jeudi 19 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE00125 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NGOUNOU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2019 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2000928 du 15 décembre 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire ampliatif enregistrés respectivement le 15 janvier 2021 et le 19 février 2021, M. B, représenté par Me Ngounou, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la légalité de l'arrêté contesté
- il est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;
- il est entaché d'un vice de procédure faute de communication par le préfet du rapport du médecin de l'OFII préalable à l'avis du collège de médecins en date du 11 juin 2019 et dès lors qu'il serait impossible de s'assurer que le médecin rapporteur n'aurait pas siégé au sein du collège ;
- il ne respecte pas l'article 41 de la charte des droits fondamentaux et donc son droit à être entendu ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces mêmes dispositions ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle au regard des précédentes dispositions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-1405 du 18 novembre 2020, et notamment son article 5 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. C B, ressortissant camerounais né le 31 août 1988 à Nkongsamba, qui est entré en France le 2 septembre 2016 sous couvert d'un visa court séjour, a bénéficié d'un titre de séjour pour soins valable du 5 avril 2018 au 4 janvier 2019. Il a sollicité le 22 février 2019 le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 30 décembre 2019, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 15 décembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
3. Les moyens tirés du défaut de motivation de l'arrêté litigieux, du défaut d'examen de sa situation personnelle et de ce que le préfet se serait cru en situation de compétence liée par l'avis des médecins du collège de l'OFII, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges aux points 2. et 3. du jugement entrepris.
4. M. B reprend en appel le moyen tiré du vice de procédure faute de communication du rapport médical du médecin de l'OFII préalablement à l'avis rendu par le collège de médecins en date du 11 juin 2019. Toutefois, le collège de médecins de l'OFII, astreint au respect du secret médical qui s'impose à lui, ne saurait divulguer ni les termes, ni même la teneur du rapport médical du médecin du service médical de l'office, à l'autorité administrative compétente ou au juge de l'excès de pouvoir, même avec l'accord du malade. Par suite, il n'appartient pas, contrairement à ce que soutient M. B, au préfet de communiquer le rapport médical dont il ne saurait avoir connaissance, ni, a fortiori, au juge de l'enjoindre de procéder à une telle communication. En outre, ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges, il ressort des pièces du dossier que le médecin rapporteur, le docteur A, n'a pas siégé au sein du collège des médecins ayant effectivement rendu cet avis et composé des docteurs Levy-Attias, Minani et Douzon. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. Le moyen tiré du vice de procédure au regard du droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 6. du jugement attaqué.
6. M. B reprend en appel ses moyens tirés de la méconnaissance du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions. Il se prévaut d'une hépatite B " chronique " diagnostiquée par le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'Hôpital Saint-Antoine. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à remettre en cause l'appréciation motivée portée par les premiers juges qui ont retenu que le seul certificat médical qu'il produit et qui se borne à mentionner que " l'état de santé du malade nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité " est insuffisamment précis et circonstancié pour remettre en cause l'avis par lequel le collège de médecins de l'OFII a considéré que le défaut de prise en charge de sa pathologie ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, le préfet des Yvelines pouvait, sans avoir à se prononcer sur la possibilité pour M. B de bénéficier effectivement d'un traitement approprié à ses pathologies dans son pays d'origine, rejeter sa demande de titre de séjour formulée sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ces moyens doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges aux points 7. et 8. du jugement attaqué.
7. M. B reprend en appel les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions. A l'appui de son allégation, il produit en appel une copie de l'extrait de naissance de sa fille née le 24 septembre 2020. Toutefois, cet élément, postérieur à la date de l'arrêté attaqué, ne saurait remettre en cause l'appréciation motivée portée par les premiers juges qui ont relevé, d'une part que, M. B n'a pas demandé un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions et, d'autre part, et en tout état de cause, qu'il ne justifiait ni d'une durée de séjour, ni d'une insertion sociale et professionnelle suffisamment significative en France. Ainsi, il ne démontre pas l'existence d'un motif exceptionnel ou de considérations humanitaires permettant la régularisation de sa situation au regard de ces dispositions. Dans ces conditions, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 19 mai 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026