vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02903 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 1er aout 2019 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement.
Par un jugement n° 2003380 du 13 octobre 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2021, Mme C, représentée par Me Hug, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 13 octobre 2020 ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 1er aout 2019 ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au caractère réel et sérieux de ses études.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la substitution à l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi n° 2006-911 du 24 juillet 2006 cité par la décision attaquée du même article dans sa rédaction résultant de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante de la République démocratique du Congo née le 20 mars 1993, déclare être entrée en France le 30 mai 2015. Par un arrêté du 1er aout 2019, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour portant la mention " étudiant " qu'elle avait sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement. Mme C relève appel du jugement du 13 octobre 2020 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige, qui peut être substituée aux dispositions de ce même article dans sa version résultant de la loi du 24 juillet 2006, cité dans l'arrêté en litige : " la carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France ".
3. Pour refuser à Mme C le titre de séjour sollicité, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur l'absence de visa pour un séjour supérieur à trois mois et sur l'absence de caractère réel et sérieux de ses études.
4. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle " vente " en juin 2016. Après avoir été scolarisée au GRETA de Melun, elle a obtenu en juin 2017 un titre professionnel de vendeur en magasin puis a suivi une formation dans le cadre d'une mission de lutte contre le décrochage scolaire. Au titre de l'année 2018-2019, elle s'est inscrite en classe préparatoire vers le diplôme universitaire de technologie " Techniques de commercialisation " en alternance. A la suite de la réussite de cette formation, elle a été autorisée à poursuivre sa scolarité dans ce DUT pour l'année scolaire 2019/2020. Dès lors, en se fondant sur la seule circonstance que le 1er aout 2019, soit un mois avant le début de cette formation et au milieu de la période estivale, Mme C n'avait pas encore trouvé d'employeur acceptant de la recruter dans le cadre de cette alternance pour dénier le caractère réel et sérieux de ses études, le préfet de l'Essonne a commis une erreur d'appréciation.
5. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le préfet, qui a relevé que Mme C ne justifiait pas des conditions de son entrée sur le territoire, qu'elle avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 23 juin 2017 et qu'elle ne pouvait pas prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit en vertu de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de visa pour un séjour supérieur à trois mois, n'aurait pas pris la même décision en se fondant sur ces circonstances, que la requérante ne conteste pas.
6. Dès lors, Mme C n'est pas fondée se plaindre de ce que le tribunal administratif de Versailles a, par le jugement attaqué, rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
Mme Troalen, première conseillère,
Mme Villette, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
A. BLe président,
O. MAUNYLa greffière,
S. DIABOUGA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026