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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00213

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00213

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00213
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP RAFFIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société Xerox Financial Services a demandé au tribunal administratif de Versailles de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Les Oiseaux à lui verser la somme de 174 246,23 euros ou, à défaut, celle de 144 748,80 euros au titre des loyers impayés de deux contrats de location de photocopieurs, ces sommes étant assorties des intérêts légaux, de condamner l'EHPAD Les Oiseaux au paiement des pénalités de retard à compter de l'échéance de chaque facture, au taux de trois fois le taux d'intérêt légal, de condamner l'Ehpad à lui verser une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros par facture et une somme de 300 euros pour frais de dossier.

Par un jugement no 1903915 du 2 décembre 2021, le tribunal administratif de Versailles a condamné l'EHPAD Les Oiseaux à verser à la société Xerox Financial Services la somme de 165 413,76 euros TTC au titre des loyers impayés, les factures impayées étant assorties du versement des intérêts contractuels, et la somme de 680 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement et a rejeté le surplus des conclusions de la demande et les conclusions reconventionnelles présentées par l'EHPAD Les Oiseaux.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2022, l'EHPAD Les Oiseaux représenté par Me Lapisardi, avocate, demande à la cour :

1°)d'annuler ce jugement ;

2°)à titre principal, de rejeter les conclusions présentées par la société Xerox Financial Services sur un fondement contractuel et de la condamner à lui verser la somme de 205 297,24 euros TTC ;

3°)à titre subsidiaire, de rejeter les conclusions présentées par la société Xerox Financial Services sur un fondement contractuel ;

4°)de mettre à la charge de la société Xerox Financial Services la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-le tribunal administratif a commis une erreur de droit en faisant application d'un contrat nul ;

-il a retenu une conception extensive de la loyauté des relations contractuelles en la faisant prévaloir sur les graves irrégularités entachant les contrats ;

-le contrat de 2014 était dépourvu de cause ; les deux contrats de 2013 et 2014 ont été conclus entre les mêmes parties, pour la même durée, selon le même contrat-type ; ils concernaient des photocopieurs similaires ; le contrat de 2014 a été signé alors que celui de 2013 était toujours en cours d'exécution ;

-les contrats ont été signés en méconnaissance des règles de publicité et de mise en concurrence ; la société Xerox en avait parfaitement connaissance, l'article 14 des conditions générales de location faisant référence au code des marchés publics ;

-la clause de prix des contrats constitue une libéralité illicite au profit de la société Xerox qui entache de nullité ces contrats ; les prix pratiqués sont décorrélés de toute réalité économique ; cette clause de prix entraîne la nullité des contrats dès lors qu'elle n'est pas divisible de ces contrats ;

-la société Xerox a volontairement vicié le consentement de l'exposant ; elle a commis des manœuvres dolosives en louant des matériels à des prix quatorze fois supérieurs à leur valeur réelle ; le contrat a été signé à la suite d'une action de démarchage de la société Xerox alors que l'exposant n'avait pas défini ses besoins et n'a pu vérifier les prix pratiqués par la concurrence pour des modèles similaires ; il n'a pas pu apprécier la portée de son engagement ; il n'a pas eu communication des conditions générales de location avant la signature des bons de commande ; il existe trois types de conditions générales sans qu'il soit possible de déterminer à quelles conditions de location correspond chaque contrat ; les conditions générales de location n'ont été ni signées, ni paraphées ; les clauses contractuelles étaient, en tout état de cause, illisibles ;

-les deux contrats présentent un caractère rétroactif ; ils ont prévu une date d'effet antérieure à la notification de l'exemplaire du contrat à l'exposant pour le premier ou à la signature du contrat pour le second ;

-plusieurs clauses sont irrégulières, en particulier la clause de tacite reconduction, la clause de cession de contrat, la clause imposant la conclusion d'un contrat de maintenance avec un distributeur agréé Xerox, la clause indemnitaire de résiliation et la clause de révision des prix ;

