mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01683 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | VERNON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'ordonner la remise des pénalités de recouvrement mises à sa charge par l'avis à tiers détenteur du 21 décembre 2015, de juger que la somme restant due par elle au Trésor public s'élève à 1 538,88 euros à la date de la requête introductive d'instance et qu'elle s'acquittera de cette somme sous forme de paiements mensuels de 50 euros, et de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros pour l'indemniser du préjudice subi à raison de la saisie attribution sur ses comptes bancaires du 30 avril 2019.
Par un jugement n° 1900504 du 9 avril 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 13 juin 2021, le 23 septembre 2021 et le 7 février 2022, Mme A, représentée par Me Vernon, avocat, demande à la cour :
1°) d'appeler à l'instance la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) et de lui demander de communiquer une copie de l'avis à tiers détenteur du 30 avril 2019, une copie de la mainlevée partielle de cet avis à tiers détenteur, les preuves comptables du reversement au Trésor public de l'intégralité des sommes retenues par elle depuis le 10 mars 2016 et un relevé actualisé des retenues effectuées par elle depuis le mois de janvier 2021 ;
2°) d'annuler le jugement attaqué ;
3°) de fixer le montant de sa dette fiscale à 3 657,98 euros au 1er mars 2021 et à 2 768,46 euros au 1er octobre 2021 ;
4°) de réduire sa dette fiscale d'un montant de 1 536,28 euros au titre de la prise en compte des acomptes, dégrèvements et remises qui n'ont pas été comptabilisés par l'administration fiscale et d'un montant de 245,63 euros au 12 août 2019, somme à parfaire au jour de l'arrêt à intervenir, correspondant au montant des sommes prélevées par la CNAV non reversées au Trésor public ;
6°) de lui accorder une remise du solde des majorations soit 947 euros ;
7°) de lui accorder une remise du solde de dette fiscale soit 799,95 euros au 1er mars 2021 ;
8°) à titre subsidiaire, de faire droit à ses demandes de première instance ;
9°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.
Elle soutient que :
-sa requête n'est pas irrecevable, dès lors qu'elle ne concerne pas exclusivement des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public, mais qu'elle présente un caractère mixte et qu'il est de bonne administration de la justice de trancher le litige de manière globale ; à supposer même qu'elles soient irrecevables en ce qu'elles concernent ces impositions, ses conclusions devront être transmises au Conseil d'Etat ;
-son recours n'est pas tardif, dès lors qu'il n'est pas dirigé contre l'avis à tiers détenteur du 21 décembre 2015 ; le délai de recours court à compter de ses demandes ayant pour objet de contester les différentes erreurs commises par l'administration fiscale dans le calcul des montants effectivement remboursés, à savoir sa lettre du 24 avril 2018 puis celle de son conseil du 12 juillet 2018, à laquelle il n'a été répondu que le 28 février 2019 ;
-ses conclusions sont recevables dans la mesure où elles sont relatives au calcul du montant de la somme restant à recouvrer, compte tenu des paiements qu'elle a déjà effectués ;
-ses conclusions à fin de remise sont recevables en ce qu'elles contestent le refus de remise gracieuse qui lui a été opposé par l'administration fiscale ;
-les premiers juges auraient dû fixer le montant de sa dette fiscale au jour du prononcé du jugement, et non au 27 février 2019 ; au 1er octobre 2021, sa dette fiscale s'élève à 2 786,46 euros compte tenu des paiements et des saisies effectués ;
-l'intégralité des versements, des dégrèvements et des remises gracieuses n'a pas été prise en compte pour le calcul de sa dette fiscale ; ce calcul a notamment omis les dégrèvements relatifs à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2011, ainsi que le montre la comparaison entre la notification de l'avis à tiers détenteur du 21 décembre 2015 et le bordereau de situation fiscale du 5 juillet 2016 ;
-l'ensemble des sommes prélevées par la Caisse nationale d'assurance vieillesse n'a pas été pris en compte ; il existe un différentiel de 245,63 euros entre le décompte de la direction départementale des finances publiques et le relevé des retenues opérées par la Caisse nationale d'assurance vieillesse ; les premiers juges ne pouvaient lui demander d'apporter la preuve de ce que la retenue opérée en juin 2016 par la Caisse nationale d'assurance vieillesse aurait bien été reversée au Trésor public ;
