LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE03315

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE03315

mardi 17 octobre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE03315
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL GOZLAN & PARLANTI ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

I. M. et Mme C et D A B ont demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014 et des majorations correspondantes, subsidiairement, la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 en admettant un taux de charge de 92 % pour la détermination des bases d'imposition de la société AMT Consultant.

II. La SARL AMT Consultant a demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercice clos en 2012, 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 août 2015, subsidiairement, la réduction de ces impositions en admettant un taux de charge de 92 %.

III. M. et Mme C et D A B ont demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 et des majorations correspondantes.

Par un jugement nos1905734, 1906650, 2004491 du 12 octobre 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté ces demandes.

Procédure devant la cour :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 21VE03290, le 9 décembre 2021, la SARL AMT Consultant et M. et Mme A B, représentés par Me Parlanti, avocat, demandent à la cour, par les mêmes moyens que ceux exposés dans la requête n° 21VE03315 de M. et Mme A B et dans la requête n° 21VE03327 de la SARL AMT Consultant :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la SARL AMT Consultant a été assujettie au titre des exercices clos en 2012, 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 août 2015, subsidiairement, de prononcer la réduction de ces impositions en admettant un taux de charge de 92 % ;

3°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles le foyer fiscal de M. A B a été assujetti au titre des années 2012 à 2015, et des majorations correspondantes, subsidiairement, de prononcer la réduction de ces impositions, au titre de l'année 2012, en admettant un taux de charge de 92 % pour la détermination des bases d'imposition de la société AMT Consultant ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 7 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, qui n'a pas produit de mémoire.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 21VE03315, les 10 décembre 2021 et 2 août 2022, M. et Mme A B demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement attaqué ;

2°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 à 2015, et des majorations correspondantes ;

3°) subsidiairement, de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 en admettant un taux de charge de 92% pour la détermination des bases d'imposition de la société AMT Consultant ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 7 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et Mme A B soutiennent que :

-la proposition de rectification du 6 octobre 2016 relative à leurs revenus de l'année 2015 est insuffisamment motivée ;

-le service ne les a pas informés, dans la proposition de rectification du 6 octobre 2016 relative à leurs revenus de l'année 2015, des documents obtenus de tiers, en méconnaissance de la garantie prévue par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;

-l'administration devait préalablement procéder à la vérification de la comptabilité de la SARL AMT Consultant au titre de l'exercice 2015 ;

-la procédure de détermination des bases de liquidation du bénéfice réalisé par la SARL AMT Consultant au titre de l'année 2012, et réputé leur avoir été distribué, est irrégulière ;

-dès lors qu'ils ont reçu le 18 décembre 2015 la proposition de rectification relative à leurs revenus de l'année 2012 et que leurs observations ont été présentées le 12 février 2016, dans le délai de soixante jours, c'est à tort que le tribunal a considéré que la charge de la preuve leur incombait en vertu des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales ; selon la doctrine énoncée au paragraphe 400 du BOI-CF-IOR-50-20, l'administration doit se montrer compréhensive lorsque les contribuables ont été empêchés de présenter leurs observations dans le délai imparti ;

-la méthode de reconstitution du bénéfice réalisé par la SARL AMT Consultant au titre de l'année 2012 est radicalement viciée en ce qu'elle retient un taux de charges insuffisant ;

-l'administration devait mettre en œuvre la procédure de désignation des bénéficiaires prévue à l'article 117 du code général des impôts ;

-elle n'a pas établi l'existence d'un accroissement de leur patrimoine ou de leur enrichissement ;

-les sommes reçues correspondent à des créances sur la SARL AMT Consultant de la SARL AMT Développement, que celle-ci leur a cédées ;

-le service n'a pas démontré que M. A B était le seul maître de l'affaire ;

-les sommes regardées comme des avantages occultes perçus au titre des années 2013 et 2014 correspondent à des remboursements d'indemnités kilométriques, des remboursements de frais de mission et des frais d'avocat avancés par M. A B, et au paiement de créances sur la SARL AMT Consultant qui lui ont été cédées par la société AMT Développement ;

-ils sont fondés à demander la déduction de charges locatives qu'ils ont supportées pour la société ;

-l'administration fiscale, qui supporte la charge de la preuve, n'établit pas la distribution de revenus au titre de l'année 2015 ; les chèques et virements qu'ils ont reçus correspondent à une cession de créance détenue par la société AMT Développement sur la SARL AMT Consultant ;

-les rectifications n'étant pas justifiées, les intérêts de retard ne sont pas dus ;

