jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-20VE03366 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS M & R AVOCATS;EVODROIT SCP INTER BARREAUX D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Melun d'annuler la décision implicite du recteur de l'académie de Créteil rejetant sa demande, en date du 13 juillet 2018, tendant au versement de l'indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves (ISAE) et d'enjoindre au recteur de lui attribuer cette indemnité à compter du 1er septembre 2017.
Par une ordonnance du 22 novembre 2018, le dossier de la demande de M. B a été transmise au tribunal administratif de Montreuil.
Par un jugement n° 1811718 du 14 février 2020, le tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision implicite du recteur de l'académie de Créteil et lui a enjoint d'attribuer à M. B l'ISAE pour la période comprise entre le 1er septembre 2017 et le 31 août 2019, dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 23 décembre 2020 et 11 mars 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de rejeter la demande présentée par M. B devant le tribunal administratif.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les fonctions de directeur adjoint d'une section d'enseignement général et professionnel adapté des collèges (SEGPA) n'ouvrent pas droit au versement de l'ISAE conformément aux dispositions de l'article 2 du décret du 30 août 2013 dès lors qu'elles ne peuvent être assimilées ni à des fonctions enseignantes ni à des fonctions de direction, en l'absence de fonctions de représentation de l'institution, de fonctions liées à la répartition des moyens financiers ou encore d'encadrement des personnels ;
- les textes en vigueur à la date de la décision attaquée faisaient obstacle à l'attribution de l'ISAE aux directeurs adjoints de SEGPA, les dispositions du décret du 17 septembre 2019 modifiant l'article 2 du décret du 30 août 2013 ayant eu pour seul objet de clarifier la portée de cet article 2.
Par des mémoires en défense, enregistrés respectivement les 13 juillet 2021 et 21 mars 2022, M. B, représenté par Me Keller, avocat, conclut au rejet de la requête et au versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'appel du ministre n'ayant pas été signé par un agent ayant reçu délégation régulière, est irrecevable ;
- les moyens du ministre ne sont pas fondés ;
- le ministre ne peut lui refuser le bénéfice de l'ISAE sans créer une rupture d'égalité
entre des agents placés dans une même situation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2013-790 du 30 août 2013 ;
- la circulaire n° 2015-176 du 28 octobre 2015 relative aux sections d'enseignement général et professionnel adapté ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Sauvageot, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le ministre de l'éducation nationale relève appel du jugement du tribunal administratif de Montreuil du 14 février 2020 annulant la décision implicite du recteur de l'académie de Créteil refusant d'attribuer à M. B l'indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves et lui enjoignant d'attribuer à M. B cette indemnité pour la période comprise entre le 1er septembre 2017 et le 31 août 2019.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de qualité du signataire de la requête :
2. Par une décision du 10 octobre 2018, publiée au Journal officiel de la République française du 28 octobre 2018, M. E D, chef du bureau des consultations et du contentieux relatifs aux personnels enseignants titulaires, a reçu délégation de la directrice des affaires juridiques du ministère de l'éducation nationale et du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, à l'effet de signer, au nom du ministre chargé de l'éducation nationale, tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions de ce bureau. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité du signataire de la requête en appel du ministre de l'éducation nationale doit être écartée.
Sur la légalité de la décision implicite rejetant la demande d'attribution de l'indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves :
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 30 août 2013 instituant une indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves au bénéfice des personnels enseignants du premier degré : " Une indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves est allouée aux personnels enseignants du premier degré exerçant dans les écoles maternelles et élémentaires. / Bénéficient dans les mêmes conditions de l'indemnité prévue par le présent décret, les enseignants du premier degré exerçant dans les établissements ou services de santé ou médico-sociaux, mentionnés aux articles L. 351-1 et D. 351-17 du code de l'éducation, dans les établissements régionaux d'enseignement adapté, dans les sections d'enseignement général et professionnel adapté des collèges et dans les unités localisées pour l'inclusion scolaire des collèges et des lycées ". Aux termes de l'article 2 du même décret dans sa rédaction applicable au litige : " L'attribution de cette indemnité est liée à l'exercice effectif des fonctions enseignantes et de direction y ouvrant droit, en particulier au suivi individuel et à l'évaluation pédagogique des élèves, au travail en équipe et au dialogue avec les familles ".
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la circulaire du 28 octobre 2015 relative aux sections d'enseignement général et professionnel adapté (SEGPA), que sous l'autorité du chef d'établissement, le directeur adjoint chargé de la section d'enseignement général et professionnel adapté assure l'organisation et la coordination des actions pédagogiques mises en œuvre au sein de la structure, la cohérence de l'ensemble de son projet de fonctionnement, le suivi et la coordination des actions mises en place par les enseignants spécialisés et les professeurs des classes concernées, l'organisation et la planification des stages en milieu professionnel et la liaison avec les autres établissements. Ainsi, le directeur adjoint de SEGPA, qui, ainsi que le relève le ministre, n'est pas chargé de fonctions de représentation de la section, de fonctions liées à la répartition des moyens ou encore de fonctions d'encadrement de son personnel, ne peut être regardé comme exerçant effectivement des fonctions de direction. En l'espèce, il n'est pas établi ni même allégué que M. B exerçait d'autres fonctions que celles prévues par cette circulaire. Par ailleurs, il est constant que M. B n'exerçait pas de fonctions enseignantes ouvrant droit à l'attribution de l'indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves. Dans ces conditions, M. B n'exerçant ni des fonctions de direction ni des fonctions enseignantes au sens des dispositions précitées du décret du 30 août 2013, ne remplissait pas les conditions d'attribution de cette indemnité.
5. Il résulte de qui précède que le ministre de l'éducation nationale est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision implicite du recteur de l'académie de Créteil au motif que M. B remplissait les conditions d'attribution de l'indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves.
6. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par M. B devant elle.
7. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B ne remplissait pas les conditions fixées par les dispositions précitées du décret du 30 août 2013 pour se voir attribuer l'ISAE. Par suite, l'administration était tenue de rejeter sa demande tendant à l'attribution de cette indemnité. La circonstance, au demeurant non établie, que cette indemnité aurait été attribuée à certains directeurs adjoints de SEGPA est sans incidence sur la légalité de la décision du recteur refusant d'en accorder le bénéfice à M. B. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le ministre de l'éducation nationale est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision implicite du recteur de l'académie de Créteil.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, verse à M. B la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er :Le jugement n° 1811718 du tribunal administratif de Montreuil du 14 février 2020 est annulé.
Article 2 :La demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Montreuil et ses conclusions en appel sont rejetées.
Article 3 :Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,
M. Camenen, président assesseur,
M. Mauny, président assesseur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
Le rapporteur,
G. C La présidente,
C. Signerin-Icre La greffière,
C. Yarde
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026