-compte tenu de son impécuniosité, de son état de santé, des paiements et des prélèvements déjà effectués, elle peut légitimement prétendre à une remise du solde des majorations, soit 947 euros, ainsi qu'à une remise du solde de dette fiscale, soit 799,95 euros, au 1er mars 2021 ;
-des droits de plaidoirie doivent lui être versés en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 octobre 2021 et le 22 février 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-la requête de Mme A, en tant qu'elle concerne des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public, est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître et donc irrecevable dans cette mesure ;
-son recours est tardif car, à supposer même qu'elle ne se serait pas vu notifier l'avis à tiers détenteur du 21 décembre 2015, le principe de sécurité juridique empêche que cet acte puisse être contesté après janvier 2017 ;
-les conclusions de Mme A tendant à ce que soit fixé le montant de sa dette fiscale sont irrecevables, dès lors que le contentieux du recouvrement ne peut être dirigé que contre un acte de poursuite ; en outre, saisi d'un moyen ayant trait au bien-fondé d'un acte de poursuite, le juge de l'impôt ne peut, se substituant à l'administration, calculer le montant de la dette du requérant à une date postérieure audit acte ;
-les conclusions de Mme A à fin de remise sont irrecevables, dès lors que le juge administratif ne peut prononcer la remise gracieuse d'un impôt ;
-en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la demande en tant qu'elle tend à ce que la cour fixe le montant de la dette fiscale de Mme A, ordonne l'arrêt des saisies opérées depuis 2016 sur sa pension de retraite et dise que Mme A s'acquittera des sommes dues sous forme de mensualités de 60 euros par mois, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de fixer le montant des impositions restant à la charge d'un redevable en dehors de toute contestation se rapportant à un acte de poursuites, d'ordonner des mains-levées, ni de prescrire les modalités de remboursement des dettes fiscales.
Par ordonnance du 25 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Pham,
-et les conclusions de Mme Bobko, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A n'a pas payé les cotisations d'impôt sur le revenu, de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public dont elle était redevable au titre des années 2011 et suivantes. En vue du recouvrement de ces impositions, l'administration fiscale lui a notifié un avis à tiers détenteur en date du 21 décembre 2015 portant sur un montant total majoré restant dû de 13 048 euros. Par courrier du 24 avril 2018, Mme A a sollicité, auprès du directeur départemental des finances publiques, " l'établissement de la somme réelle restant due aux impôts, la modération du montant actuellement saisi sur sa retraite, le maintien constant de ce montant modéré ou diminué et la remise gracieuse des seules pénalités de retard de paiement ". Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet du 31 mai 2018. Par lettre du 12 juillet 2018, Mme A a saisi à nouveau l'administration d'une demande tendant à la réduction à 60 euros du montant prélevé mensuellement sur sa pension de retraite, la communication du montant restant dû de sa dette fiscale, ainsi que la remise gracieuse des pénalités. L'administration a rejeté cette demande par courrier du 28 février 2019. Entre temps, Mme A avait saisi le tribunal administratif de Versailles d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la remise des pénalités mises à sa charge, à ce qu'il soit dit et jugé qu'elle s'était acquittée de l'ensemble de sa dette fiscale, à ce qu'il soit ordonné l'arrêt des saisies sur sa pension de retraite, et, à titre subsidiaire, si elle devait être considérée comme encore débitrice, à ce qu'il soit dit et jugé qu'elle s'acquittera des sommes dues sous forme de mensualités de 60 euros. Mme A a en outre demandé en cours d'instance la condamnation du centre des finances publiques - trésorerie de Sainte-Geneviève-des-Bois à lui verser une somme de 2 000 euros pour l'indemniser du préjudice subi à raison de la saisie attribution pratiquée sur ses comptes bancaires le 30 avril 2019. Par le jugement attaqué du 9 avril 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Mme A relève appel de ce jugement.
Sur l'incompétence de la cour pour statuer sur les conclusions à fin de remise gracieuse :
2. Aux termes de l'article R. 811-1 du code de justice administrative : " () le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort : () 5° Sur les requêtes contestant les décisions prises en matière fiscale sur des demandes de remise gracieuse ".
