mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02872 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 7 mai 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2105926 du 14 septembre 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2021, Mme B, représentée par Me Nunes, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie avant son édiction ;
- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure méconnaissant le droit d'être entendu garanti par les articles 41 et 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par l'article 6 du traité sur l'Union européenne ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le paragraphe 4 de l'article 6 de la directive communautaire n°2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
- il méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 5 de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 ;
- il méconnaît l'article 5 de la directive communautaire 2008/115/CE du 16 décembre 2008.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 15 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-malienne sur la circulation et le séjour des personnes signée à Bamako le 26 septembre 1994 ;
- le traité sur l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive n°2008/115/CE du parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante malienne née le 1er janvier 1979 à Bamako, qui a déclaré être entrée en France le 6 décembre 2007, a sollicité le 28 juin 2018 son admission au séjour au titre des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 7 mai 2020, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B relève appel du jugement du 14 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les éléments de droit et de fait qui le fondent. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de Mme B, comme l'ont d'ailleurs indiqué à juste titre les premiers juges, l'arrêté est suffisamment motivé. Ce moyen est donc écarté.
4. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 41 et 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 6 du traité sur l'Union européenne, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels Mme B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par les premiers juges aux points 4., 5. et 6. du jugement entrepris.
En ce qui concerne la légalité interne :
5. En premier lieu, Mme B soulève le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle tenant à l'inexactitude des informations portées sur l'arrêté litigieux et relatives à la date de son entrée en France et au mois de son année de naissance. Toutefois, cette erreur de plume est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté. Par conséquent, ce moyen est écarté.
6. En deuxième lieu, Mme B reprend le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, elle ne justifie ni de sa résidence habituelle en France depuis 2007, date présumée de son entrée en France, ni de liens particuliers et intenses qu'elle aurait noués sur le territoire français. Elle ne justifie pas davantage d'une activité professionnelle. Par conséquent et ainsi que l'ont relevé à juste titre les premiers juges au point 9. du jugement entrepris, l'intéressée ne justifie d'aucun motif exceptionnel ou de considérations humanitaires au sens des dispositions de l'article susvisé et dont elle se prévaut. Elle ne peut donc se voir délivrer sur ce fondement un titre de séjour portant la mention " salarié " ou un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Ce moyen est donc écarté.
7. En troisième lieu, Mme B soutient que l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 6 paragraphe 4 de la directive communautaire du 16 décembre 2008 qui ont été transposées par la loi du 16 juin 2011. La requérante ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de son recours dirigé contre un acte administratif non réglementaire, des dispositions d'une directive ayant fait l'objet des mesures de transpositions nécessaires. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, Mme B, célibataire et sans charge de famille, ne justifiant pas de sa résidence habituelle en France et ne démontrant pas l'existence d'une intégration particulière à la société française du fait d'une activité professionnelle ou de liens intenses et particuliers, ne peut soutenir que l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'est pas, par ailleurs, dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où résident encore ses parents, ses deux sœurs et son frère. Pour ces motifs et pour ceux retenus à juste titre par les premiers juges au point 12. de leur jugement, ce moyen est écarté.
9. En cinquième lieu, pour les motifs exposés au point précédent, le préfet n'avait pas à saisir la commission du titre de séjour avant l'édiction de son arrêté. Par conséquent, le moyen tiré du vice de procédure tenant à l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 5 de la convention franco-malienne du 26 septembre 1994 et des stipulations de l'article 5 de la directive communautaire du 16 décembre 2008, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels Mme B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par les premiers juges au point 17. du jugement entrepris.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 21 mars 2023.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026