jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01777 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DIARRA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d'une part, d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son expulsion du territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou tout autre pays où il est légalement admissible et, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 2 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours, l'a astreint à demeurer à son domicile le vendredi de 19 à 20 heures et le samedi de 8 à 10 heures et l'a contraint à se présenter chaque mardi et jeudi à 10 heures au commissariat de Colombes.
Par un jugement nos 2106732, 2106907 du 3 juin 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2021, et un mémoire, enregistré le 15 décembre 2022, M. B, représenté par Me Diarra, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son expulsion du territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il est légalement admissible ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours, l'a astreint à demeurer à son domicile le vendredi de 19 à 20 heures et le samedi de 8 à 10 heures et l'a contraint à se présenter chaque mardi et jeudi à 10 heures au commissariat de Colombes ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
. que l'arrêté portant expulsion du territoire :
- méconnaît les dispositions des articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa condamnation pour violences conjugales ne peut suffire à caractériser une menace grave à l'ordre public justifiant une expulsion, qu'il a été marié avec une ressortissante française pendant au moins dix ans et que son état de santé nécessite des soins médicaux, ainsi qu'il ressort de ses documents médicaux et de l'octroi du statut de travailleur handicapé ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé, de ses efforts pour s'insérer professionnellement après son incarcération, de la présence de sa compagne et de son fils, avec lesquels il réside depuis sa sortie de prison ;
- porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale, au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il vit avec sa compagne depuis 2019, avec qui il a eu un enfant en 2020, laquelle compte sur son soutien et ne peut retourner dans son pays, et que son frère vit en situation régulière en France ;
- méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant, au sens du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
. que l'arrêté portant assignation à résidence :
- est entaché, par voie d'exception, de l'illégalité de l'arrêté portant expulsion du territoire ;
- porte atteinte de manière excessive à sa liberté de se déplacer librement ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par deux courriers des 21 février et 4 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la procédure d'urgence prévue par les dispositions combinées des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 732-8 du même code, et au R. 776-1 du code de justice administrative ne s'applique pas aux arrêtés d'expulsion et aux arrêtés d'assignation à résidence lorsque l'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion et que, en conséquence, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise n'était pas compétent pour statuer sur les conclusions présentées à l'encontre des arrêtés des 11 mars et 2 avril 2021 portant expulsion et assignation à résidence de M. B.
Un mémoire a été enregistré le 28 février 2023 pour M. B en réponse à ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Deroc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 14 octobre 1981, a fait l'objet d'un arrêté du 11 mars 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son expulsion du territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays où il est légalement admissible et d'un second arrêté du 2 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours, l'a astreint à demeurer à son domicile le vendredi de 19 à 20 heures et le samedi de 8 à 10 heures et l'a contraint à se présenter chaque mardi et jeudi à 10 heures au commissariat de Colombes. Il fait appel du jugement du 3 juin 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. Aux termes de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les dispositions de la présente section sont applicables lorsque l'étranger fait l'objet d'une d'assignation à résidence en application de l'article L. 731-1 () ". Aux termes de l'article L. 614-12 du même code : " La décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 peut être contestée dans les conditions prévues à l'article L. 732-8 ". Aux termes de l'article L. 732-8 du même code : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. () Les dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 sont applicables au jugement de la décision d'assignation à résidence contestée en application du présent article ". Aux termes de l'article R. 776-1 du code de justice administrative : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : () 5° Les décisions d'assignation à résidence prévues aux articles L. 731-1, L. 751-2, L. 752-1 et L. 753-1 du même code. / Sont instruites et jugées dans les mêmes conditions les conclusions tendant à l'annulation d'une autre décision d'éloignement prévue au livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'exception des décisions d'expulsions, présentées en cas de placement en rétention administration, en cas de détention ou dans le cadre d'une requête dirigée contre la décision d'assignation à résidence prise au titre de cette mesure () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la procédure spéciale qu'elles prévoient est applicable à l'égard des décisions qui y sont mentionnées. Tel n'est toutefois pas le cas des arrêtés d'expulsion et des assignations à résidence lorsque l'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion. Par suite, seules les formations collégiales des tribunaux administratifs peuvent statuer sur les demandes d'annulation d'un arrêté d'expulsion et d'une assignation à résidence prise sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, anciennement codifié au 2° du I de l'article L. 561-2 du même code.
4. Ainsi, le jugement nos 2106732, 2106907 du 3 juin 2021 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté les conclusions présentées à l'encontre de l'arrêté du 11 mars 2021 portant expulsion de M. B du territoire français et de l'arrêté du 2 avril 2021 qui prévoit son assignation à résidence, est irrégulier pour n'avoir pas été rendu en formation collégiale et doit, dès lors, être annulé.
5. Il y a lieu de se prononcer, immédiatement, par la voie de l'évocation, sur la demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Sur l'arrêté du 11 mars 2021 :
6. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Vincent Berton, secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet des Hauts-de-Seine en vertu de l'arrêté n° 2020-148 du 21 décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 22 décembre 2020, disponible sur le site Internet de la préfecture, aux fins de signer, notamment, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département des Hauts-de-Seine, à l'exception des arrêtés de conflit et déclinatoires de compétence. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
7. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes applicables, notamment l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement duquel a été prise la mesure d'expulsion. Il vise également l'avis, émis le 12 février 2021, par la commission prévue à l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté mentionne aussi les condamnations pénales dont M. B a fait l'objet, se réfère à l'ensemble du comportement de l'intéressé et précise sa situation familiale, indiquant notamment qu'il est séparé de son épouse de nationalité française. Dans ces conditions, la décision d'expulsion comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement permettant au requérant d'en comprendre les motifs à sa seule lecture. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté contesté doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Sous réserve des dispositions des articles
L. 521-2, L. 521-3 et L. 521-4, l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné le 26 octobre 2017 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits d'escroquerie, le 24 février 2018 à huit mois d'emprisonnement dont quatre mois avec sursis pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique commis en réunion et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité et menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un gardien ou agent de surveillance d'immeubles et vol en réunion, puis, enfin, le 14 août 2020 à douze mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pour violence aggravée par trois circonstances suivie d'incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité, ces deux délits étant commis en récidive. Compte tenu de la nature et de la gravité de ces faits et de leur caractère répété, la présence en France de M. B doit être regardée comme constituant une menace grave à l'ordre public au sens des dispositions précitées de l'article
L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi d'ailleurs que l'a relevé la commission d'expulsion dans son avis favorable à l'expulsion du 12 février 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 521-3 du même code, alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'expulsion qu'en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes : / () 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans et qui, ne vivant pas en état de polygamie, est marié depuis au moins quatre ans soit avec un ressortissant français ayant conservé la nationalité française, soit avec un ressortissant étranger relevant du 1°, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage ; / () 5° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
11. Si M. B invoque les dispositions du 3° de l'article L. 521-3 précitées, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de ses propres écritures, qu'il est entré en France en 2013, soit sept ans à la date de la décision attaquée, est séparé de son épouse de nationalité française depuis 2017 et qu'un divorce a été prononcé en Algérie le 30 janvier 2020. En outre, M. B invoque son état de santé psychologique. Toutefois, pour appuyer ses dires, il ne produit qu'un courrier de la maison départementale des personnes handicapées mentionnant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 80 %, des ordonnances et deux certificats postérieurs à la décision attaquée, très peu circonstanciés, qui ne font état que de consultations pour une " pathologie chronique et invalidante " et d'une " prise en charge continue et régulière ". Ces éléments sont insuffisants pour justifier que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. M. B n'est donc pas fondé à se prévaloir des dispositions de l'article L. 521-3 précitées et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1 - Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
13. Le requérant se prévaut de sa présence en France depuis 2013, de ses efforts de réinsertion professionnelle après sa sortie de prison, malgré son état de santé, de la présence en France de sa concubine, enceinte, et de leur enfant né en 2020, ainsi que de ses liens avec son cousin et son frère de nationalité française. Toutefois, M. B, qui ne produit qu'un contrat d'accompagnement vers l'emploi avec une association du 1er février 2021, ne justifie d'aucun emploi, ni d'aucune formation depuis son arrivée sur le territoire. Par ailleurs, il est séparé de son épouse depuis 2017 et un divorce a été prononcé en Algérie le 30 janvier 2020. S'il invoque la présence de sa nouvelle concubine et de son enfant, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle est de nationalité tunisienne et en situation irrégulière, que leur vie commune dans un logement d'urgence est faiblement étayée par les pièces produites, qui se limitent à quelques photographies non datées, deux courriers administratifs non datés et une attestation de " voisins " non identifiables et, qu'enfin, il a été condamné à une peine de douze mois d'emprisonnement pour des violences aggravées commises sur cette personne, alors qu'elle était enceinte de leur fils. Dans ces conditions, en édictant l'arrêté du 11 mars 2021 attaqué, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, ni porté, à son droit au respect d'une vie privée et familiale normale, une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par ces décisions en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni méconnu le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
14. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 mai 2021 du préfet des Hauts-de-Seine.
Sur l'arrêté du 2 avril 2021 :
15. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 11 mars 2021 n'est pas entaché d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cet arrêté, à l'encontre de l'arrêté du 2 avril 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence n'est pas fondé et doit être écarté.
16. Pour les mêmes motifs que ceux détaillés au point 6. du présent arrêt, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
17. L'arrêté attaqué comporte les dispositions conventionnelles et légales applicables, ainsi que les principaux faits fondant la décision portant assignation à résidence de M. B et la mention de ce que sa situation personnelle a été examinée. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
18. Si M. B soutient que l'arrêté attaqué a été rendu à l'issue d'une procédure ayant méconnu le principe du respect des droits de la défense, qu'il est entaché d'une erreur de droit et méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit pas ces moyens des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Ces moyens ne peuvent donc qu'être écartés.
19. Si M. B soutient que les modalités de l'assignation restreignent excessivement sa liberté de se déplacer, en l'empêchant de trouver du travail et de subvenir aux besoins de sa famille, il ne se prévaut d'aucune circonstance particulière de nature à établir que l'arrêté comporterait des mesures disproportionnées. Par suite, son moyen doit être écarté.
20. Pour les mêmes motifs que ceux détaillés au point 13. du présent arrêt, en édictant l'arrêté du 2 avril 2021 attaqué, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, ni porté, à son droit au respect d'une vie privée et familiale normale, une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni méconnu le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
21. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 avril 2021 du préfet des Hauts-de-Seine.
Sur le surplus des conclusions :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement nos 2106732, 2106907 du 3 juin 2021 du magistrat désigné du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
Article 2 : La demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est rejetée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête d'appel de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des
outre-mer. Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
M. Lerooy, premier conseiller,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
C. CLa présidente,
L. Besson-Ledey La greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026