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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01013

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01013

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01013
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP BLACHER-GEVAUDAN AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté de la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours du 19 septembre 2018 lui infligeant la sanction d'abaissement d'échelon.

Par un jugement n° 1804056 du 16 février 2021, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 9 avril 2021, M. B représenté par Me Gevaudan, avocat, demande à la cour :

1°)d'annuler ce jugement ;

2°)d'annuler cet arrêté ;

3°)d'ordonner le versement des sommes dont il a été privé à la suite de cet arrêté ;

4°)de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué ne mentionne pas la possibilité de saisir le conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat ;

- alors que la sanction disciplinaire doit être précédée d'un entretien qui doit être loyal, il n'a jamais été entendu par sa hiérarchie concernant les fautes qui lui sont reprochées ;

- la procédure disciplinaire était forclose, la sanction n'ayant pas été prise dans le délai d'un mois à compter de la date de la saisine par le rapport de l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire en violation de l'article 9 du décret du 25 octobre 2014 ;

- la procédure est déloyale, la commission administrative paritaire départementale (CAPD) s'étant réunie le jour même de la remise du rapport disciplinaire ;

- l'avis de la CAPD ne lui a jamais été notifié ;

- le principe du contradictoire et les droits de la défense n'ont pas été respectés devant la CAPD ;

- le report de la séance de cette commission a été refusé ;

- les membres de la CAPD n'ont pu consulter son mémoire et les cent trente-cinq pièces qui l'accompagnaient que dans le cours de l'après-midi ;

- en se fondant sur une pièce volée à un élève, l'administration a manqué à son obligation de loyauté ;

- il a été sanctionné trois fois pour les mêmes faits ; la suspension dont il a fait l'objet constituait une sanction déguisée ;

- il est victime d'un acharnement de l'administration et d'un harcèlement moral ; une enseignante ayant commis des fautes plus graves n'a pas été sanctionnée ;

- l'arrêté contesté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; le rectorat n'a pas apporté la preuve qu'il aurait commis une faute justifiant une sanction disciplinaire ; il a reçu le soutien de très nombreux parents, collègues et élus ; l'administration confond insuffisance professionnelle et faute disciplinaire ; les protestations ne proviennent que de deux familles ; les pièces justifiant les sanctions ne sont que d'anodines punitions ;

- la sanction est disproportionnée ; une enseignante condamnée pénalement n'a pas été sanctionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours demande à la cour de rejeter la requête de M. B.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

-la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

-le loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

-le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Camenen,

-et les conclusions de Mme Sauvageot, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, professeur des écoles exerçant ses fonctions au sein de l'école élémentaire de Ligré (Indre-et-Loire), relève appel du jugement du tribunal administratif d'Orléans du 16 février 2021 qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté de la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours du 19 septembre 2018 lui infligeant la sanction de l'abaissement d'échelon.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 10 alors en vigueur du décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat : " () Lorsque l'autorité ayant pouvoir disciplinaire a prononcé l'abaissement d'échelon (), alors que le conseil de discipline a proposé une sanction moins sévère ou qu'aucune des propositions soumises au conseil, y compris celle consistant à ne pas prononcer de sanction, n'a obtenu l'accord de la majorité des membres présents, l'intéressé peut saisir de la décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification, la commission de recours du Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat. / L'administration lors de la notification au fonctionnaire poursuivi de la sanction dont il a fait l'objet doit communiquer à l'intéressé les informations de nature à lui permettre de déterminer si les conditions de saisine de la commission de recours du conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat se trouvent réunies. () ".

3. Si l'arrêté contesté n'informe pas M. B de la possibilité de saisir le conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, le conseil de discipline ayant émis à la majorité de ses membres un avis favorable à l'abaissement d'échelon, les conditions de saisine de la commission de recours du conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat n'étaient pas réunies et aucune information n'avait ainsi à être délivrée à l'intéressé.

4. En deuxième lieu, ni les dispositions du décret du 25 octobre 1984 susvisé, ni le principe des droits de la défense, n'imposent que le fonctionnaire qui fait l'objet d'une procédure disciplinaire bénéficie d'un entretien préalable avec ses supérieurs hiérarchiques. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, en particulier du rapport d'inspection du 4 décembre 2015, que M. B a été entendu par sa hiérarchie sur les fautes qui lui sont reprochées et mis en mesure d'apporter la contradiction aux accusations portées à son encontre. En outre, il n'est pas contesté qu'il a pu consulter l'intégralité de son dossier le 5 juin 2018 et présenter ses observations écrites et orales devant le conseil de discipline réuni le 25 juin 2018.

