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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE02383

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE02383

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE02383
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantDUPLANTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A, représenté C Me Duplantier, a demandé au tribunal administratif d'Orléans :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2020 C lequel le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois et a fixé le pays de destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros C jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

C un jugement n° 2003223 du 25 novembre 2020, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

C une requête enregistrée le 4 août 2021, M. A, représenté C Me Duplantier, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente du réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros C jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français n'a pas été l'objet d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de droit et de fait ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français pendant dix-huit mois n'a pas été l'objet d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'un erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée le 3 mars 2022 au préfet du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale C décision du 31 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () C ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant géorgien, né le 26 avril 1989, déclare être entré en France le 19 mars 2014. Sa demande d''asile a été rejetée C une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 26 décembre 2016, qui a été confirmée C la Cour nationale du droit d'asile le 5 mai 2017. L'intéressé a présenté une demande de réexamen de son dossier qui a été déclarée irrecevable C l'Office le 31 août 2017. Le recours introduit C l'intéressé contre l'arrêté du 27 septembre 2018 C lequel le préfet du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français a été rejeté C un jugement du tribunal administratif d'Orléans le 12 décembre 2018. M. A s'étant maintenu sur le territoire, le préfet du Rhône a pris à son encontre, le 27 août 2020, un arrêté portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays dont il a la nationalité, la Géorgie, ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible, comme pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. M. A fait appel du jugement du 25 novembre 2020 C lequel le tribunal administratif de d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

3. En premier lieu, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit C les premiers juges au point 2 du jugement entrepris.

4. En deuxième lieu, M. A reprend en appel les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision d'obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle. Comme le relèvent à juste titre les premiers juges, les attestations produites C l'intéressé ne permettent pas d'établir l'intensité et l'ancienneté de ses liens avec les membres de sa famille en France, et il n'est pas dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine, où réside toujours son frère et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. La circonstance qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche de la part du gérant de la société SMFS69, confirmée le 29 octobre 2020, pour un contrat à durée indéterminée en temps plein en qualité de mécanicien, ne suffit pas à attester d'une particulière insertion de l'intéressé au sein de la société française. Au surplus, il ressort du procès-verbal établi le 27 août 2020 à dix heures et vingt minutes C le Service de la police aux frontières de Lyon, que si M. A se prévaut de plus de cinq années de résidence sur le territoire français, celui-ci n'a pas été en mesure de communiquer en langue française sans l'intermédiaire d'un interprète avec les agents de police qui l'ont intercepté le même jour sur la commune d'Oullins. M. A n'invoquant, au soutien de ces moyens, aucun argument de droit ou de fait nouveau, ceux-ci doivent être écartés.

5. En troisième lieu, d'une part, comme l'ont relevé à juste titre les premiers juges, la circonstance qu'aucune mesure n'avait été prise à l'encontre de M. A C le préfet pour l'exécution de la précédente obligation de quitter le territoire français dont il avait fait l'objet, ne remet pas en cause l'obligation qui lui était faite de quitter le territoire volontairement dans le délai de trente jours, qui lui était accordé. Ainsi, le préfet a pu considérer que le requérant s'était soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement.

6. D'autre part, M. A soutient que les garanties de représentation qu'il présente n'ont pas suffisamment été prises en compte C le préfet pour considérer qu'eu égard à sa situation personnelle, il ne paraissait pas justifié de lui accorder un délai de départ volontaire. Toutefois, l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de l'asile présente plusieurs cas dans lesquels l'autorité administrative peut, C une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français. Ainsi, le préfet n'avait pas à rechercher si M. A présentait des garanties de représentation suffisantes, dès lors que celui-ci entrait dans l'un des cas prévus C l'article L. 511-1 précité, c'est-à-dire celui de l'étranger qui s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre. C suite, les moyens tirés de ce que le refus de délai de départ volontaire serait entaché d'une erreur de droit et de fait doivent être écartés.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

7. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. A avant de prendre sa décision d'interdiction de retour sur le territoire français.

8. En deuxième lieu, M. A soutient que la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 4 du présent arrêt.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter selon la procédure prévue C les dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, C voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet du Rhône.

Fait à Versailles, le 17 novembre 2022.

Le premier vice-président de la Cour,

président de la 2ème chambre

B. EVEN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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