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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE01871

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE01871

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE01871
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantVOLLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C A épouse B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2019 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 1908214 du 25 juin 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, Mme A épouse B, représentée par Me Volle, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui notifier une nouvelle décision dans le délai de trois mois et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- les premiers juges se sont crus liés par l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- ils ont inexactement apprécié les conséquences de l'arrêté contesté sur sa vie privée et familiale ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- il est entaché d'insuffisance de motivation ;

- il révèle un défaut d'examen particulier de son état de santé ;

- le préfet a commis une erreur de droit en se croyant lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- l'arrêté, fondé sur l'avis irrégulier émis par le collège de médecins de l'OFII, méconnaît les stipulations du point 7 de l'article 6 l'accord franco-algérien ;

- il méconnaît les stipulations du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Mme A épouse B, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 29 janvier 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A épouse B, ressortissante algérienne née le 22 février 1970 à Fouka, qui déclare être entrée en France le 25 septembre 2015, a sollicité le 30 mai 2018 son admission au séjour au titre des stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé. Par un arrêté du 1er octobre 2019, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A épouse B relève appel du jugement du 25 juin 2020 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

4. Mme A épouse B, soutient que les premiers juges auraient commis une erreur de droit et inexactement apprécié les conséquences de la décision préfectorale contestée sur sa situation personnelle. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont sans incidence sur sa régularité et doivent donc être écartés.

Sur la légalité de l'arrêté :

5. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les éléments de droit et de fait qui le fondent. Ainsi, en tout état de cause, il est suffisamment motivé.

6. En deuxième lieu, la requérante reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et se prévaut de l'irrégularité de l'avis rendu le 11 décembre 2018 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

7. D'une part, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé dispose que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : () c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; ". Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que contrairement à ce que soutient la requérante, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est prononcé à bon droit sur son accès effectif en Algérie au traitement que son état de santé nécessite.

8. D'autre part, il ressort de l'avis mentionné que si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il existe toutefois un traitement approprié dans son pays d'origine à destination duquel elle peut voyager sans risque. A l'appui de sa contestation, en appel, sur ce dernier point, la requérante produit un article de presse décrivant la situation sanitaire et le système de soins en Algérie. Cette pièce n'est pas de nature, toutefois, à justifier de ce que la requérante n'aurait pas effectivement accès au traitement nécessaire au soin de sa pathologie. Dans ces conditions, les pièces versées au débat ne permettent pas de remettre en cause le bien-fondé de l'avis du 11 décembre 2018 quant à la possibilité, pour l'intéressée, de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, en refusant de renouveler son titre de séjour le préfet, qui s'est livré à un examen particulier de la situation de la requérante et qui ne s'est pas cru lié par l'avis mentionné, n'a pas fait une inexacte application du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé.

9. En troisième lieu, la requérante soutient à nouveau en appel que l'arrêté contesté porterait atteinte de façon disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, en produisant quatre quittances de loyer datées de 2021 et le titre de séjour de son époux, la requérante ne fait pas état d'éléments nouveaux susceptibles de remettre en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges, selon lesquels l'atteinte disproportionnée alléguée n'est pas suffisamment caractérisée. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations mentionnées doit ainsi être écarté.

10. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés et adoptés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé doit être écarté.

11. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant le titre de séjour que sollicitait la requérante, le préfet ait fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A épouse B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 20 octobre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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