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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE03331

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE03331

jeudi 24 novembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE03331
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantCARROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté pris le 29 juillet 2021 par la préfète d'Indre-et-Loire en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français.

Par un jugement n° 2103054 du 10 novembre 2021, le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2021, M. B, représenté par Me Carroger, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le premier juge a commis une erreur de fait ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B est un ressortissant guinéen né le 3 mai 2003 à Beyla, qui a déclaré être entré en France en 2019. Par un arrêté du 29 juillet 2021, la préfète d'Indre-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Le requérant relève appel du jugement du 10 novembre 2021par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français.

Sur la régularité du jugement :

3. Hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. B ne peut donc utilement se prévaloir d'une erreur de fait qu'aurait commise le premier juge en estimant qu'il ne disposait pas d'attache en France, pour demander l'annulation du jugement attaqué.

Sur le bien-fondé du jugement :

4. Le moyen tiré de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle du requérant, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel le requérant ne fait état d'aucun moyen nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés au point 3 du jugement attaqué.

5. Le requérant, célibataire et sans charge de famille en France où il ne fait état d'aucune intégration sociale ni professionnelle particulière, n'est pas fondé à se prévaloir, sans en justifier, de ses relations avec sa demi-sœur, ni à affirmer sans l'établir qu'il ne disposerait plus d'attaches en Guinée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la préfète d'Indre-et-Loire.

Fait à Versailles, le 24 novembre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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