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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01499

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01499

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01499
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSAIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2008231 du 12 avril 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande de M. B.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021, M. B, représenté par Me Saidi, avocat, demande à la cour :

1° d'annuler ce jugement ;

2° d'annuler cet arrêté ;

3° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4° de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le jugement est insuffisamment motivé ;

- il omet de répondre au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les premiers juges ont commis une erreur de droit en estimant que le préfet avait pu, sans erreur de droit, s'abstenir de se prononcer sur sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-7, au titre duquel elle était pourtant formulée ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- l'arrêté contesté est entaché d'insuffisance de motivation ;

- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'erreur de fait puisqu'il justifie de son inscription à l'université pour l'année en cours par la production d'un certificat de scolarité ;

- le préfet a commis une erreur de droit en ne se prononçant pas sur sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-7, au titre duquel elle était pourtant formulée ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A B, ressortissant malgache né le 27 août 2002 à Antananarivo, qui est entré en France le 14 juillet 2019 sous couvert d'un visa de court séjour, a sollicité le 23 septembre 2020 son admission au séjour au titre des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 12 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, le tribunal a pris en considération l'ensemble des éléments soumis à son appréciation et a répondu par un jugement qui est suffisamment motivé à l'ensemble des moyens soulevés dans la demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement serait insuffisamment motivé doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés. ". Si M. B soutient que le tribunal a omis de répondre au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile soulevé à l'encontre de la décision de refus de séjour, les termes du jugement attaqué révèlent toutefois qu'il y a été répondu au point 3. Le moyen tiré de cette prétendue omission doit ainsi être écarté.

5. En dernier lieu, le tribunal a estimé que le préfet s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prendre l'arrêté contesté et qu'il a opposé, à juste titre, le défaut de visa de long séjour à l'intéressé pour considérer que ce dernier ne remplissait pas les conditions légales pour bénéficier du titre sollicité. Le tribunal n'a donc pas considéré que le préfet a pu, sans erreur de droit, s'abstenir de se prononcer sur sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal lui-même n'a donc pas, en tout état de cause, commis l'erreur de droit invoquée par le requérant.

Sur le bien-fondé du jugement :

6. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige que celui-ci vise les textes dont il est fait application et mentionne les éléments de fait tirés de la situation personnelle de M. B sur lesquels il repose, de sorte qu'il comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, il est suffisamment motivé.

7. En deuxième lieu, il ne ressort des termes de l'arrêté contesté ni des pièces du dossier que le préfet, qui s'est prononcé tant au regard des conditions du séjour en France de M. B que de sa situation personnelle et familiale, n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé.

8. En troisième lieu, comme exposé au point 5 de la présente ordonnance, le préfet s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prendre l'arrêté contesté et a opposé le défaut de visa de long séjour à l'intéressé pour considérer que ce dernier ne remplissait pas les conditions légales pour bénéficier du titre sollicité. Le préfet ne s'est donc pas abstenu de se prononcer sur le fondement de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré de cette erreur de droit doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté attaqué : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France () " ; qu'aux termes de l'article L. 313-2 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues par les dispositions législatives du présent code, la première délivrance de la carte de séjour temporaire () sont subordonnées à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 311-1 () ".

10. Il résulte des dispositions citées au point 9 qu'en principe, pour obtenir la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", l'étranger doit justifier être entré en France avec un visa de long séjour. Ce n'est qu'en cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger poursuit des études supérieures après une scolarité interrompue depuis l'âge de seize ans qu'il est dispensé de produire un tel visa, à la condition alors de pouvoir justifier être entré régulièrement sur le territoire français.

11. Le requérant, dont il est constant qu'il est entré en France uniquement muni d'un visa de court séjour, poursuivait certes des études supérieures à la date de l'arrêté litigieux. Toutefois, il résulte des indications contenues dans la requête elle-même qu'entré en France au mois de juillet 2019, il n'y a été scolarisé qu'en classe de terminale au mois de septembre suivant, alors qu'il était déjà âgé de dix-sept ans. Le requérant ne justifie donc pas d'une scolarité ininterrompue en France depuis l'âge de seize ans. Il n'allègue par ailleurs d'aucune nécessité liée au déroulement de sa scolarité. Il suit de là que le requérant ne remplit pas les conditions pour qu'il soit dérogé à l'obligation de présenter un visa de long séjour pour obtenir la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Par suite, c'est par une exacte application des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet lui a opposé le défaut d'un tel visa et a rejeté sa demande de titre de séjour.

12. En dernier lieu, M. B soutient que son droit au respect de sa vie privée et familiale aurait été méconnu et que le préfet aurait entaché l'arrêté en litige d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Il fait valoir qu'il étudie en France où résident sa tante et sa sœur et qu'il est bien intégré au sein de la société française, notamment de par un engagement associatif. Toutefois le requérant n'est entré en France, selon ses propres dires, qu'à l'été 2019 et ne poursuivait des études supérieures que depuis quelques semaines à la date de l'arrêté contesté. Agé de 18 ans seulement à cette même date, il conserve de fortes attaches personnelles et familiales, notamment sa mère, dans son pays d'origine. Il suit de là que l'atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale et l'erreur manifeste d'appréciation dont allègue M. B ne sont pas caractérisées. Dès lors, les moyens invoqués doivent être écartés.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 15 septembre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

200

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