-la majoration de 40 % pour manquement délibéré n'est pas justifiée dès lors que l'administration n'établit ni le manquement, ni leur intention d'éluder l'impôt.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Le ministre fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 4 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 21VE03327, les 10 décembre 2021 et 2 août 2022, la SARL AMT Consultant demande à la cour :

1°) d'annuler le même jugement ;

2°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercice clos 2012, 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 août 2015 ;

3°) subsidiairement, de prononcer la réduction de ces impositions en admettant un taux de charges de 92 % ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la méthode de reconstitution de ses recettes est radicalement viciée ;

-à titre subsidiaire, un taux de charges de 92 % devrait être admis ;

-elle est fondée à se prévaloir de la doctrine énoncée aux paragraphes 210, 240 et 250 de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-50-20 ;

-la majoration de 100 % pour opposition à contrôle fiscal n'est pas justifiée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Le ministre fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 4 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

-le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Dorion,

-et les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) AMT Consultant, dont M. A B est associé unique et gérant, exerce une activité de services aux entreprises, conseil en affaires, négoce et import-export. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 janvier 2014, étendue au 31 août 2015 en matière de taxe sur la valeur ajoutée, à l'issue de laquelle des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis à sa charge au titre des trois exercices vérifiés et de la période du 1er janvier au 31 août 2015. Le rehaussement du résultat imposable de la SARL AMT Consultant ayant été regardé comme distribué à son gérant, le service vérificateur en a tiré les conséquences sur l'imposition sur le revenu du foyer fiscal de M. A B, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, au titre de l'année 2012. Dans le cadre du contrôle sur pièces, des rectifications d'imposition ont également été proposées à M. et Mme A B au titre des années 2013 et 2014, à raison d'avantages occultes, de gains de cession de valeurs mobilières et de revenus fonciers, et, au titre de l'année 2015, de revenus distribués. Par trois requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul arrêt dès lors qu'elles tendent à l'annulation du même jugement et présentent entre elles de ce fait un lien suffisant, la SARL AMT Consultant et M. et Mme A B relèvent appel du jugement du 12 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes de décharge de ces suppléments d'impositions.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée ". La proposition de rectification prévue pas ces dispositions est suffisamment motivée dès lors qu'elle comporte la désignation de l'impôt concerné, l'année d'imposition et la base d'imposition, et énonce les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations.

3. La proposition de rectification du 6 octobre 2016 adressée à M. et Mme A B mentionne les impositions concernées, l'année d'imposition 2015, le fondement légal de l'imposition des revenus distribués dans la catégorie de revenus de capitaux mobiliers, et recense dans un tableau la liste des chèques et virements émis par la SARL AMT Consultant au bénéfice de M. A B. Elle est, ainsi, suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé de demander que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Cette obligation ne s'impose à l'administration que pour les seuls renseignements effectivement utilisés pour fonder les rectifications.

5. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 6 octobre 2016 adressée à M. et Mme A B au titre de leurs revenus de l'année 2015 liste les chèques et virements obtenus dans le cadre de la vérification de la comptabilité de la SARL AMT Consultant, qui fondent la rectification, et renvoie à la proposition de rectification adressée à cette société, annexée en copie. La proposition de rectification 3924 adressée le 14 mars 2016 à la SARL AMT Consultant ainsi annexée précise les conditions d'exercice du droit de communication auprès des deux établissements bancaires gestionnaires de ses comptes bancaires. Dans ces conditions, les éléments d'information fournis à M. et Mme A B étant suffisants pour leur permettre de demander communication des documents obtenus de tiers sur lesquels le service s'est fondé pour établir les rectifications, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales doit être écarté.

6. En troisième lieu, aucune règle de procédure ou de fond ne fait obligation à l'administration, pour imposer entre les mains du bénéficiaire le revenu retiré d'un avantage occulte, de procéder préalablement à la vérification de comptabilité de la société distributrice.

7. En dernier lieu, les requérants soulèvent un moyen d'irrégularité de la procédure de détermination des bases de liquidation, en ce que la méthode de détermination du résultat imposable de la SARL AMT Consultant serait radicalement viciée. Ce moyen, qui relève de l'appréciation du bien-fondé des impositions, est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de la SARL AMT Consultant :

8. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". En vertu de ces dispositions, il appartient à la SARL AMT Consultant, dont les bases d'imposition ont été évaluées d'office et qui ne conteste pas le recours à la procédure d'opposition à contrôle fiscal prévue à l'article L. 74 du livre des procédures fiscales, d'apporter la preuve de l'exagération des impositions mises à sa charge.