-la société Xerox doit être condamnée sur un fondement quasi-délictuel ou au titre de l'enrichissement sans cause à lui verser la somme de 205 297,24 euros TTC correspondant au montant des loyers payés moins la valeur réelle du matériel ;

-en tout état de cause, même si les contrats ne sont pas nuls, un des loyers de 18 957,47 euros TTC n'est pas dû et le calcul des loyers impayés est erroné, ceux-ci représentant au maximum la somme de 144 748,80 euros TTC ;

-la société Xerox a demandé deux fois l'application d'intérêts de retard ;

-le calcul et le montant des intérêts de retard et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ne sont pas détaillés ; la date de réception des factures n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, la société Xerox Financial Services, représentée par Me de Cosnac, avocat, demande à la cour :

1°)de rejeter la requête ;

2°)de mettre la somme de 4 000 euros à la charge de l'EHPAD Les Oiseaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des marchés publics ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Camenen,

-les conclusions de Mme Janicot, rapporteure publique,

-et les observations de Me Delavay, pour l'EHPAD Les Oiseaux.

Considérant ce qui suit :

1. L'EHPAD Les Oiseaux relève appel du jugement du 2 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles l'a condamné à verser à la société Xerox Financial Services la somme totale de 165 413,76 euros TTC au titre des loyers échus et impayés des deux contrats de location de photocopieurs conclus entre eux en 2013 et 2014, les factures impayées étant assorties du versement des intérêts contractuels et la somme de 680 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement, et a rejeté ses conclusions reconventionnelles tendant à la condamnation de cette société à lui verser une indemnité de 205 297,24 euros.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. Le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait entaché d'erreur de droit au motif que le tribunal administratif a fait une application erronée du principe de loyauté des relations contractuelles et que plusieurs irrégularités graves auraient dû le conduire à écarter l'application des contrats, qui concerne le bien-fondé du jugement attaqué, est sans incidence sur sa régularité. Il doit, par suite, être écarté.

Au fond :

En qui concerne la nullité des contrats :

3. Lorsqu'une partie à un contrat administratif soumet au juge un litige relatif à l'exécution du contrat qui les lie, il incombe en principe à celui-ci, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, de faire application du contrat. Toutefois, dans le cas seulement où il constate une irrégularité invoquée par une partie ou relevée d'office par lui, tenant au caractère illicite du contenu du contrat ou à un vice d'une particulière gravité relatif notamment aux conditions dans lesquelles les parties ont donné leur consentement, il doit écarter le contrat et ne peut régler le litige sur le terrain contractuel. Ainsi, lorsque le juge est saisi d'un litige relatif à l'exécution d'un contrat, les parties à ce contrat ne peuvent, en principe, invoquer un manquement aux règles de passation, ni le juge le relever d'office, aux fins d'écarter le contrat pour le règlement du litige. Par exception, il en va toutefois autrement lorsque, eu égard, d'une part, à la gravité de l'illégalité et, d'autre part, aux circonstances dans lesquelles elle a été commise, le litige ne peut être réglé sur le fondement de ce contrat.

4. En premier lieu, une convention peut être déclarée nulle lorsqu'elle est dépourvue de cause ou qu'elle est fondée sur une cause qui, en raison de l'objet de cette convention ou du but poursuivi par les parties, présente un caractère illicite.

5. En l'espèce, l'EHPAD Les Oiseaux soutient que le contrat litigieux conclu avec la société Xerox en 2014 est dépourvu de cause dès lors que l'établissement avait déjà conclu avec cette même société un contrat de même durée pour des fournitures similaires en 2013, le premier contrat n'étant pas encore achevé et le second contrat ne se substituant pas au premier. Toutefois, si les deux contrats de location de 2013 et 2014 ont été conclus pour la même durée de 21 trimestres, celui de 2014 visait un autre modèle de photocopieurs que ceux faisant l'objet du contrat conclu en 2013 et comportait un loyer inférieur. En outre, ce contrat conclu en 2014 a été régulièrement exécuté par l'EHPAD Les Oiseaux pendant plus de cinq ans jusqu'à son terme, ce dernier ayant seulement demandé à la société Xerox de récupérer le matériel au plus vite à l'issue du contrat dans un courrier du 28 mars 2019. Il n'est pas établi qu'il n'était pas fondé sur un besoin réel de l'acheteur. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de cause du contrat conclu en avril 2014 doit être écarté.