5. En troisième lieu, en l'absence de dispositions particulières expresses, aucun principe général applicable à la procédure disciplinaire n'impose que l'avis rendu par le conseil de discipline soit communiqué au fonctionnaire poursuivi préalablement à l'intervention de la décision de sanction. Ainsi, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué la circonstance que M. B n'a pas été en mesure de connaître le détail du vote du conseil de discipline avant l'intervention de la sanction litigieuse.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 25 octobre 1984 susvisé dans sa version alors applicable : " L'organisme siégeant en Conseil de discipline lorsque sa consultation est nécessaire, en application du second alinéa de l'article 19 de la loi susvisée du 13 juillet 1983, est saisi par un rapport émanant de l'autorité ayant pouvoir disciplinaire ou d'un chef de service déconcentré ayant reçu délégation de compétence à cet effet. / Ce rapport doit indiquer clairement les faits reprochés au fonctionnaire et préciser les circonstances dans lesquelles ils se sont produits ". Aux termes de son article 5 : " Lorsque le conseil de discipline examine l'affaire au fond, son président porte, en début de séance, à la connaissance des membres du conseil les conditions dans lesquelles le fonctionnaire poursuivi et, le cas échéant, son ou ses défenseurs ont exercé leur droit à recevoir communication intégrale du dossier individuel et des documents annexes. / Le rapport établi par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire ou par un chef de service déconcentré ayant reçu délégation de compétence à cet effet et les observations écrites éventuellement présentées par le fonctionnaire sont lus en séance () ".

7. Si le rapport présenté devant le conseil de discipline dans le cadre de la procédure engagée à l'encontre de M. B a été établi le 25 juin 2018, soit le jour même de la séance de ce conseil au cours de laquelle la situation de cet agent a été examinée, cette circonstance ne permet nullement d'établir que cette procédure était déloyale, ce rapport ayant été présenté aux membres du conseil de discipline dans des conditions dont il n'est pas établi qu'elles auraient pu influencer défavorablement le sens de leur avis.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 9 du décret du 25 octobre 1984 susvisé : " Le conseil de discipline doit se prononcer dans le délai d'un mois à compter du jour où il a été saisi par le rapport de l'autorité ayant pouvoir disciplinaire () ". D'une part, ce délai n'est pas édicté à peine de nullité des avis émis par le conseil de discipline après son expiration et, d'autre part, aucune disposition ne fait obligation à l'administration de prendre sa décision dans un délai déterminé après la saisine du conseil de discipline.

9. Il ressort des pièces du dossier que les membres de la commission administrative paritaire départementale siégeant en formation disciplinaire ont été convoqués par un courrier du 12 juin 2018 et se sont réunis le 25 juin 2018. Ainsi et en tout état de cause, le délai d'un mois prévu par les dispositions précitées de l'article 9 du décret du 25 octobre 1984 a été respecté. La circonstance que la sanction ne soit ensuite intervenue que par l'arrêté contesté du 19 septembre 2018 est sans incidence sur sa légalité. M. B n'est pas fondé à soutenir que, faute pour cette sanction d'être intervenue dans un délai d'un mois à compter de la date du rapport disciplinaire du 25 juin 2018, l'action disciplinaire était prescrite.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 25 octobre 1984 susvisé : " Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline quinze jours au moins avant la date de réunion, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. / Ce conseil peut décider, à la majorité des membres présents, de renvoyer à la demande du fonctionnaire ou de son ou de ses défenseurs l'examen de l'affaire à une nouvelle réunion. Un tel report n'est possible qu'une seule fois ".

11. M. B soutient que lors de la séance du conseil de discipline qui a duré près de dix heures, des dizaines de témoins sont intervenus pour le soutenir et que le rectorat a refusé un report de la séance seul à même de permettre à ses collègues actuels de témoigner. Toutefois, il n'est pas établi que les membres du conseil de discipline ont ainsi été privés de la possibilité d'entendre un ou plusieurs témoignages déterminants susceptibles d'influencer le sens de leur avis. Ainsi, M. B ne justifiant pas d'un motif légitime de report n'est pas fondé à soutenir que la procédure disciplinaire a été viciée.

12. En septième lieu, si les membres du conseil de discipline n'ont pu consulter le mémoire établi pour M. B et les cent trente-cinq pièces qui l'accompagnaient que dans l'après-midi du 25 juin 2018 et s'ils n'ont pris connaissance du rapport disciplinaire qu'une heure avant le début de la séance, ces circonstances ne suffisent nullement à établir que les droits de la défense et le caractère contradictoire de la procédure ont été méconnus.

13. En huitième lieu, en l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen. Toutefois, tout employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents, à une obligation de loyauté. Il ne saurait, par suite, fonder une sanction disciplinaire à l'encontre de l'un de ses agents sur des pièces ou documents qu'il a obtenus en méconnaissance de cette obligation, sauf si un intérêt public majeur le justifie. Il appartient au juge administratif, saisi d'une sanction disciplinaire prononcée à l'encontre d'un agent public, d'en apprécier la légalité au regard des seuls pièces ou documents que l'autorité investie du pouvoir disciplinaire pouvait ainsi retenir.