9. La SARL AMT Consultant soutient que la méthode de reconstitution de ses recettes employée par l'administration fiscale pour déterminer son résultat imposable est radicalement viciée. Cependant, sa critique porte en réalité sur le taux de charges retenu en déduction de son chiffre d'affaires. A défaut de présentation de la comptabilité, les recettes de la SARL AMT Consultants ont été reconstituées par les encaissements bancaires au vu des relevés bancaires et copies de chèques obtenus dans le cadre de l'exercice par l'administration de son droit de communication et, en l'absence de pièces comptables, notamment de justificatifs des dépenses, le service a admis au titre du réalisme économique un taux forfaitaire de charges de 34 %, correspondant au taux de charges moyen sur deux exercices de trois entreprises du même secteur situées à proximité, compris entre 28 % et 48 %, soit un taux moyen de 31,8 %, ramené au taux de l'abattement forfaitaire pour charges applicable aux activités relevant du régime spécial du micro-BNC, de 34 %. Pour retenir ce taux, le service a notamment pris en compte les déclarations du gérant, M. A B, qui a indiqué, d'une part, ne pas avoir de salarié et, d'autre part, que ses charges étaient constituées essentiellement de frais de déplacement et de restauration.

10. La société requérante, qui ne conteste pas le recours à une méthode forfaitaire d'évaluation de ses charges, fait valoir que ce taux est insuffisant et devrait être porté à 92 %, par référence à un panel de quatre entreprises exerçant leur activité dans le même département. Cependant, alors que la charge de la preuve lui incombe, les documents qu'elle produit, à savoir des tableaux récapitulatifs de frais établis par ses soins, des facturettes et tickets de caisse pour la plupart illisibles portant sur des frais de bouche et de fleurs, dont le lien avec l'activité n'est pas démontré, des factures de la société de droit luxembourgeois AMT Développement, dont le dirigeant est M. A B, pour des montants très importants, dont la réalité des prestations " de support et de négociation " que cette société aurait réalisées pour la SARL AMT Consultant n'est pas établie, et des bilans établis a posteriori, ne permettent pas de justifier de ce que les charges qu'elle a effectivement supportées au cours de la période contrôlée seraient supérieures à celles admises par le service vérificateur. En outre, alors que l'administration a choisi des entreprises de la même commune ou d'une commune limitrophe, la société AMT Consultant a retenu des comparables dans tout le département des Yvelines, qui sont peu pertinents au regard du chiffre d'affaires et du nombre de salariés. Enfin, la SARL AMT Consultant ne se prévaut pas utilement des paragraphes 210, 240 et 250 de la doctrine référencée BOI-CF-IOR-50-20, qui concerne la procédure de contrôle et ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale. Par suite, le moyen tiré de ce que la méthode de reconstitution des recettes serait radicalement viciée ne peut qu'être écarté. La SARL AMT Consultant n'est pas davantage fondée à demander, à titre subsidiaire, que son imposition soit réduite à proportion de l'admission d'un taux de charges de 92 %.

En ce qui concerne les suppléments d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à la charge de M. et Mme A B au titre de l'année 2012 :

11. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. () ".

S'agissant de la charge de la preuve :

12. Aux termes de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales : " A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre () à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification. " Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. () ". Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / () "

13. Il ne résulte pas de l'instruction que M. et Mme A B aient demandé, dans le délai imparti de trente jours, la prorogation du délai de réponse à la proposition de rectification du 15 décembre 2015, reçue le 18 décembre 2015. La prorogation de ce délai n'étant pas de droit, les observations présentées par les contribuables le 12 février 2016 étaient tardives. Par suite, M. et Mme A B supportent la charge de la preuve d'établir le caractère exagéré des impositions mises à leur charge au titre de l'année 2012, tant en ce qui concerne l'appréhension des sommes réputées distribuées par la SARL AMT Consultant, que le montant de la distribution.

S'agissant de la méthode de reconstitution du résultat de la SARL AMT Consultant :

14. Ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent arrêt, en se bornant à soutenir que le taux forfaitaire de charges retenu par l'administration est insuffisant, à opposer d'autres comparables et à produire des documents qui ne sont pas de nature à établir la réalité des charges sociales, les requérants ne justifient pas que la SARL AMT Consultant a supporté un montant de charges supérieur à celui admis par le service. Pour les mêmes motifs, M. et Mme A B ne sont pas fondés à demander, à titre subsidiaire, la réduction des impositions mises à leur charge au titre de l'année 2012 à hauteur de l'admission d'un taux de charges de 92 %. Si les requérants soutiennent que les sommes en cause correspondent aux loyers perçus pour la location d'une partie de leur habitation, à des salaires et au paiement du paiement d'une créance, ils n'établissent ni la réalité de ces charges, ni que leur montant serait supérieur au taux forfaitaire admis par le service.