6. En deuxième lieu, l'EHPAD Les Oiseaux soutient que les contrats de location litigieux comportent une libéralité illicite de nature à entraîner leur annulation. Il se prévaut, au soutien de ce moyen, d'un rapport sur les conditions financières de location de photocopieurs par l'EHPAD Les Oiseaux établi à sa demande le 20 juillet 2020 et fait valoir que le montant des loyers était supérieur à 5 ou 10 fois leur coût réel et que le montant d'un seul loyer trimestriel permettait de rembourser le prix d'achat du matériel ainsi que le coût réel de location pour l'un des matériels loués. Toutefois, il résulte de l'instruction que le loyer payé par l'EHPAD Les Oiseaux incluait non seulement la location mais aussi la maintenance du matériel ainsi que la fourniture de consommables. Dès lors, les comparaisons figurant dans le rapport précité entre le montant du forfait de location-maintenance facturé à l'EHPAD Les Oiseaux et le prix moyen d'achat de matériels comparables à ceux faisant l'objet des contrats litigieux ou le prix de location sans maintenance et consommables, ne sont pas suffisantes pour établir que ce forfait était excessif par rapport aux contreparties reçues par l'établissement en exécution de ces contrats. D'ailleurs, il est constant que ce dernier a acquitté les factures y afférentes pendant plusieurs années et que les contrats sont parvenus à leur terme sans que l'établissement n'invoque le caractère excessif des forfaits pratiqués par la société Xerox. Par suite, l'EHPAD Les Oiseaux n'est pas fondé à soutenir que les contrats de location litigieux comportent une libéralité illicite en faveur de son cocontractant.

7. En troisième lieu, l'EHPAD Les Oiseaux soutient également que la société Xerox a volontairement vicié son consentement lors de la signature des contrats litigieux, celle-ci ayant commis des manœuvres dolosives pour lui louer des matériels à un prix manifestement excessif et ayant effectué une action de démarchage qui ne lui a pas permis de faire des comparaisons et d'apprécier la portée de son engagement. Toutefois, il résulte de ce qui précède que la société Xerox ne peut être regardée comme ayant loué du matériel à l'EHPAD Les Oiseaux pour un prix excessif caractérisant l'existence d'une libéralité. En outre, si la société Xerox a effectué un démarchage commercial auprès de l'EHPAD Les Oiseaux et lui a fait souscrire des contrats conformes à un modèle type sans s'assurer du respect des règles de publicité et de mise en concurrence applicables, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle se serait livrée à des manœuvres dolosives pour obtenir leur signature malgré les conditions financières particulièrement désavantageuses qu'ils impliquaient pour l'établissement. En particulier, il n'est pas établi que les actions de démarchage entreprises par la société Xerox ont placé l'établissement dans l'impossibilité de définir préalablement ses besoins et d'effectuer des comparaisons avec des offres concurrentes comparables. D'ailleurs, plusieurs mois se sont écoulés entre la signature des trois bons de commande litigieux. Il n'est pas établi que l'établissement n'a pas eu communication des conditions générales de location-maintenance avant la signature des contrats. D'ailleurs, il résulte des termes mêmes des bons de commande figurant au dossier que l'EHPAD Les Oiseaux a accepté les conditions générales de location-maintenance proposées par la société Xerox en signant la première page de chacun des trois bons de commande qui mentionnaient notamment que " le client reconnaît expressément par la signature du présent bon de commande avoir reçu, pris connaissance et accepté le " contrat " composé du bon de commande et de ses annexes, des conditions générales de location-maintenance Xerox Financial Services figurant au verso, ainsi que des conditions générales d'exécution de la maintenance Xerox, de la licence Xerox et de la notice d'information d'assurance () ". Au demeurant, les conditions générales de location-maintenance ont été paraphées par l'établissement. Dans ces conditions, alors même que chacun des trois bons de commande comportait une version différente de ces conditions générales, le signataire ne pouvait en ignorer le contenu et la portée, chaque version indiquant précisément les dates à compter desquelles elles étaient applicables. Par suite, le moyen tiré de ce que le consentement de l'EHPAD Les Oiseaux aurait été volontairement vicié par la société Xerox manque en fait et doit être écarté.

8. En quatrième lieu, l'EHPAD Les Oiseaux fait valoir que les contrats ont pris effet antérieurement à leur signature ou à leur notification, ceux-ci étant ainsi entachés de rétroactivité illégale. Toutefois, cette rétroactivité n'entraîne pas la nullité de ces contrats mais conduit seulement le juge, le cas échéant, à reporter la date d'effet des contrats litigieux lors de leur signature.

9. Enfin, à l'appui de sa requête, l'EHPAD Les Oiseaux soutient que les contrats litigieux comportaient plusieurs clauses illicites, en particulier une clause de tacite reconduction illimitée, une clause de cession de contrat au profit du bailleur, une clause imposant la conclusion d'un contrat de maintenance, une clause de résiliation comportant une indemnisation disproportionnée et une clause de révision insuffisamment précise.

10. Toutefois, d'une part, il résulte des stipulations des conditions générales de location que la révision du prix a été fixée à 1,9 % par an par rapport au prix initial de chacun des contrats. Ainsi, l'EHPAD Les Oiseaux n'est pas fondé à soutenir que la clause de révision des prix serait illicite au motif qu'elle ne comporterait pas la date d'établissement du prix initial, la périodicité de la mise en œuvre de la révision et ses modalités de calcul. En outre, il n'est pas établi que l'établissement aurait été contraint de souscrire des contrats de maintenance avec une société du groupe Xerox et que sa liberté contractuelle aurait été limitée.

11. D'autre part, en cas de divisibilité de clauses illicites d'un contrat, le juge peut régler le litige dans le cadre contractuel en écartant l'application de ces seules clauses. Ainsi, à supposer même que les contrats litigieux comportaient effectivement des clauses illicites de tacite reconduction, de cession de contrat ou de résiliation dans leurs articles 13, 14 et 16, celles-ci n'affectent pas l'économie générale de ces contrats, sont divisibles de ceux-ci et peuvent être écartées. Par suite, l'illégalité de ces clauses n'entraîne pas la nullité de ces contrats.

En qui concerne le calcul des loyers impayés :

12. En premier lieu, l'EHPAD Les Oiseaux soutient, sans être contesté, que la facture n° 2838347 du 5 février 2019 établie par la société Xerox pour la période comprise entre 20 février 2019 et le 19 mai 2019 n'est pas due, cette période étant postérieure à l'échéance du contrat n° 14683 conclu le 30 octobre 2013. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce contrat d'une durée de 63 mois qui a pris effet à la date de livraison du matériel, le 7 janvier 2014, et non dès sa signature, ainsi qu'il résulte de l'article 7.2 des conditions générales du contrat, a pris fin le 7 avril 2019 et non le 30 janvier 2019. Par suite, les loyers sont dus pour la période du 20 février 2019 au 7 avril 2019, soit pendant 47 jours pour un montant de 10 125 euros. L'EHPAD ayant déjà été déchargé par le jugement attaqué du surplus du montant mis à sa charge par cette facture, à hauteur de la somme de 8 832,45 euros, n'est pas fondé à solliciter une décharge supplémentaire à cet égard.

