jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01783 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MORTELETTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par deux demandes distinctes, M. A B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 17 mai 2021 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et l'a assigné à résidence pour une durée de six mois.
Par un jugement n° 2101819 et 2101820 du 25 mai 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a renvoyé devant la formation collégiale de ce tribunal les conclusions dirigées contre le refus de séjour qui lui a été opposé le 17 mai 2021 et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin 2021 et le 6 septembre 2021, M. B, représenté par Me Mortelette, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 17 mai 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal a insuffisamment motivé le point 2 de son jugement ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2021, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du caractère prématuré des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté en tant qu'il porte refus de titre de séjour dès lors que le jugement attaqué a décidé du renvoi en formation collégiale des conclusions présentées à ce titre par le requérant en première instance et que le tribunal n'y a pas encore statué.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lerooy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 12 février 1975, a déclaré être entré en France 28 juin 2016, muni d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 12 octobre 2017, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 15 novembre 2019 et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 17 janvier 2020, non exécutée. Le 19 février 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté en date du 17 mai 2021, le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et l'a assigné à résidence pour une durée de six mois. M. B relève appel du jugement par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif d'Orléans a renvoyé devant la formation collégiale de ce tribunal ses conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour et a rejeté le surplus de sa demande.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 611-1 et L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif statue sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, la décision refusant un délai de départ volontaire et celle mentionnant le pays de destination. En revanche, l'examen des conclusions à fin d'annulation de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour relève de la compétence de la formation collégiale. Dès lors, le magistrat désigné par le tribunal administratif d'Orléans, qui n'était pas compétent pour statuer sur les conclusions du requérant tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2021 en tant qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, a renvoyé à la formation collégiale de ce tribunal l'examen de ces conclusions. En l'absence de jugement de première instance contre lequel M. B pourra le cas échéant faire appel, ces conclusions sont prématurées et doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés. ".
4. M. B soutient que le magistrat désigné par le tribunal administratif d'Orléans a insuffisamment motivé le point 2 de son jugement par lequel il s'est déclaré incompétent pour statuer sur les conclusions dirigées la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et a renvoyé l'examen de ces conclusions à la formation collégiale. Toutefois, il ressort des termes du jugement attaqué que le magistrat désigné, qui a précisément cité les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à ce titre, a suffisamment motivé son jugement sur ce point.
Sur le surplus des conclusions :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis le 28 juin 2016, qu'il est régulièrement hébergé chez son frère de nationalité française et qu'un autre de ses frères a obtenu l'asile. Toutefois, le requérant, qui est célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire français, alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résidents ses quatre enfants, dont trois mineurs, et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 41 ans. Dans ces conditions, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
8. Si M. B soutient qu'il encourt des dangers en cas de retour dans son pays d'origine, après avoir perdu son frère dans des conditions mystérieuses et avoir été torturé par la police militaire, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, dont la décision a été confirmée par la CNDA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté le surplus de sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Danielian, présidente,
M. Lerooy, premier conseiller,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.
Le rapporteur,
D. LerooyLa présidente,
I. Danielian
La greffière,
A. Audrain-Foulon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026