jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01761 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOUTAOUROUT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2020 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2007450 du 26 mai 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2021, M. A, représenté par Me Boutaourout, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 70 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est cru, à tort, en situation de compétence liée en se fondant exclusivement sur son interpellation pour prononcer une obligation de quitter le territoire français au motif qu'il représenterait une menace pour l'ordre public, sans pour autant vérifier la véracité des faits qui lui étaient reprochés et sans examiner si sa situation personnelle pouvait justifier son admission au séjour ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B A, ressortissant béninois né le 19 janvier 1984 à Agblangandan, est entré en France le 13 mars 2016. Le 10 novembre 2020, à la suite d'une interpellation par les services de police à l'occasion de laquelle il a été constaté que M. A séjournait irrégulièrement sur le territoire, le préfet de l'Essonne, par arrêté du même jour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai. M. A relève appel du jugement du 26 mai 2021 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
3. En premier lieu, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par la première juge au point 2. du jugement attaqué.
4. En deuxième lieu, M. A reproche au préfet de s'être cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis de son interpellation pour des faits pénalement répréhensibles et d'avoir prononcé une obligation de quitter le territoire français à son encontre, sans rechercher si les faits reprochés étaient établis, ni avoir examiné si sa situation pouvait justifier son admission au séjour. Toutefois, il ressort des termes de l'arrêté contesté que le préfet s'est également fondé sur le fait, qu'à l'occasion de son interpellation, il a été constaté que M. A séjournait irrégulièrement sur le territoire français. En outre, le préfet a effectivement procédé à l'examen de la situation de l'intéressé afin de s'assurer qu'elle ne pouvait pas justifier son admission au séjour, que ce soit sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou sur le fondement de son pouvoir discrétionnaire de régularisation exceptionnelle. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence.
5. En troisième lieu, M. A soutient que l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance de l'intérêt supérieur de ses enfants. A l'appui de ce moyen, l'intéressé produit divers documents, factures et attestations afin d'établir sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. De même, il produit une décision du juge aux affaires familiales du tribunal judicaire d'Evry en date du 25 janvier 2018 qui lui confère un droit de visite et d'hébergement et qui l'oblige à verser une pension alimentaire à la mère de ses enfants. Toutefois, d'une part, la majeure partie de ses documents, relatant sa contribution pour les années 2018 et 2019, ne présente pas un caractère suffisamment actuel pour être retenu à l'appui de ces affirmations. D'autre part, s'il justifie du versement d'une pension alimentaire au cours de l'année 2020, en l'absence de pièces établissant, notamment, qu'il fait usage de son droit de visite et d'hébergement ou qu'il entretient des relations stables ou intenses avec ses enfants, M. A ne démontre pas que sa présence en France leur est indispensable. Dès lors, c'est à bon droit que le préfet a considéré que M. A ne justifiait, au jour de la décision, d'une contribution à l'éducation et à l'entretien de ces enfants de nature à justifier son maintien sur le territoire français au regard de leur intérêt supérieur. Il en résulte que la décision contestée n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant.
6. En dernier lieu, M. A soutient qu'il dispose sur le territoire français d'une vie privée et familiale de nature à justifier son admission au séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, même à supposer établi le séjour habituel du requérant en France depuis son entrée sur le territoire, l'intéressé qui n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, ne saurait se prévaloir de leur seule présence en France et d'une ancienneté de séjour de quatre années pour contester utilement le refus du préfet de l'admettre au séjour sur le fondement de sa vie privée et familiale en France. Par ailleurs, contrairement à ce qu'il allègue, il ressort des pièces du dossier que la situation de M. A ne se caractérise pas par une intégration sociale et professionnelle particulière. Il en résulte que c'est à bon droit que la première juge a considéré que le préfet n'a pas méconnu les dispositions susmentionnées. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 6 octobre 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026