S'agissant de l'appréhension par M. A B des sommes réputées distribuées :

15. En premier lieu, la SARL AMT Consultant a réalisé un bénéfice non déclaré, qui n'a pas été mis en réserve, ni incorporé au capital. Les sommes ainsi désinvesties de l'entreprise doivent être regardées comme ayant été distribuées et, par suite, constitutives d'un revenu appréhendé par leur bénéficiaire, imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

16. En second lieu, en se bornant à soutenir que l'administration n'a pas démontré qu'il était le seul maître de l'affaire, les requérants n'apportent pas la preuve, qui leur incombe, de ce que M. A B, associé unique et gérant de la SARL AMT Consultant, n'en était pas le seul maître de l'affaire. L'administration fiscale, qui n'était pas tenue de mettre en œuvre la procédure de désignation des bénéficiaires prévue par l'article 117 du code général des impôts, établit ainsi l'appréhension par M. A B du bénéfice réputé distribué au titre de l'année 2012, alors même que l'accroissement de son patrimoine ou son enrichissement personnel n'aurait pas été constaté.

En ce qui concerne les suppléments d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à la charge de M. et Mme A B au titre des années 2013 et 2014 :

S'agissant des revenus de capitaux mobiliers :

17. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Les rectifications ayant été établies selon la procédure contradictoire et les impositions ayant été contestées, il appartient à l'administration d'apporter la preuve de l'existence et du montant des revenus distribués, ainsi que de l'appréhension des distributions.

18. L'administration a établi que des chèques et virements avaient été émis par la SARL AMT Consultant au profit de M. A B, pour un montant total de 49 500 euros en 2013 et de 100 500 euros en 2014. A défaut de justification du motif de versement de ces sommes, elle a ainsi apporté la preuve qui lui incombe des avantages occultes dont M. A B a bénéficié. Si celui-ci soutient que ces versements correspondent à des remboursements d'indemnités kilométriques pour 6 306 euros en 2013 et 6 343 euros en 2014, à des remboursements de frais de mission avancés pour un montant de 8 619 euros en 2013 et 8 772 euros en 2014, au remboursement de 1 500 euros de frais d'avocat en 2013, et au paiement de créances qui lui étaient dues par la société AMT Développement par le biais d'une cession de créance que cette société détenait sur la SARL AMT Consultant, les tickets et facturettes, les tableaux récapitulatifs reconstitués par l'intéressé, les factures de la société luxembourgeoise AMT Développement dont il n'est pas justifié de la réalité des prestations et le tableau d'analyse de la facturation entre les deux sociétés AMT produits pour en justifier, ne permettent pas de tenir ces allégations pour établies.

S'agissant des revenus fonciers :

19. Aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. "

20. M. et Mme A B soutiennent qu'ils ont loué 20 % de leur habitation personnelle à la SARL AMT Consultant qui y dispose d'un bureau et demandent que soient admis en déduction, dans la même proportion, leurs frais de taxe foncière, de redevance d'ordures ménagères, de gaz, d'électricité, de ménage et de jardinier, pour des montants de 3 077 euros au titre de l'année 2013 et de 3 489 euros au titre de l'année 2014. Toutefois, leur contestation sur ce point ne peut être accueillie dès lors qu'ils ne produisent aucun justificatif de ce bail, des charges qu'ils ont supportées et de leur déductibilité de leurs revenus fonciers.

