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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01325

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01325

jeudi 13 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01325
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantMAGBONDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2020 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office.

Par un jugement n° 2008527 du 12 avril 2021, le tribunal administratif de Versailles, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire, a rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2021, M. A, représenté par Me Magbondo, avocat, demande à la cour :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler ce jugement ;

3°) d'annuler cet arrêté ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- les premiers juges ont dénaturé les pièces du dossier ;

- ils ont écarté à tort le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté contesté ;

- ils ont écarté à tort les moyens tirés de ce que le préfet a inexactement appliqué les dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne relevait pas de ces dispositions, faute d'avoir pris en compte, notamment, l'état d'urgence sanitaire qui empêchait toutes démarches administratives ;

- ils ont commis une erreur de fait en estimant que malgré son inscription en 2021 au sein d'un institut de formation professionnelle, il ne se prévalait ni d'une opportunité professionnelle, ni d'un diplôme précis ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- le préfet a entaché le refus de titre de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne relevait pas de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a fait une application inexacte ;

- ce refus porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant guinéen né le 1er novembre 2000 à Conakry, qui a déclaré être entrée en France le 18 octobre 2017, a sollicité, le 7 septembre 2020 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er décembre 2020, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A fait appel du jugement du 12 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Selon l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, (). L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

4. M. A, déjà représenté par un avocat, ne justifie pas du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Versailles, et n'a pas joint à son appel une telle demande. Dans ces conditions, le requérant ne peut être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Ses conclusions en ce sens doivent être rejetées.

Sur la régularité du jugement :

5. M. A soutient que les premiers juges auraient dénaturé les pièces du dossier, entaché leur jugement d'erreurs de fait, de droit d'appréciation. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué :

6. L'arrêté comporte les éléments de droit et de fait qui le fondent. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M. A, il est suffisamment motivé.

En ce qui concerne la décision refusant de l'admettre au séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L 313-15 du code de l'entrée et

du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " A titre exceptionnel et sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire prévue aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 portant la mention "salarié" ou la mention "travailleur temporaire" peut

être délivrée, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, à l'étranger qui a été confié

à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre

depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification

professionnelle, sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation,

de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de

la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le respect de

la condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigé ".

8. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour sur leur fondement, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels le requérant ne fait état d'aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés au point 7 du jugement attaqué, en ajoutant que, le 7 septembre 2020, date à laquelle M. A a introduit sa demande de titre de séjour, il n'était plus dans l'année qui suivait son dix-huitième anniversaire, mais, comme l'a considéré à juste titre le tribunal, il avait déjà dix-neuf ans révolus, ce qui faisait obstacle à l'application des dispositions précitées.

9. En second lieu, le moyen tiré de la violation du droit au respect de la vie privée et familiale et le moyen, à le supposer soulevé, tiré de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. A ne produit pas d'élément qui soit de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal aux points 8 et 9 du jugement entrepris.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 13 octobre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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