jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02023 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2020 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2100144 du 15 juin 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021, M. B, représenté par Me Levy, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et à titre principal d'annuler la décision du préfet de l'Essonne du 9 décembre 2020 portant refus de délivrance d'un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, d'annuler la décision du préfet de l'Essonne du 9 décembre 2020 portant obligation de quitter le territoire français ou, à titre infiniment subsidiaire d'annuler la décision du préfet de l'Essonne portant refus d'octroyer un délai de départ volontaire ;
3° d'enjoindre au préfet lui délivrer une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- les premiers juges ont inexactement apprécié les faits de l'espèce dès lors qu'ils ont considéré à tort que la décision portant refus de titre de séjour était suffisamment motivée, qu'elle n'était pas entachée d'un défaut d'examen particulier, qu'elle ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, qu'ensuite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'était pas entachée d'illégalité, que la décision refusant un délai de départ volontaire n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, enfin, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de l'arrêté contesté
En ce qui concerne le refus de séjour :
- il est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur la décision de refus de séjour qui est elle-même illégale ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle est dépourvue de base légale et est entachée d'une erreur de droit au regard du d) du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans :
- elle est insuffisamment motivée dès lors que le préfet n'a pas pris position sur les quatre critères énoncés au III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant malien né le 4 janvier 1985 à Kersignane, qui a déclaré être entré en France le 20 septembre 2013, a sollicité le 2 février 2018 son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 9 décembre 2020, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B relève appel du jugement du 15 juin 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. M. B soutient que les premiers juges ont inexactement apprécié les faits de l'espèce dès lors qu'ils ont considéré à tort que la décision portant refus de titre de séjour était suffisamment motivée, qu'elle n'était pas entachée d'un défaut d'examen particulier, qu'elle ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, qu'ensuite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'était pas entachée d'illégalité, que la décision refusant un délai de départ volontaire n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, enfin, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'était pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont donc sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.
Sur la légalité de l'arrêté :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges aux points 3., 4., 5., 6. et 7. du jugement entrepris.
5. M. B reprend en appel le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation en mentionnant que sa situation professionnelle n'a pas été prise en compte. En effet, il a produit en appel une pièce nouvelle en date du 20 décembre 2019 de l'Union syndicale Solidarités Paris qui précise que le requérant souhaite voir sa situation régularisée à l'aune du " pack employeur " de la Sarl Proximus et non plus au regard de l'entreprise Oumar Sy qui a cessé son activité le 30 juin 2018. Toutefois, ce seul document ne suffit pas à remettre en cause l'appréciation motivée portée par le préfet qui a mentionné que, si l'intéressé a produit 2 bulletins de salaire pour 2014, 4 bulletins de salaire pour 2015 et 3 bulletins de salaire pour 2016, il ressort du rapport des services de police aux frontières en date du 12 novembre 2020 qu'il a aussi produit deux faux bulletins de salaire pour août et septembre 2017. En tout état de cause, les éléments produits au profit de son intégration professionnelle sous sa réelle identité demeurent insuffisants pour justifier de l'existence d'un motif exceptionnel d'admission au séjour ou d'une considération humanitaire justifiant une telle admission. Dans ces conditions, l'erreur de droit résultant du défaut d'examen particulier de sa situation est écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur sa situation personnelle doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Il ressort de ce qui vient d'être dit que M. B n'établit pas que le refus de séjour serait entaché d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.
7. M. B ne peut utilement soutenir qu'il aurait dû se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne justifie pas avoir déposé de demande sur ce fondement. Ce moyen est donc écarté.
8. Pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 5. de la présente ordonnance, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur sa situation personnelle doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
9. Les moyens tirés de l'erreur de droit et du défaut de base légale ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges aux points 15. et 16. du jugement entrepris.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
10. Les moyens tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges aux points 17., 18., 19. et 20. du jugement entrepris.
11. M. B se prévaut de sept années de présence en France et de plus de quatre ans d'intégration professionnelle. Toutefois, ces seules circonstances ne suffisent pas à justifier d'un motif exceptionnel ou de considérations humanitaires permettant la régularisation de sa situation et donc la délivrance d'un titre de séjour au sens des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fondement de sa demande de titre de séjour. Pour ces motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 20 octobre 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026