lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01643 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'établissement public Voies Navigables de France (VNF) a demandé au tribunal administratif de Versailles de condamner M. B A à payer une amende de 150 euros sur le fondement de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques, de lui enjoindre de libérer le domaine public fluvial, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de le condamner au paiement de la somme de 250 euros correspondant aux frais d'établissement du procès-verbal et de sa notification par lettre recommandée avec accusé de réception au titre des dépens relevant de l'article R.671-1 du code de justice administrative, ainsi que de la notification du jugement par huissier de justice à la charge de l'établissement public Voies Navigables de France au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, tels que prévus par l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1908212 du13 avril 2021, le tribunal administratif de Versailles a condamné M. A au paiement d'une amende de 150 euros, lui a enjoint d'enlever son bateau " Eole " du domaine public fluvial, au niveau de l'emplacement situé sur le fleuve de Seine, rive droite, au point kilométrique 68,100, sur le territoire de la commune de Conflans-Sainte-Honorine dans le département des Yvelines, dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et l'a condamné au paiement de la somme de 10,20 euros au titre des frais d'établissement de procès-verbal.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2021, M. A, représenté par Me de la Ferté-Sénectère, avocat, demande à la cour d'ordonner le sursis à exécution de ce jugement.
Il soutient que :
- l'exécution du jugement aurait des conséquences difficilement réparables dès lors qu'en cas d'expulsion de son bateau, M. A se retrouverait sans domicile fixe ;
- les moyens tirés de ce que le jugement est irrégulier en ce qu'il n'a pas pu présenter ses observations lors de l'audience, qu'aucune mise en demeure ne lui a été envoyée et que la procédure a méconnu les dispositions de l'article L.774-2 du code de justice administrative sont sérieux.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2021, l'établissement public Voies Navigables de France, représenté par son directeur général et par Me Vray, avocat, conclut au rejet de cette requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'exécution du jugement contesté n'entrainerait pas de conséquences difficilement réparables ;
- les moyens développés par le requérant ne présentent pas un caractère sérieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent, () par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. M. A, propriétaire de la péniche " Eole ", stationnée sans autorisation sur le domaine public fluvial à Conflans-Sainte-Honorine, demande le sursis à exécution du jugement du 13 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles l'a condamné à payer une amende de 150 euros, lui a enjoint de libérer le domaine public fluvial, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour, et l'a condamné au paiement de la somme de 10,20 euros au titre des frais d'établissement du procès-verbal.
3. Aux termes de l'article R. 811-17 du code de justice administrative : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ".
4. Il n'est pas établi que l'enlèvement du bateau ordonné par le tribunal administratif aurait pour objet et pour effet d'expulser M. A de son domicile et aurait pour conséquence de le rendre sans domicile fixe comme il le soutient. Dans ces conditions, l'exécution du jugement du 13 avril 2021 du tribunal administratif de Versailles n'est pas susceptible d'entraîner des conséquences difficilement réparables pour le requérant. L'une des conditions posées à l'article R. 811-17 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions à fin de sursis à exécution de ce jugement ne peuvent qu'être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de M. A en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public Voies Navigables de France en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'établissement public Voies Navigables de France.
Fait à Versailles, le 14 novembre 2022.
Le premier vice-président de la cour,
président de la 2ème chambre
B. EVEN
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026