lundi 23 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE00363 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 7 août 2020 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2008937 du 14 janvier 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 10 février 2021, M. B, représenté par Me Guidicelli-Jahn, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler l'arrêté du préfet du Val-d'Oise ;
3° d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4° de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- les premiers juges ont répondu au moyen relatif à des risques de peines ou de traitement inhumains en cas de retour dans son pays d'origine qui n'a jamais été soulevé ;
- les premiers juges ont inexactement apprécié, notamment sur le plan matériel, les faits de l'espèce en retenant que trente-quatre bulletins de salaire avaient été produits alors qu'il n'avait versé que des relevés bancaires et une promesse d'embauche, pour justifier de sa situation professionnelle ;
- les premiers juges ont inexactement apprécié les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les moyens tirés de l'insuffisance de la motivation et de l'erreur manifeste d'appréciation dirigés contre la décision portant interdiction de retour ;
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à la gravité de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'insuffisance de motivation et d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B est un ressortissant égyptien né le 9 août 1979 à Kafr El Sheikh, qui a déclaré être entré en France en mai 2008, irrégulièrement. Il a fait l'objet de plusieurs décisions l'obligeant à quitter le territoire français les 19 août 2009, 23 mars 2012, 5 août 2013 et 15 décembre 2014. Le 12 février 2019, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 7 août 2020, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B relève appel du jugement du 14 janvier 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, M. B soutient que le tribunal administratif aurait procédé à tort à l'examen du moyen relatif à des risques de peines ou de traitement inhumains en cas de retour dans son pays d'origine qu'il n'a jamais soulevé. Toutefois, il ressort de l'examen de la demande de première instance que le requérant a soulevé, en son point 5., le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les premiers juges auraient statué ultra petita manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. B soutient que les premiers juges auraient inexactement apprécié les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les moyens tirés de l'insuffisance de la motivation et de l'erreur manifeste d'appréciation dirigés contre la décision portant interdiction de retour. Il fait valoir, en outre, que les premiers juges auraient matériellement inexactement apprécié les faits de l'espèce en affirmant que trente-quatre bulletins de salaire avaient été produits, alors qu'il n'avait versé que des relevés bancaires et une promesse d'embauche, pour justifier de sa situation professionnelle. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont donc sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.
Sur la légalité de l'arrêté :
5. En premier lieu, M. B reprend en appel, à l'identique et sans élément nouveau, le moyen soulevé en première instance et tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et doit être regardé comme invoquant un moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant à la gravité des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle. Il soutient qu'il vit en France sans interruption depuis mai 2008, avec son épouse et leurs deux enfants nés en 2018 et 2020, et de ce qu'il justifie de son intégration, notamment professionnelle, sur le territoire national. Toutefois, comme le relèvent à juste titre les premiers juges, M. B ne justifie pas de la régularité de la situation de son épouse au regard du droit au séjour et n'établit pas davantage la réalité de ses liens privés et familiaux antérieurement à son mariage en 2017. Ainsi, il ne démontre aucun obstacle à la reconstitution de la cellule familiale en Egypte, pays dans lequel il ne conteste pas conserver des attaches privées et familiales. Par ailleurs, si l'intéressé produit des pièces tels qu'un certificat et un contrat de travail pour 2013, des relevés de banques et une promesse d'embauche en date du 8 juin 2020, tendant à démontrer qu'il a pu ponctuellement travailler dans le secteur du bâtiment, ces éléments ne permettent pas de démontrer une insertion suffisamment stable et ancienne sur le territoire national. Enfin, M. B ne conteste pas s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire national, bien qu'il ait fait l'objet de quatre mesures d'éloignement prises dans les conditions décrites au point 2. de la présente ordonnance. Par suite, nonobstant la durée de son séjour en France depuis 2008, la décision attaquée du préfet du Val-d'Oise n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le préfet du Val-d'Oise n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a donc lieu d'écarter ces moyens pour ces motifs et par adoption des motifs retenus par les premiers juges au point 5. du jugement attaqué. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
6. En deuxième lieu, M. B reprend en appel, à l'identique et sans élément nouveau, le moyen soulevé en première instance à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français et tiré de l'insuffisance de la motivation. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 8. et 9. du jugement attaqué.
7 En dernier lieu, M. B reprend en appel, à l'identique et sans élément nouveau, le moyen soulevé en première instance à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français et tiré de l'erreur d'appréciation eu égard aux dispositions du III de L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, comme le relèvent à juste titre les premiers juges, d'une part, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français, même comportant un délai de départ volontaire, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés au III de l'article L. 511-1 du code précité. D'autre part, M. B qui s'est déjà soustrait à plusieurs mesures d'éloignement en 2009, 2012, 2013 et 2014, ne justifie ni de liens d'une particulière intensité avec la France, ni de son insertion professionnelle stable et inscrite dans la durée. Dans ces conditions, en prenant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il y a donc bien lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges aux points 10. et 11. du jugement attaqué.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 23 mai 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026