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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01685

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01685

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01685
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantLENDREVIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2101960 du 11 mai 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 11 juin 2021, M. A, représenté par Me Lendrevie, avocate, demande à la cour :

1° de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2° de déclarer le caractère suspensif du recours afin d'empêcher l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

3° d'annuler ce jugement ;

4° d'annuler cet arrêté ;

5° d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation d'asile à compter de la notification de la décision à intervenir ;

6° d'enjoindre au préfet de lui remettre l'intégralité du dossier administratif le concernant[VC1] ;

7° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le premier juge a insuffisamment motivé en droit son jugement ;

Sur la légalité de l'arrêté contesté :

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des stipulations[VC2] de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles révèlent un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le décret n° 2020 -1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B A, ressortissant somalien né le 1er janvier 1996 à Mahadday, qui a déclaré être entré en France le 31 décembre 2017, a sollicité le 9 janvier 2018 son admission au séjour au titre des dispositions du 8° de l'article L. 314-11 et de l'article L. 313-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 18 février 2021, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A relève appel du jugement du 11 mai 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Selon l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, (). L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

4. Par une décision n° 2021/008225 du 19 novembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. A. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la régularité du jugement :

5. M. A soutient que le tribunal administratif de Versailles a insuffisamment motivé sa décision dès lors qu'il n'a pas cité les références jurisprudentielles précises de la Cour de justice de l'Union européenne auxquelles il se référait au point 6. de son jugement. [VC3]Toutefois, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement, dont le contrôle est opéré par l'effet dévolutif de l'appel. Il est donc sans incidence sur sa régularité et doit être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté :

6. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne sur les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (5 novembre 2014, Sophie Mukarubega et 11 décembre 2014, Khaled Boudjilda), déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le premier juge au point 6. du jugement entrepris.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision portant désignation du pays de destination :

7. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le premier juge aux points 5. et 7. du jugement entrepris.

8. M. A reprend en appel son moyen de première instance tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et soutient qu'il serait exposé à des peines et traitements inhumains en cas de retour en Somalie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA a rejeté sa demande d'asile en date du 27 août 2018. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision de suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. Le moyen tiré de l'obligation de suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le premier juge au point 9. du jugement entrepris.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. A l'exception de celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant au bénéfice à titre provisoire de l'aide juridictionnelle.

Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 6 octobre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

[VC1]d- de la requête, page 1[VC2]La charte est aussi un contrat, elle comporte donc des stipulations et non des dispositions

[VC3]Je n'ai vu aucun moyen, ni même esquisse de moyen sur ces éléments de régularité du jugement.

En revanche il y a clairement un défaut de motivation de la décision de PI qui est invoqué.

3

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