vendredi 2 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01042 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BULAJIC |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2020 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2011205 du 11 mars 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2021, Mme A B, représentée par Me Bulajic, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation de séjour l'autorisant à travailler ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 1500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- les premiers juges ont écarté à tort le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté contesté est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 2.2 de la circulaire du 28 novembre 2012.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A B, ressortissante marocaine née le 28 février 1983 à Tiznit, est entrée en France le 5 septembre 2016 sous couvert d'un visa long séjour et a été munie d'un titre de séjour en qualité d'étudiante, valable du 13 novembre 2017 au 12 novembre 2019. Le 7 novembre 2019, elle a sollicité un changement de statut en demandant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " dans le cadre des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain susvisé. Par un arrêté du 2 juillet 2020, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A B relève appel du jugement du 11 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Mme A B soutient que les premiers juges ont écarté à tort le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse. Toutefois, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement. Il est donc sans incidence sur sa régularité et doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
4. Mme A B reprend en appel, en des termes identiques et sans élément nouveau, le moyen de légalité externe soulevé en première instance et tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 3. du jugement entrepris.
5. Mme A B reprend en appel, à l'identique et sans élément nouveau ses moyens présentés en appel et tirés du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de la requérante et celui de l'erreur de droit. Toutefois, ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la fiche de salle produite par le préfet en première instance, que la requérante a uniquement sollicité son admission au séjour en qualité de " salarié " sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain susvisé et qu'ainsi, l'autorité administrative n'était pas tenue d'examiner d'office si l'intéressée pouvait prétendre à une admission exceptionnelle au séjour. En outre, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 24 février 2020, le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande d'autorisation de travail présentée le 29 octobre 2019 par la société " Blanc-Mesnil Distribution " au profit de Mme A B. Par suite, ces moyens doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 6. du jugement entrepris.
6. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à l'admission exceptionnelle au séjour et de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 susvisée est, en l'absence de demande de titre de séjour, inopérant.
7. Mme A B ne peut se prévaloir utilement de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne contient que de simples orientations générales et n'est pas opposable à l'administration en application des dispositions des articles L. 312-2 et L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration.
8. Mme A B reprend en appel, à l'identique et sans élément nouveau le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision litigieuse sur sa situation personnelle. L'intéressée se prévaut de la durée de son séjour en France depuis septembre 2016 et soutient qu'elle a fixé le centre de ses intérêts sur le territoire français où elle est parfaitement intégrée socialement et professionnellement puisqu'elle travaille régulièrement depuis quatre années. Toutefois, ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges, la seule circonstance que la requérante justifie d'activités professionnelles exercées à titre accessoire depuis septembre 2016 auprès d'une société qui a entrepris des démarches pour l'embaucher, alors qu'elle était titulaire de seuls titres de séjour en qualité d'étudiante ne suffit pas à démontrer une insertion professionnelle stable et ancienne sur le territoire français. En outre, Mme A B, âgée de trente-sept ans à la date de la décision en litige, qui est célibataire et sans enfant et qui ne fournit pas d'éléments précis sur les liens de toute nature qu'elle aurait noués en France, ne justifie pas de circonstances particulières faisant obstacle à ce qu'elle poursuive sa vie à l'étranger et, en particulier, dans son pays d'origine où elle n'établit pas être dépourvue de toute attache personnelle ou familiale. Par suite, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 7. du jugement entrepris.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 2 septembre 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026