14. Il n'est pas établi, en particulier par l'attestation de la mère de l'élève concerné, que l'administration se serait fondée sur une punition volée dans le cartable de cet élève pour prononcer à l'encontre de M. B la sanction en litige. Par suite, l'administration ne peut être regardée comme ayant méconnu son obligation de loyauté vis-à-vis de son agent.

15. En neuvième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet, par un arrêté de la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours du 9 novembre 2017, d'un placement en congé d'office avec maintien intégral de son traitement pour une durée d'un mois au motif que son état de santé faisait courir aux enfants un danger immédiat. Cet arrêté a été retiré par un arrêté daté du 9 novembre 2017. En outre, M. B a été suspendu pour une durée maximale de quatre mois par un arrêté de la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours du 7 décembre 2017, cet arrêté ayant été annulé par un jugement n° 1704412 du tribunal administratif d'Orléans du 13 mars 2018, confirmé par un arrêt n° 18NT01949 de la cour administrative d'appel de Nantes du 14 novembre 2019, au motif que les faits imputés à l'intéressé ne présentaient pas un caractère suffisant de gravité. L'illégalité de cette dernière mesure ne suffit pas à établir qu'elle constituait en réalité une sanction déguisée. Il en va de même de la mesure de placement en congé d'office. Ainsi, le requérant ne peut être regardé comme ayant déjà été sanctionné disciplinairement avant l'intervention de l'arrêté contesté du 19 septembre 2018. Par suite, la règle selon laquelle l'agent ne peut être sanctionné plusieurs fois pour les mêmes faits n'a pas été méconnue.

16. En dixième lieu, M. B soutient que la sanction dont il a fait l'objet est uniquement liée à la contestation des mesures de placement en congé d'office et de suspension dont il a fait l'objet et qu'elle constitue un acharnement à son encontre. Toutefois, la circonstance, à la supposer d'ailleurs établie, qu'une enseignante ayant commis des violences à l'encontre de ses élèves n'aurait pas été sanctionnée disciplinairement ne suffit pas à établir l'existence d'une rupture d'égalité ou d'un acharnement de l'administration vis-à-vis de M. B. En outre, le retrait de la décision plaçant l'intéressé en congé d'office et l'annulation de la mesure de suspension dont il a fait l'objet, ne suffisent pas à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.

17. Enfin, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

18. D'une part, l'arrêté contesté relève que M. B, " malgré des rappels à ses obligations professionnelles et un accompagnement pédagogique, a commis des actes ayant un retentissement psycho-affectif à l'égard de certains élèves, en leur infligeant des punitions et des privations d'enseignements obligatoires et de récréations incompatibles avec le référentiel des compétences du métier de professeur des écoles ". Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'inspection du 4 décembre 2015, qu'il a été reproché à plusieurs reprises à M. B d'infliger des punitions récurrentes à certains élèves de sa classe sous la forme de lignes à copier, de les priver en totalité de récréation ou de certaines activités scolaires obligatoires comme les activités sportives et d'avoir humilié les élèves en échec devant leurs camarades. Il ressort également des témoignages produits par la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours que ces pratiques ont pu susciter des situations de souffrance pour les élèves concernés. La matérialité de ces faits est suffisamment établie par les pièces du dossier et, notamment, par le rapport d'inspection précité et les témoignages concordants produits par l'administration, en particulier ceux résultant de courriers des 5 et 6 décembre 2017, 11 janvier 2018, 15, 16 et 21 janvier 2018. Contrairement à ce que soutient M. B, ces faits ne caractérisent pas une insuffisance professionnelle mais constituent, compte tenu de leur caractère excessif et réitéré, une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.

19. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et notamment des très nombreux témoignages produits en sa faveur par M. B, que ce dernier est particulièrement investi dans son travail, dans la vie de l'école et de la commune où il travaille et qu'il contribue activement à la réussite de ses élèves en leur apprenant la rigueur, la politesse, le respect et le goût de l'apprentissage. Toutefois, contrairement à ce qu'il fait valoir, la faute qui lui est reprochée ne se limite pas à la situation de deux familles mais a régulièrement touché plusieurs enfants scolarisés dans sa classe au cours des années scolaires 2014 à 2018. Il est constant que le requérant a précédemment bénéficié d'un accompagnement pédagogique et a précédemment été destinataire de plusieurs rappels à ses obligations professionnelles. Dans ces conditions, compte tenu du retentissement de la faute sur la situation des élèves concernés, la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours n'a pas pris une sanction disproportionnée en prononçant à l'encontre de M. B une peine d'abaissement d'échelon, laquelle avait d'ailleurs été proposée à la majorité par le conseil de discipline.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Orléans-Tours.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,

M. Camenen, président assesseur,

Mme Janicot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

Le rapporteur,

G. Camenen

La présidente,

C. Signerin-Icre

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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