mardi 10 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01675 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MAGBONDO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à occuper un emploi, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Par un jugement n° 2101099 du 7 mai 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2021, M. B, représenté par Me Magbondo, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à occuper un emploi
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Magbondo de la somme de 1 500 euros au titre de la première instance et de la somme de 1 800 euros au titre de l'appel, en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le tribunal administratif aurait dû faire usage de ses pouvoirs d'instruction et exiger du préfet la production de l'annexe 1 de son dossier de demande de titre de séjour ; faute de l'avoir fait, il a inversé la charge de la preuve et commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de droit ;
- pour refuser son admission exceptionnelle au séjour, le préfet de l'Essonne a ajouté une condition supplémentaire à celle de la durée de séjour de plus de dix ans, tirée de l'existence d'une activité professionnelle antérieure et d'une promesse d'embauche ;
- le préfet s'est fondé sur ce que l'exposant ne séjournait pas habituellement en France depuis plus de dix ans alors qu'il ne lui avait pas opposé l'incomplétude de son dossier lors du dépôt de sa demande de titre de séjour ; le préfet s'est abstenu de mentionner les justificatifs de présence pour les années 2018 à 2020 qu'il avait pourtant produits à l'appui de son dossier contrairement à ce qu'a estimé le tribunal ;
- le préfet ne pouvait lui reprocher l'absence d'activité professionnelle dès lors qu'il ne pouvait légalement occuper un emploi ; en outre, c'est à tort qu'il a relevé l'absence de promesse d'embauche alors qu'à la suite de la délivrance de son récépissé de demande de titre de séjour, il a travaillé sous contrat à durée déterminée ;
- en application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet était tenu de consulter la commission du titre de séjour dès lors qu'il a justifié d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans ; contrairement à ce que l'autorité préfectorale a estimé, les documents produits établissent sa résidence habituelle en France au cours des années 2009 à 2011.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant malien né le 1er janvier 1982 et entré en France en avril 2009 selon ses déclarations, a demandé, le 28 décembre 2020, la délivrance d'une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par un arrêté du 28 janvier 2021, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. M. B fait appel du jugement du 7 mai 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. ".
4. En premier lieu, le tribunal administratif n'était pas tenu, contrairement à ce que soutient le requérant, de solliciter du préfet la production de pièces produites par l'intéressé à l'appui de sa demande de titre de séjour. Le moyen tiré de ce que le tribunal aurait, pour ce motif, méconnu son office doit, par suite, être écarté. Par ailleurs, les moyens tirés de ce que le tribunal aurait inversé la charge de la preuve et commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation sont relatifs au bien-fondé du jugement attaqué et sont sans incidence sur sa régularité. Ils doivent, par suite, être écartés.
5. En deuxième lieu, M. B soutient que le préfet de l'Essonne était tenu de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 sa demande d'admission exceptionnelle au séjour dès lors qu'il avait justifié résider en France habituellement depuis plus de dix ans. Toutefois, ainsi que l'a estimé à juste titre le tribunal administratif, les pièces qu'il produit, en particulier au titre des années 2013, 2014 et 2015, constituées seulement de trois avis d'imposition à l'impôt sur le revenu qui ne font apparaître aucun revenu, de huit bordereaux de transferts de fonds, de trois factures, dont deux sont manuscrites et dépourvues de toute valeur probante, et de deux pièces médicales, ne permettent pas d'établir que M. B résidait habituellement en France au cours desdites années et, par suite, depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué du 28 janvier 2021. Par ailleurs, le préfet n'était nullement tenu d'inviter le requérant à produire des justificatifs supplémentaires et, dès lors qu'il a estimé que les pièces produites au titre des années 2011 à 2017 ne justifiaient pas la résidence habituelle du requérant en France, il n'était pas davantage tenu de se prononcer sur la valeur des justifications produites par M. B au titre des années 2018 à 2020.
6. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'a commis aucune erreur de droit en examinant sa situation professionnelle pour apprécier si son admission au séjour répondait à des considérations humanitaires ou se justifiait au regard de motifs exceptionnels. Le moyen tiré de ce que cette autorité aurait ajouté une condition non prévue par les textes doit ainsi être écarté.
7. Enfin, si M. B se prévaut de sa durée de séjour en France et du fait qu'il serait titulaire d'un contrat à durée déterminée depuis la délivrance de son récépissé de demande de titre de séjour, ces circonstances ne suffisent nullement à caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de l'Essonne n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en rejetant sa demande de titre de séjour.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative y compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que, en tout état de cause, celles présentées au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 10 janvier 2023.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026