autre clinique, cette seule affirmation, qui n'est assortie d'aucune précision sur les dates et les modalités d'exercice de cette activité, ne saurait suffire à démontrer qu'il exerce de manière indépendante. De même, la circonstance qu'il aurait développé sa propre patientèle, ce qui, au demeurant, ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des seules stipulations de l'article 5 de l'annexe au contrat, dans lequel la clinique se réserve le droit de s'adjoindre un autre praticien en cas d'insuffisance de chiffre d'affaires eu égard aux coûts de fonctionnement supportés, n'est pas suffisante, à elle seule, pour contredire l'ensemble des éléments relevés par l'administration et rappelés ci-dessus. Dans ces conditions, l'activité libérale développée par M. A à compter du 1er septembre 2016 doit être regardée comme dépendante de la clinique des Grainetières, notion qui ne concerne pas que les entreprises franchisées, quand bien même il n'y aurait eu aucun transfert de savoir-faire de la part de la clinique. Par suite, elle ne peut pas être regardée comme une activité éligible à l'exonération prévue par l'article 44 quindecies du code général des impôts et c'est à bon droit que l'administration a rejeté sa demande de rescrit à ce titre.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
Mme Danielian, présidente assesseure,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
C. BLa présidente,
L. Besson-Ledey La greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
N°20VE03197
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026