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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01097

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01097

vendredi 2 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01097
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBOAMAH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2020 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2100034 du 16 mars 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 19 avril 2021, M. A, représenté par Me Boamah, avocate, demande à la cour :

1° d'annuler ce jugement ;

2° d'annuler cet arrêté ;

3° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4° de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, lequel s'engage à renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- les premiers juges n'ont pas annulé l'arrêté contesté alors que le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour ;

- ils ont considéré à tort que sa situation personnelle ne présentait pas de considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, que le préfet n'avait pas à saisir la commission du titre de séjour, qu'il présentait des risques de fuites et que l'autorité administrative s'était prononcée sur les quatre critères des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- il est entaché d'insuffisance de motivation ;

- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- il est entaché d'erreur de fait dès lors que le préfet n'a pas tenu compte de sa nouvelle demande d'autorisation de travail formulée en 2020 ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 743-1 et R. 733-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les lignes directrices de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- il est entaché d'erreur de droit, dès lors que le préfet a méconnu l'étendue de ses compétences ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur la décision de refus de séjour qui est elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 743-1 et R. 733-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ :

- elle méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 511-1-I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans :

- elle est entachée d'insuffisance de motivation, dès lors que le préfet n'a pas pris en compte les quatre critères prévus par les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant ivoirien né le 17 février 1977 à Anyama, qui a déclaré être entré en France en juin 2010, a sollicité le 21 février 2020 son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 23 décembre 2020, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A relève appel du jugement du 16 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. M. A soutient que les premiers juges ont considéré que sa situation personnelle ne présentait pas de considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, que le préfet n'avait pas à saisir la commission du titre de séjour, qu'il présentait des risques de fuites et que l'autorité administrative s'était prononcée sur les quatre critères des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne le refus de séjour :

4. En premier lieu, l'arrêté contesté vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la durée de séjour, à la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant qui ont conduit le préfet à rejeter sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Dès lors, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement. Il y a donc bien lieu d'écarter le moyen tiré de l'insuffisance de motivation.

5. En deuxième lieu, il ressort de la motivation circonstanciée de l'arrêté contesté, que le préfet a procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 () peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. () ". M. A soutient avoir résidé de façon continue et habituelle sur le territoire français depuis 2010. Toutefois, compte-tenu à la fois de leur nombre, les mois qu'ils couvrent dans l'année et de leur nature, les pièces produites par M. A pour les années 2010 à 2014 ne permettent pas de regarder comme établie la résidence habituelle en France de l'intéressé depuis plus de dix ans. Par suite, le vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.

7. M. A se prévaut de son emploi en qualité de technicien calorifuge auprès de BD F.I.C SARL qu'il occupe depuis avril 2017 dans le cadre de contrats à durée déterminée puis, depuis le 1er janvier 2018, dans le cadre le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Toutefois, si l'intéressé justifie ainsi d'une activité professionnelle depuis avril 2017 et de démarches entreprises par son employeur pour l'embaucher, ces circonstances ne permettent pas d'attester d'une insertion professionnelle suffisamment ancienne et stable sur le territoire national. Par ailleurs, si M. A soutient vivre en concubinage avec une ressortissante ivoirienne en situation régulière avec laquelle il a eu un enfant né le 25 novembre 2020, pour laquelle une demande de protection a été déposée en décembre 2020 auprès de l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides, il n'établit toutefois ni l'intensité des relations familiales qu'il entretient avec sa fille ni sa participation à l'entretien et à l'éducation de cette dernière. En outre, il ne justifie pas davantage de la réalité et de l'ancienneté de la communauté de vie entretenue avec sa compagne, alors qu'il a déclaré être célibataire lors du dépôt de sa demande de délivrance d'un titre de séjour et ne produit aucun élément probant de nature à établir une présence continue en France depuis 2010. En outre, il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire national nonobstant trois précédentes mesures d'éloignement prises les 11 février 2014, 10 juin 2016, et 16 janvier 2019. Enfin, l'intéressé n'est pas démuni d'attaches familiales dans son pays d'origine, dans lequel réside notamment son frère. Par suite, le préfet n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation dans l'application qu'il a faite des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation commises par le préfet en appliquant des dispositions de cet article et en supposant même que le préfet ait commis une erreur de fait, en l'absence de prise en compte d'une nouvelle demande d'autorisation de travail formulée par son employeur en 2020, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention de New York : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. () " Il résulte de ce qui a été exposé au point précédent de la présente ordonnance, que la décision litigieuse n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En outre, par cette décision, le préfet n'a pas porté une atteinte à l'intérêt primordial de son enfant à l'égard duquel il ne démontre pas sa participation à son entretien et à son éducation.

9. M. A soutient que la décision en litige violerait les dispositions des articles L. 743-1 et R. 733-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il bénéficierait indirectement du droit de se maintenir en France, en raison de la demande d'asile qu'il a déposée au bénéfice de sa fille. Toutefois, il ressort, en tout état de cause des pièces du dossier que cette demande a été présentée postérieurement à la date de l'arrêté en litige et qu'elle a été, au demeurant, enregistrée le 6 janvier 2021. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la mère de cet enfant est titulaire d'un titre de séjour valable du 23 février 2016 au 22 février 2026, dès lors, elle peut accompagner sa fille jusqu'à la fin de la procédure. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. En dernier lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de la " circulaire Valls " du 28 novembre 2012 qui énonce des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu adresser aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation. Ce moyen doit, dès lors, être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. A n'établit pas que le refus de séjour serait entaché d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.

12. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés ci-avant, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation des articles L. 743-1 et R. 733-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ :

13. En premier lieu, ainsi qu'il a été exposé au point 5. de la présente ordonnance, le préfet a procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé. Ce moyen doit ainsi être écarté.

14. En second lieu, aux termes des dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. (). Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : () 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () d) Si l'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".

15. Ainsi qu'il a été rappelé au point 7. de la présente ordonnance, le requérant s'est maintenu sur le territoire français en dépit de trois arrêtés lui refusant le séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Dès lors, M. A entrait dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 511-1-II-3 (d) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire litigieux reposerait sur une erreur manifeste dans l'appréciation du risque que M. A se soustraie à son obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé et ne peut, par suite, qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. Il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans :

17. En premier lieu, aux termes du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " III. ' L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. ()/ La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

18. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

19. Conformément à ces dispositions, le préfet, qui n'a pas retenu l'existence de circonstances humanitaires, a assorti l'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ, d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Il a visé le huitième alinéa du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a expressément fait référence à la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ, indiquant ainsi clairement dans quel cas d'édiction s'inscrivait cette interdiction de retour sur le territoire français. En outre, il ressort des termes de cette décision que le préfet a également pris en compte la durée du séjour de M. A, sa situation personnelle et familiale, ainsi que la circonstance qu'il se soit soustrait à trois précédentes mesures d'éloignement. Dans ces conditions, le préfet, pour en fixer la durée à deux ans, n'avait pas nécessairement à faire figurer des éléments de motivation relatifs aux autres critères qui ne s'appliquaient pas à la situation particulière du requérant. Par suite, le moyen doit être écarté.

20. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 7. de la présente ordonnance, le préfet de l'Essonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation et n'a pas méconnu les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en décidant d'une durée de deux ans pour l'interdiction de retour sur le territoire français. Ces moyens doivent donc être écartés.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 2 septembre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

3

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