LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE03304

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE03304

mardi 11 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE03304
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBORDESSOULE DE BELLEFEUILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A D épouse E a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite.

Par un jugement n° 2106449 du 9 novembre 2021, le tribunal administratif de Versailles, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire, a rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 10 décembre 2021, et régularisée le 5 janvier 2022, Mme A D épouse E, représentée par Me Bordessoule de Bellefeuille, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Yvelines du 6 juillet 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, le préfet s'étant abstenu de saisir la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

Le préfet des Yvelines a produit un mémoire enregistré le 4 juillet 2023, postérieurement à la clôture d'instruction.

Mme D épouse E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 % par une décision du 22 mars 2022 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Versailles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Lerooy a été entendu au cours de l'audience publique :

Considérant ce qui suit :

1. Mme D épouse E, ressortissante marocaine née le 17 juin 1985, est entrée en France le 15 mai 2016 munie d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Elle a obtenu un titre de séjour pluriannuel pour ce même motif valable jusqu'au 15 mars 2019, renouvelé jusqu'au 22 août 2020. Le 23 juillet 2020, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 6 juillet 2021, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite. Mme D épouse E relève appel du jugement du 9 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire, a rejeté le surplus de sa demande.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet des Yvelines a donné à Mme B C, signataire de l'arrêté attaqué, directrice des migrations, délégation à l'effet de signer, en toutes matières ressortissant à ses attributions, tous arrêtés, décisions, documents et correspondances relevant du ministère de l'intérieur, à l'exclusion d'actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les actes pris en matière de police administrative des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de la requérante, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, lui faire obligation de quitter le territoire français et fixer le pays à destination duquel elle pourra être reconduite. En outre, le préfet n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments de fait à raison desquels il a estimé que les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaissaient pas les textes qu'elles ont visés. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Il est, par suite, suffisamment motivé.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / () ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " (). Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ". Aux termes de l'article L. 423-5 de ce code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales. / () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la requérante s'est mariée le 31 août 2012 à Casablanca avec un ressortissant français. Elle est entrée en France le 15 mai 2016 munie d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour en qualité de conjointe de ressortissant français et a obtenu un titre de séjour à ce titre, régulièrement renouvelé jusqu'au 22 août 2020. Elle a déposé une plainte initiale contre son époux pour violences conjugales le 18 juillet 2018, puis une plainte complémentaire enregistrée le 19 juillet suivant. Son conjoint a déposé une main courante le 23 juillet 2018 indiquant que la requérante l'aurait menacé de déposer plainte contre lui pour violences s'il demandait le divorce trop tôt pour que son titre de séjour puisse être renouvelé. A la requête de ce dernier, par une ordonnance du 25 janvier 2019, le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Versailles a constaté la non-conciliation des époux et les a autorisés à introduire l'instance en divorce. La requérante a relevé appel, le 2 juillet 2021, du jugement du 27 mai 2021 par lequel le tribunal judiciaire de Versailles a prononcé le divorce des époux à ses torts exclusifs et l'a déboutée de sa demande de dommages et intérêts.

6. Pour justifier des violences dont elle déclare avoir été victime, la requérante produit les extraits de dépôt de plainte et d'audition par les services de police judiciaire le 30 juillet 2018, dans lesquels elle relate des actes de violence commis par son mari et sa belle-sœur le 27 juillet précédent, ainsi qu'un certificat initial de constatation de coups et blessures établi le même jour par le service des urgences du centre hospitalier de Versailles faisant notamment état de plaies superficielles et d'hématomes. Le 1er août 2018, un certificat médical établi sur réquisition a fixé une incapacité temporaire totale (ITT) de 7 jours à compter des faits. Toutefois la plainte qu'elle a déposée pour violences conjugales a été classée sans suite le 7 février 2019 par le parquet du tribunal de grande instance de Versailles au motif d'une insuffisance de preuves. Si elle produit d'autres certificats médicaux en date des 16 et 24 juillet 2018 et du 23 janvier 2019, ainsi que des attestations de témoins, ceux-ci, insuffisamment circonstanciés, ne sont pas de nature à justifier des violences conjugales alléguées. Si elle soutient qu'une seconde plainte n'aurait pas été classée sans suite, il s'agit en réalité de la même procédure, la plainte initiale ayant été suivie d'un procès-verbal de plainte complémentaire. Il s'ensuit qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la rupture de la vie commune de l'intéressée avec son conjoint, qui ne peut être remise en cause du fait de l'appel interjeté par elle contre le jugement de divorce, serait imputable à des violences conjugales. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou inexactement apprécié sa situation en refusant de renouveler son titre de séjour.

7. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / (). ".

8. Mme D épouse E fait valoir qu'elle réside depuis 2016 sur le territoire français, qu'elle est employée en qualité d'agent de restauration à la marie de Villepreux depuis le 3 septembre 2019 et qu'elle a justifié d'un engagement actif pendant la période d'état d'urgence sanitaire. Elle fait également valoir la présence en France de deux oncles et de sa tante. Toutefois, la requérante, qui ne peut se prévaloir que d'une durée de présence en France de 5 ans à la date de la décision attaquée, est sans charge de famille et n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents et son frère et où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de 31 ans. Par suite, en dépit de ses efforts d'intégration professionnelle, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté contesté aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il poursuit, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, l'arrêté contesté n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1 () L. 423-23 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative n'est tenue de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de tels titres.

10. Ainsi qu'il a été dit précédemment, Mme D épouse E ne justifie pas satisfaire aux dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Par suite, le préfet des Yvelines, avant de se prononcer sur sa demande, n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure à raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur un autre fondement même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

12. Il ressort des pièces du dossier et des termes de l'arrêté attaqué que Mme D épouse E n'a pas formé de demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet des Yvelines, qui n'y était pas tenu, n'a pas examiné sa demande sur ce fondement. Par suite, la requérante ne peut utilement invoquer le bénéfice de ces dispositions.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de délivrance du titre de séjour sollicité doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que Mme D épouse E n'est pas fondée à revendiquer le bénéfice des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni, en tout état de cause, de celui des dispositions de l'article L. 423-23 du même code, à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire en litige.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.

16. Il résulte de ce qui précède que Mme D épouse E n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme D épouse E est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A D épouse E et au ministre de l'intérieur des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,

M. Lerooy, premier conseiller,

Mme Liogier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.

Le rapporteur,

D. LerooyLa présidente,

L. Besson-Ledey

La greffière,

A. Audrain-FoulonLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions