jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02334 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HALBIQUE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 27 mai 2021 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Par un jugement n° 2104815 du 12 juillet 2021, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 6 août 2021, Mme A, représentée par Me Halbique, avocat, demande à la cour :
1° de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2° d'annuler ce jugement ;
3° d'annuler cet arrêté ;
4° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
5° de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le premier juge a inexactement apprécié les faits de l'espèce ;
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B C A, ressortissante surinamienne née le 24 juin 1983 à Paramaribo déclare être entrée sur le territoire français en 2001, et s'y être maintenue en situation irrégulière. Elle a été condamnée le 15 avril 2021 par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans d'emprisonnement notamment pour transport, acquisition et importation non autorisés de stupéfiants. Par un arrêté du 27 mai 2021, le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, et l'a informé de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction. Mme A relève appel du jugement du 12 juillet 2021 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Mme A soutient que le premier juge aurait inexactement apprécié les faits de l'espèce. Toutefois, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement. Il est donc sans incidence sur sa régularité et doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de sa situation personnelle, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels Mme A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le premier juge au point 4. du jugement entrepris.
5. En deuxième lieu, Mme A reprend en appel, le moyen tiré de l'erreur de fait dont seraient entachés tant le jugement de première instance que la décision contestée en ce qu'ils retiennent qu'il n'est pas établi que ses enfants sont à sa charge, qu'elle s'est maintenue sur le territoire français de manière irrégulière, sans faire état d'une intégration particulière et qu'elle représente une menace à l'ordre public. Toutefois, aucun des éléments qu'elle produit n'est de nature à établir l'existence d'une erreur de fait sur la prise en charge de ses enfants, pas plus que le fait que le préfet aurait pris une décision différente s'il n'avait commis une telle erreur à la supposer établie. En outre, si elle produit des éléments de nature à établir la régularité de son séjour en France, ceux-ci ne suffisent pas établir ni qu'elle serait particulièrement intégrée, ni que le préfet aurait pris une décision différente s'il n'avait pas commis une telle erreur sur la régularité de son séjour, alors au demeurant qu'elle a été condamnée à une peine de prison pour trafic de stupéfiants. Dès lors, le moyen doit être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, Mme A reprend en appel, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle. Toutefois, si Mme A fait valoir qu'elle réside depuis plus de vingt ans sur le territoire français et se prévaut de la présence de ses enfants sur le territoire français, elle n'établit pas qu'ils ne pourraient retourner avec elle dans son pays d'origine. De plus, elle ne fait état d'aucune insertion particulière en France, en se bornant à produire des bulletins de salaire de 2010, 2011 et 2012 et une promesse d'embauche datée du 10 mai 2021. Enfin, elle a été condamnée le 15 avril 2021 par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de trois ans d'emprisonnement pour transport, acquisition, importation, trafic et détention non autorisés de stupéfiants et participation à association de malfaiteurs. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but recherché. Pour les mêmes motifs, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 15 décembre 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026