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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE03038

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE03038

mardi 4 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE03038
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantHERVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2106134 du 14 octobre 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 15 novembre 2021, M. A, représenté par Me Hervet, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

Sur le refus de titre de séjour :

- il est insuffisamment motivé ;

- il révèle un défaut d'examen particulier de sa demande ;

- il relève un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation de son état de santé et de la possibilité pour lui de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation en estimant qu'il ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour délivré sur ce fondement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur la décision de refus de titre de séjour qui est elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :

" () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant guinéen né le 18 mai 1991 à Pita, qui a déclaré être entré en France le 29 septembre 2015, a sollicité le 9 décembre 2020 son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 juin 2021, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A relève appel du jugement du 14 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur le refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour le même motif que celui retenu à bon droit et exposé par la première juge au point 2 du jugement entrepris.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée qu'avant de la prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande ni de la situation personnelle de l'intéressé.

5. En troisième lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation de son état de santé et de la possibilité pour lui de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Relativement à l'impossibilité qui serait la sienne de bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Guinée, il produit des éléments à caractère général, à savoir un article de presse restituant les propos d'un médecin guinéen sur les hépatites, un document comportant des données statistiques relatives aux hépatites dans le monde, la reproduction d'un plan de prévention et de gestion des risques en Guinée daté de 2018, présenté sous forme d'un tableau tronqué, relatif notamment au virus du SIDA et à d'autres infections sexuellement transmissibles, un document mettant en perspective l'évolution de l'hépatite B en Guinée et dans le temps, et une carte de la couverture, dans le monde, de la population d'enfants vaccinée contre l'hépatite B. Eu égard à leur teneur et notamment à leur caractère général, ces éléments ne permettent pas davantage que ceux présentés devant les premiers juges, dont l'appréciation n'est ainsi pas remise en cause, de contester l'appréciation du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration selon lequel M. A pourra effectivement bénéficier en Guinée des soins adaptés à sa pathologie. Pour ces motifs et par adoption de ceux exposés par le tribunal aux points 4, à 9 du jugement attaqué, ce moyen doit être écarté.

6. En quatrième lieu, le requérant reprend en appel les moyens tirés de l'erreur de droit et d'appréciation qu'auraient commises le préfet dans l'application des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 de ce code. Ces moyens, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels le requérant ne fait état d'aucun élément nouveau qui suffise ou soit de nature à remettre en cause les motifs des premiers juges, doivent être écartés par adoption de ces derniers, retenus à bon droit par le tribunal et exposés aux points 12 à 15 du jugement attaqué, en ajoutant que le préfet n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence en n'examinant pas spontanément si un titre de séjour pouvait être délivré à M. A sur un autre fondement que le titre de séjour sollicité.

7. En cinquième lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne fait état, cependant, d'aucun élément qui suffise ou soit de nature à remettre en cause les motifs retenus à bon droit par les premiers juges. Dès lors, pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés aux points 10 et 11 du jugement attaqué, ce moyen doit être écarté.

8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant le titre de séjour que sollicitait M. A le préfet ait fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.

10. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux du jugement attaqué adoptés aux points 7 et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 de la présente ordonnance, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en obligeant M. A à quitter le territoire français. Ces moyens doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau qui suffise ou soit de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, doit être écarté pour le même motifs que celui retenu à bon droit et exposé par les premiers juges au point 19 du jugement entrepris.

12. En second lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée qu'avant de la prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation personnelle de l'intéressée.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 4 avril 2023.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°21VE03038

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