jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01202 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DEFRADAS |
Vu les procédures suivantes :
Procédure contentieuse antérieure :
Le syndicat de valorisation et de promotion de la pisciculture Poitou-Charentes Vendée (SYPOVE) a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler la décision implicite du 9 janvier 2019 par laquelle le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé d'abroger l'arrêté du 18 novembre 2015 approuvant le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne, et à ce qu'il lui soit enjoint d'abroger ce SDAGE, ou, subsidiairement son article 1er, dans un délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, et de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1900789 du 23 février 2021, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 avril 2021 et le 23 juin 2021, le SYPOVE, représenté par Me Defradas, avocat, demande à la Cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet de la région Centre-Val de Loire d'abroger le SDAGE, ou subsidiairement, son article 1er, dans un délai d'un mois suivant l'arrêt à intervenir ;
4° de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du CJA.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier, la minute n'étant pas signée par le rapporteur ;
- l'article 1E du SDAGE a été adopté par une autorité incompétente dès lors qu'il contient des dispositions impératives opposables aux tiers et fixe des règles et critères opposables à la création, au renouvellement ou à la suppression d'ouvrages tels que des plans d'eau, alors qu'un SDAGE doit se borner à contenir des objectifs, des orientations, des aménagements, et les " dispositions nécessaires " pour atteindre les objectifs de qualité et de quantité des eaux mentionnées aux IV à VII de l'article L. 212-1 du Code de l'environnement ;
- le préfet coordonnateur de bassin était incompétent pour adopter des règles et prescriptions relatives aux plans d'eau, cette compétence relevant de la compétence du ministre chargé de l'environnement ;
- le préfet coordonnateur de bassin n'est pas habilité à prévoir dans un SDAGE des règles relatives à la police de l'eau ;
- il renvoie illégalement à une décision du préfet l'établissement d'une cartographie des secteurs où la densité des plans d'eau est déjà importante, nécessaire à l'application de l'article 1E-2 du SDAGE ;
- il méconnaît, pour les mêmes motifs, le champ d'application de l'article L. 212-1 du code de l'environnement dans sa version alors applicable ;
- l'article 1E du SDAGE porte atteinte au principe d'égalité devant la loi ;
- il interdit la création de plans d'eau réservés à la pêche en eau douce dans les zones de répartition des eaux en méconnaissance des articles L. 211-1, L. 211-2, L. 212-1 et R. 211-71 du code de l'environnement.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2022, la ministre de la transition écologique conclut, à titre principal, à ce qu'il soit constaté qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête présentée par le SYPOVE, et à titre subsidiaire, au rejet de sa requête.
Elle soutient que :
- l'adoption du SDAGE 2022-2027 par arrêté du 18 mars 2022 a eu pour effet de faire disparaître de l'ordonnancement juridique le SDAGE précédent ;
- le nouveau SDAGE prévoit explicitement que les piscicultures d'eau douce sont exclues du champ d'application des dispositions 1E-1 à 1E-3 du SDAGE, au contraire du SDAGE portant sur la période 2016-2022, ce qui prive d'objet la requête du SYPOVE ;
- les moyens invoqués par le SYPOVE ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent () par ordonnance : () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. Par un arrêté du 18 novembre 2015, le préfet de la région Centre-Val de Loire a approuvé le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne. Le syndicat de valorisation et de promotion de la pisciculture Poitou-Charentes Vendée (SYPOVE) a demandé à ce dernier d'abroger cet arrêté. Cette demande a été rejetée par une décision implicite intervenue le 9 janvier 2019. Par un jugement n° 1900789 du 23 février 2021, dont le SYPOVE relève appel, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté la demande présentée par le SYPOVE tendant à l'annulation de cette décision.
3. L'autorité compétente, saisie d'une demande tendant à l'abrogation d'un règlement illégal, est tenue d'y déférer, soit que ce règlement ait été illégal dès la date de sa signature, soit que l'illégalité résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures à cette date ; que lorsque, postérieurement à l'introduction d'une requête dirigée contre un refus d'abroger des dispositions à caractère réglementaire, l'autorité qui a pris le règlement litigieux procède à son abrogation expresse ou implicite, le litige né de ce refus d'abroger perd son objet. Il en va toutefois différemment lorsque cette même autorité reprend, dans un nouveau règlement, les dispositions qu'elle abroge, sans les modifier ou en ne leur apportant que des modifications de pure forme.
4. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 18 mars 2022, publié au journal officiel de la République française le 3 avril 2022, le préfet de la région Centre-Val de Loire, coordonnateur du bassin Loire-Bretagne a abrogé l'arrêté du 18 novembre 2015 portant approbation du SDAGE Loire-Bretagne, et approuvé le SDAGE Loire-Bretagne afférent à la période 2022-2027. Cet arrêté ne se borne pas à reprendre les dispositions abrogées, ou à leur apporter des modifications de pure forme, et comporte notamment un article 1E excluant du champ d'application des dispositions 1E-1 à 3 du même document les " piscicultures d'eau douce soumises à autorisation au titre du livre V du code de l'environnement ", au contraire du SDAGE approuvé par l'arrêté du 18 novembre 2015 qui faisait application de ces articles à ces exploitations. La circonstance que l'acte aurait été exécuté pendant sa période de " vigueur " ou qu'il conserverait des effets " indirects ou induits ", n'est pas de nature à écarter le constat d'un non-lieu. Dans ces conditions, les conclusions du SYPOVE tendant à l'annulation de la décision du 9 janvier 2019 par laquelle le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé de faire droit à sa demande d'abrogation de l'arrêté du 18 novembre 2015 approuvant le SDAGE du bassin Loire-Bretagne sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du SYPOVE présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 janvier 2019 par laquelle le préfet de la région Centre-Val de Loire a refusé de faire droit à la demande d'abrogation de son arrêté du 18 novembre 2015.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête du SYPOVE est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat de valorisation et promotion de la pisciculture Poitou-Charentes Vendée, au préfet de la région Centre-Val de Loire et à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Fait à Versailles, 7 juillet 2022.
Le premier vice-président de la cour,
B. EVENLa République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026