13. En second lieu, il résulte des stipulations des articles Fin 07 et 6.2 des contrats en litige que les prix sont révisés annuellement à hauteur de 1,9 % par rapport au prix initial des contrats. Par suite, l'EHPAD Les Oiseaux n'est pas fondé à soutenir que le montant des loyers échus et non payés serait erroné en se fondant sur les prix initiaux et non révisés des contrats litigieux.

En qui concerne l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement et les intérêts moratoires :

14. En premier lieu, la société Xerox a suffisamment détaillé ses conclusions au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement en sollicitant le versement d'une somme de 40 euros par facture impayée. Elle a également suffisamment détaillé ses conclusions au titre des intérêts de retard en sollicitant leur versement à compter de l'échéance de chaque facture, au taux de trois fois le taux d'intérêt légal jusqu'à parfait règlement.

15. En deuxième lieu, si la société Xerox a sollicité tout à la fois le versement d'intérêts de retard au taux légal et au taux contractuel sur les factures impayées, cette circonstance est par elle-même sans incidence sur le bien-fondé des sommes qu'elle réclame à ce titre. Ces intérêts ne pouvant se cumuler, il revient seulement au juge du contrat de déterminer dans ce cas s'il y a lieu d'appliquer les intérêts légaux ou les intérêts contractuels. En l'espèce, il y a lieu de retenir les intérêts contractuels qui représentent trois fois le taux d'intérêt légal.

16. Enfin, si l'EHPAD Les Oiseaux soutient qu'aucun élément ne permet d'établir la date à laquelle l'établissement a reçu les factures de la société Xerox, les contrats stipulent dans leurs articles Fin 06 et 6.5 et que " tout retard ou défaut de paiement même partiel du prix ou de l'un de ses composants entraîne, de plein droit et sans qu'une mise en demeure ne soit nécessaire, la perception par XFS d'intérêts de retard " et que " ces intérêts sont calculés sur le montant de l'impayé du jour de son échéance ou jour du règlement au taux d'intérêt minimal fixé par la loi, soit, depuis le 1er janvier 2009, trois fois le taux d'intérêt légal en vigueur ". Ainsi, comme l'a jugé le tribunal administratif, la société Xerox étant fondée à demander la condamnation de l'EHPAD Les Oiseaux à lui verser les intérêts de retard, pour chaque facture, du jour de sa date d'échéance jusqu'à son règlement, au taux de trois fois le taux d'intérêt légal en vigueur, ce moyen doit être écarté.

En qui concerne les conclusions indemnitaires de l'EHPAD Les Oiseaux :

17. L'EHPAD Les Oiseaux sollicite la condamnation de la société Xerox, sur un fondement quasi-délictuel ou quasi-contractuel, à lui verser la somme de 205 297,24 euros TTC correspondant au montant des loyers qu'elle a acquittés moins la valeur réelle du matériel loué. Toutefois, dès lors que les contrats conclus entre la société Xerox et l'EHPAD Les Oiseaux ne peuvent être écartés comme nuls, ces conclusions présentées sur un fondement quasi-délictuel ou quasi-contractuel ne peuvent qu'être rejetées.

18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'EHPAD Les Oiseaux n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise l'a condamné à verser à la société Xerox la somme totale de 165 413,76 euros TTC au titre des loyers impayés, les factures impayées étant assorties du versement des intérêts contractuels, et la somme de 680 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement

Sur les frais liés à l'instance :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Xerox, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés par l'EHPAD Les Oiseaux et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions de même nature présentées par la société Xerox.

DECIDE :

Article 1er : La requête de l'EHPAD Les Oiseaux est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société Xerox Financial Services au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Les Oiseaux et à la société Xerox Financial Services.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,

M. Camenen, président assesseur,

Mme Florent, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

Le rapporteur,

G. CamenenLa présidente,

C. Signerin-Icre

La greffière,

T. René-Louis-ArthurLa République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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