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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01020

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01020

vendredi 2 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01020
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantEL HAILOUCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020 A lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

A un jugement n° 2011701 du 11 mars 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

A une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 9 avril et 9 décembre 2021, M. B, représenté A Me El Hailouch, avocat, demande à la cour :

1° d'annuler ce jugement ;

2° d'annuler cet arrêté ;

3° d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros A jour de retard ;

4° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le jugement contesté fait une mauvaise appréciation de sa situation personnelle et familiale ;

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- il méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des Nations-Unies relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur la décision de refus de séjour qui est elle-même illégale ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () A ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. C B, ressortissant algérien né le 23 décembre 1982 à Oran, qui a déclaré être entré en France le 11 août 2005, a sollicité le 9 juillet 2020 son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. A arrêté du 15 octobre 2020, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 11 mars 2021 A lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. M. B soutient que les premiers juges auraient fait une mauvaise appréciation de sa situation personnelle et familiale. Toutefois, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement. Il est donc sans incidence sur sa régularité et doit être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne le refus de séjour :

4. M. B reprend en appel les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et de l'article 3-1 de la convention internationale des Nations-Unies relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990. Toutefois, si M. B soutient qu'il est entré en France en 2005, les pièces qu'il produit en première instance comme en appel, pour justifier de sa présence continue sur le territoire national notamment au titre des années 2010 à 2018, qui sont essentiellement constituées de quelques factures éparses et peu probantes, ne témoignent tout au mieux que d'une présence ponctuelle sur le territoire français durant cette période. A ailleurs, s'il déclare vivre en concubinage depuis 2018 avec une compatriote, titulaire d'un certificat de résidence, avec laquelle il a eu deux enfants nés récemment en 2018 et 2020 et qu'il est également père d'un autre enfant né en 2012 issu d'une précédente union rompue en 2018, la seule attestation établie A sa nouvelle compagne, non datée, et la mention d'une adresse commune sur les actes de naissance, ne permettent pas d'établir l'ancienneté et la réalité de la vie commune entre les concubins, alors que l'intéressé a déclaré être domicilié chez un tiers. De plus, le requérant n'établit pas suffisamment contribuer à l'entretien matériel de son premier enfant A les seuls mandats de versement à son ancienne compagne d'une cinquantaine d'euros pour les mois de mars, mai, et juin 2019 qu'il verse aux débats et les seules photographies qui le représentent avec cet enfant. La circonstance qu'il aurait entamé des démarches afin d'obtenir un droit de visite pour ce dernier ne permet pas davantage de tenir pour établi que M. B contribue à l'éducation de cet enfant. Enfin, l'intéressé qui déclare avoir travaillé en qualité de chauffeur, de livreur et d'agent d'exploitation logistique au cours des années 2019 et 2020 produit peu de documents afin de justifier d'une intégration réelle et ancienne dans la société française à la date de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise n'a ni porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis A l'arrêté attaqué, ni porté une atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. A suite, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. B n'établit pas que le refus de séjour serait entaché d'illégalité. A suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée A voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

6. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. B n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. A suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée A voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

7. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée qu'elle vise l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et mentionne que l'intéressé n'établit pas qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires en cas de retour dans son pays d'origine. A suite, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, A voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Versailles, le 2 septembre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

3

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