3. Les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce que lui soient accordées des remises des droits et pénalités dont elle reste débitrice peuvent être regardées comme un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de remise gracieuse du 12 juillet 2018, auquel s'est substitué la décision explicite de rejet du 28 février 2019, intervenue en cours d'instance devant le tribunal. Le tribunal a statué en premier et dernier ressort sur ces conclusions. En application des dispositions rappelées au point précédent, il y a lieu de transmettre au Conseil d'Etat les conclusions de la requête de Mme A tendant à obtenir des remises gracieuses.
Sur les autres conclusions :
4. Aux termes de l'article R. 351-4 du code de justice administrative : " Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'État relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif, la cour administrative d'appel ou le Conseil d'État, selon le cas, est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance, pour constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur tout ou partie des conclusions ou pour rejeter la requête en se fondant sur l'irrecevabilité manifeste de la demande de première instance ".
En ce qui concerne les conclusions tendant à ce que soit fixés les montants de la dette fiscale de Mme A aux dates du 1er mars et du 1er octobre 2021 :
5. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. () ". L'article R. 281-3-1 de ce même livre dispose : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; / A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, de tout acte de poursuite si le motif invoqué porte sur l'obligation au paiement ou sur le montant de la dette ; / c. A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée. ". Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne peut être saisi d'une contestation relative à l'existence de l'obligation de payer, à la quotité et à l'exigibilité des sommes réclamées que dans le cadre d'une contestation présentée à l'encontre d'un acte de poursuite dans les formes et délais qu'elles prévoient.
6. D'une part, si Mme A soutient que les dégrèvements de 569 euros et 665 euros prononcés le 2 juillet et le 8 octobre 2013 au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2011 n'ont pas été pris en compte pour le calcul de sa dette fiscale, un tel moyen revient à contester la somme portée sur l'avis à tiers détenteur du 21 décembre 2015. Or, il est constant que cet acte de poursuite n'a fait l'objet d'aucune contestation de la part de Mme A, ce qu'elle reconnaît elle-même dans ses écritures d'appel.
7. D'autre part, les conclusions de Mme A tendant à ce que le montant de sa dette fiscale soit fixé à 3 657,98 euros au 1er mars 2021 et à 2 768,46 euros au 1er octobre 2021 ne peuvent être interprétées comme un recours en déclaration de droits, dès lors qu'il n'est pas demandé au juge d'éclaircir l'interprétation d'un texte. Si de telles conclusions peuvent être vues comme une contestation de l'obligation de payer une somme supérieure à ces montants, se rattachant ainsi au contentieux du recouvrement, il n'appartient toutefois pas au juge administratif de se prononcer sur le montant des impositions restant à la charge d'un redevable en dehors de toute contestation se rapportant à un acte de poursuite notifié à l'intéressé. Or, la contestation de Mme A n'est dirigée contre aucun acte de poursuite, dès lors que les bordereaux de situation fiscale dont la requérante remet en cause l'exactitude ne constituent pas des actes de poursuite au sens de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, les conclusions de sa requête relative au recouvrement de cette somme, ou à la fixation du montant de sa dette fiscale sont manifestement irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce que soit ordonné l'arrêt des saisies sur sa pension et à ce que soit fixé à 60 euros le montant mensuel de ses remboursements :
8. Les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné l'arrêt des saisies sur sa pension et à ce que le montant des remboursements mensuels de Mme A soit fixé à 60 euros sont manifestement irrecevables, dès lors qu'il ne relève pas de l'office du juge administratif d'ordonner l'arrêt de saisies, de prononcer des mains-levées, ou de prescrire les modalités de remboursement de dettes fiscales. Ces conclusions ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
En ce qui concerne la demande indemnitaire :
9. Ainsi que l'a à bon droit relevé le tribunal, les conclusions tendant à ce que l'Etat soit condamné à verser une indemnité à la requérante n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable. De telles conclusions doivent donc être également rejetées comme manifestement irrecevables.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête dirigées contre le jugement attaqué en tant qu'il a statué sur les demandes de remises gracieuses de Mme A doivent être transmises au Conseil d'Etat et, sans qu'il soit besoin d'appeler la Caisse nationale d'assurance vieillesse à l'instance, que Mme A n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté le surplus des conclusions de sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme A relatives à la remise gracieuse des dettes fiscales dont elle reste débitrice sont transmises au Conseil d'Etat.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée pour le surplus.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dorion, présidente,
M. Tar, premier conseiller,
Mme Pham, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
C. PHAM La présidente,
O. DORION
La greffière,
S. LOUISERELa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026