En ce qui concerne les suppléments d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à la charge de M. et Mme A B au titre de l'année 2015 :

21. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ". Pour soumettre à l'impôt sur le revenu des revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts. La circonstance que le contribuable que l'administration entend imposer est le maître de l'affaire est à cet égard sans incidence. Les sommes mises à disposition des associés non prélevées sur les bénéfices ont, sauf preuve contraire apportée par les associés, le caractère de revenus distribués, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

22. A l'occasion de la vérification de la comptabilité de la SARL AMT Consultant, étendue à la période du 1er janvier au 31 août 2015 en matière de taxe sur la valeur ajoutée, le service a constaté sur les relevés bancaires de la société que M. A B avait bénéficié au cours de cette période de virements et de chèques pour un montant total de 147 500 euros, dont 8 000 euros de salaires déclarés et 20 000 euros de revenus fonciers correspondant à l'occupation d'une partie de son habitation. Le service vérificateur a ainsi établi que la somme de 119 500 euros avait été mise à la disposition de M. A B et constituait un revenu distribué, sans qu'il soit besoin de le regarder comme le maître de l'affaire, ni de procéder à la vérification du résultat fiscal de la SARL AMT Consultant ou de mettre en œuvre la procédure de désignation du bénéficiaire des distributions prévue à l'article 117 du code général des impôts. Si M. A B fait valoir que ces paiements correspondent à une créance sur la SARL AMT Consultant de la société AMT Développement que celle-ci lui aurait cédée, il n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de ces allégations, alors qu'il n'est aucunement justifié de la réalité des prestations fournies par la société de droit luxembourgeois AMT Développement à la SARL AMT Consultant, de la créance qui aurait été détenue par M. A B sur la société AMT Développement, ni de la cession à l'intéressé de la créance qui aurait été détenue par la société AMT Développement sur la SARL AMT Consultant.

Sur les intérêts de retard :

23. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard () ".

24. M. et Mme A B ne sont pas fondés à demander la décharge des intérêts de retard par voie de conséquence de la décharge des suppléments d'imposition auxquels ils ont été assujettis.

Sur les pénalités :

En ce qui concerne la majoration de 100 % des cotisations d'impôt sur les sociétés mises à la charge de la SARL AMT Consultant :

25. Aux termes de l'article 1732 du code général des impôts : " La mise en œuvre de la procédure d'évaluation d'office prévue à l'article L. 74 du livre des procédures fiscales entraîne : / a. L'application d'une majoration de 100 % aux droits rappelés ou aux créances de nature fiscale qui doivent être restituées à l'Etat / () ".

26. La SARL AMT Consultant ne conteste pas qu'ainsi que l'a relevé le tribunal, son gérant a demandé le report de la première intervention sur place et annulé la veille deux des cinq interventions programmées entre le 23 octobre 2015 et le 10 décembre 2015, qu'il ne s'est pas présenté, malgré plusieurs courriels et messages laissés sur son répondeur téléphonique, au rendez-vous programmé le 5 janvier 2016, que, malgré une première mise en garde pour opposition à contrôle fiscal adressée le 5 janvier 2016 par lettre simple et lettre recommandée avec accusé de réception fixant une nouvelle date d'intervention au 22 janvier 2016, personne ne s'est présenté à ce nouveau rendez-vous, comme au rendez-vous suivant fixé le 12 février 2016, malgré une nouvelle lettre de mise en garde pour opposition à contrôle fiscal, avant qu'un procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal soit dressé par le vérificateur le 12 février 2016. Si la société fait valoir qu'elle a effectué toutes les démarches nécessaires pour produire des documents comptables, elle n'a remis au service que des relevés bancaires, des factures de prestations et des éléments juridiques. L'opposition au contrôle est ainsi caractérisée et la majoration de 100 % des droits rappelés justifiée.

En ce qui concerne la majoration de 40 % pour manquement délibéré des cotisations d'impôts sur le revenu et prélèvements sociaux mis à la charge de M. et Mme A B :

27. Aux termes de 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".

28. M. A B, associé unique et gérant de la SARL AMT Consultant, a bénéficié du résultat non déclaré de la société en 2012 et de prélèvements sur ses comptes bancaires au cours des années 2013 à 2015, pour des montants s'élevant à 234 300 euros en 2012, 49 500 euros en 2013, 100 500 euros en 2014 et 147 500 euros en 2015, dont il ne pouvait ignorer qu'ils constituaient pour son foyer fiscal des revenus imposables à l'impôt sur le revenu et qu'il n'a pas déclarés. Dans ces conditions, l'administration fiscale établit la volonté délibérée d'éluder l'impôt.

29. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL AMT Consultant et M. et Mme A B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes. Les requêtes doivent par suite être rejetées, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes de la SARL AMT Consultant et de M. et Mme A B sont rejetées.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL AMT Consultant, à M. et Mme C et D A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Versol, présidente de chambre,

Mme Dorion, présidente-assesseure,

M. Tar, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 octobre 2023.

La rapporteure,

O. DORION La présidente,

F. VERSOLLa greffière,

S. LOUISERE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 21VE03290, 21VE03315, 21VE03327

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions