vendredi 2 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01095 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL MOREAU-DIDIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 27 novembre 2019 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n°1916232 du 18 mars 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2021, M. B, représenté par Me Moreau-Didier, avocate, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 1500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- les premiers juges ont considéré, à tort, qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration de communiquer à l'étranger l'avis de l'OFII, et que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 16 de la déclaration du 26 août 1789 des droits de l'homme et du citoyen étaient inopérants ;
- ils ont considéré à tort que l'avis du collège des médecins de l'OFII était suffisamment motivé ;
- ils ont considéré à tort que l'avis du collège des médecins de l'OFII était dépourvu de caractère décisoire ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure, dès lors que l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ne lui a pas été communiqué au préalable, méconnaissant ainsi le principe du contradictoire, les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 16 de la déclaration du 26 août 1789 des droits de l'homme et du citoyen ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis de l'OFII est entaché d'un défaut de motivation ;
- le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- l'arrêté contesté est illégal, dès lors que l'avis de l'OFII est lui-même illégal ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation médicale et méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnées aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant malgache né le 11 novembre 1979 à Befelatanana, entré en France le 31 mars 2018, a sollicité le 3 juin 2019 son admission au séjour au titre des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 27 novembre 2019, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 18 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. M. B soutient que les premiers juges auraient considéré à tort qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration de communiquer à l'étranger l'avis de l'OFII, et que les moyens tirés de la méconnaissance du principe du contradictoire, des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen étaient inopérants, que l'avis du collège des médecins de l'OFII était suffisamment motivé et que l'avis de l'OFII était dépourvu de caractère décisoire. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.
Sur le bien-fondé du jugement :
4. En premier lieu, M. B soutient que la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice de procédure au regard du principe du contradictoire garanti par les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dès lors, d'une part, que l'avis du collège des médecins de l'OFII ne lui a été pas été notifié et, dès lors, d'autre part, qu'il n'a pas été mis en mesure de produire des éléments pour le contredire. Toutefois, comme le relèvent à juste titre les premiers juges, le requérant ne peut utilement se prévaloir ni des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ni de celles de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dès lors que le préfet et le collège des médecins de l'OFII ne peuvent être regardés comme constituant des juridictions. En outre, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que cet avis soit communiqué au demandeur avant l'intervention de la décision prise par le préfet pour lui permettre de le contester. Enfin, et de surcroît, il était loisible à l'intéressé de faire valoir des observations et de verser au préfet tous les éléments susceptibles de venir au soutien de sa demande de titre de séjour au cours de son instruction. Par suite, ces moyens doivent être écartés pour ces motifs et par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif au point 3. du jugement attaqué.
5. En deuxième lieu, M. B reprend en appel le moyen tiré du vice de procédure, dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII du 14 novembre 2019 au terme duquel l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, est entaché d'un défaut de motivation. Toutefois, ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges, cet avis comporte les mentions prévues par les dispositions de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que le secret médical interdisait aux médecins émettant l'avis, de révéler des informations sur la pathologie d'un patient ainsi que sur la nature de ses traitements médicaux. Par suite, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 5. du jugement entrepris.
6. En troisième lieu, si le requérant soutient que le préfet du Val-d'Oise se serait cru en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'OFII du 14 novembre 2019, il ne ressort ni des termes de la décision litigieuse ni d'aucune des pièces du dossier qu'il n'aurait pas examiné de manière réelle et sérieuse la demande du requérant alors même qu'il s'est approprié les termes et le sens de cet avis. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il résulte des points 4. et 5. de la présente ordonnance que le moyen tiré de l'illégalité de la décision contestée par voie d'exception d'illégalité de l'avis du collège des médecins de l'OFII, qui ne lui aurait pas été notifié et n'aurait donc pas donné lieu à un débat contradictoire et qui serait insuffisamment motivé, doit, en tout état de cause, être écarté.
8. En cinquième lieu, M. B reprend en appel à l'identique et sans élément nouveau les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté contesté sur sa situation médicale et de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, l'intéressé ne produit aucune pièce de nature à remettre en cause l'appréciation motivée portée par les premiers juges qui ont relevé que les trois certificats établis par des médecins généralistes, le premier, daté du 27 juillet 2018, faisant état de ce qu'il " souffre de polyarthralgies chroniques avec polymyalgies de type rhumatismales inflammatoires chroniques avec caractère majoré pour le rachis ", les deux autres, datés du 4 septembre 2019, faisant état de ce qu'il " présente un antécédent de maladie drépanocytaire qui se manifeste souvent par des douleurs dorsolombaires nécessitant une prise en charge et suivie régulière spécialisée ", versés à l'appui de ses allégations, sont insuffisamment précis et circonstanciés pour remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dès lors, M. B ne peut utilement faire valoir qu'il ne peut pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, ce qu'il n'établit pas au demeurant, le préfet du Val-d'Oise n'étant pas tenu d'apporter d'éléments pour démontrer la disponibilité du traitement à Madagascar. Par suite, ces moyens doivent être écartés pour ces motifs et pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 9. du jugement entrepris.
9. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels l'intéressé ne présente aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 12. du jugement entrepris.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 2 septembre 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026