jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00241 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL AXONE DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'établissement public Voies navigables de France (VNF), représenté par son directeur territorial bassin de la Seine, a déféré au tribunal administratif de Cergy-Pontoise comme prévenus d'une contravention de grande voirie, MM. A et De Magnienville, et a demandé à ce même tribunal :
1° de condamner MM. A et De Magnienville au paiement d'une amende de 150 euros en application de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques ;
2° d'enjoindre à MM. A et De Magnienville de libérer le domaine public fluvial, dans un délai de quinze jours à compter la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou à défaut, de l'autoriser à procéder d'office à l'enlèvement de ce bateau ;
3° de condamner MM. A et De Magnienville au paiement d'une somme de
250 euros au titre des frais d'établissement du procès-verbal et de sa notification, ainsi qu'aux frais de notification du jugement par huissier, sur le fondement des articles L. 761-1 et
R. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1804983 du 25 juin 2020, le tribunal administratif a condamné MM. A et De Magnienville à payer respectivement une amende de 75 euros, leur a enjoint de procéder dans un délai d'un mois à l'enlèvement de leur bateau, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, a autorisé, s'il y a lieu, l'établissement VNF à y procéder d'office, à l'expiration de ce délai et au besoin avec le concours de la force publique, à l'enlèvement dudit bateau, et enfin a condamné MM. A et De Magnienville au paiement respectif d'une somme de 125 euros au titre des frais de procès-verbal.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 3 février 2022, MM. A et De Magnienville, représentés par Me Jeannin, demandent à la Cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° de rejeter la demande de condamnation présentée par l'établissement VNF ou, à défaut, d'annuler l'astreinte prononcée à leur encontre ;
3° de mettre à la charge de l'établissement VNF à leur verser une somme de
1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la contravention de grande voirie a été délivrée par une autorité incompétente dès lors que seul l'établissement Port autonome de Paris avait compétence pour le faire ;
- la procédure est irrégulière faute de production de la carte de commission de l'auteur du procès-verbal de contravention de grande voirie ;
- il n'est justifié ni de l'élément légal, ni de l'élément matériel de l'infraction.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2022, l'établissement VNF, représenté par Me Salles, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de
MM. A et de Magnienville une somme de 2 500 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête de M. A est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens n'étant pas fondés, ils doivent être écartés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le décret n° 91-796 du 20 août 1991
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'avant dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative les premiers vice-présidents des cours administratives d'appel " peuvent par ordonnance : () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. /(). ". Aux termes de l'article L. 2132-9 du même code : " Les riverains, les mariniers et autres personnes sont tenus de faire enlever les pierres, terres, bois, pieux, débris de bateaux et autres empêchements qui, de leur fait ou du fait de personnes ou de choses à leur charge, se trouveraient sur le domaine public fluvial. Le contrevenant est passible d'une amende de 150 à 12 000 euros, de la confiscation de l'objet constituant l'obstacle et du remboursement des frais d'enlèvement d'office par l'autorité administrative compétente. ".
3. Lorsqu'il qualifie de contravention de grande voirie des faits d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, saisi d'un procès-verbal accompagné ou non de conclusions de l'administration tendant à l'évacuation de cette dépendance, d'enjoindre au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et, s'il l'estime nécessaire et au besoin d'office, de prononcer une astreinte.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 4314-1 du code des transports : " La consistance du domaine confié à Voies navigables de France est définie par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article D. 4314-1 du code précité : " Le domaine confié à Voies navigables de France en application de l'article L. 4314-1 est le domaine public fluvial de l'Etat tel qu'il est défini aux articles L. 2111-7, L. 2111-10 et L. 2111-11 du code général de la propriété des personnes publiques, à l'exclusion : () / 4° Du domaine public fluvial dont la gestion est confiée aux ports autonomes fluviaux ou relevant du secteur fluvial d'un grand port fluvio-maritime, tel qu'il est défini par les dispositions législatives et réglementaires qui leur sont propres ; () / Un arrêté conjoint des ministres chargés des transports et du domaine énumère les éléments du domaine public confié à Voies navigables de France. ". Est notamment confié à l'établissement Voies navigables de France, tel que fixé par l'annexe de l'arrêté du 24 janvier 1992 pris en application de l'article 1er du décret n° 91-796 du 20 août 1991, la Seine. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté n° 2010.103 du 9 décembre 2010, est transféré à l'établissement Port autonome de Paris, la gestion des dépendances du domaine public fluvial sur la commune de Boulogne Billancourt, des biens stationnés aux points kilométriques 178.060 à 178.360, 178.360 à 178.510, 178.510 à 178.660, 179.020 à 179.305, 179.305 à 179.605, 179.605 à 180.005, 180.450 à 180.895, 180.895 à 181.145, et 14.662 à 14.712.
5. Il est constant que le bateau ayant fait l'objet d'une contravention de grande voirie litigieuse était amarré au point kilométrique 14.100, en rive droite de la Seine, sur le territoire de la commune de Boulogne Billancourt. Il résulte des dispositions qui précèdent que la gestion de ce domaine ne faisait pas partie de celle transférée à l'établissement Port autonome de Paris. Ainsi, l'établissement Voies navigables de France était seul compétent pour délivrer la contravention de grande voirie en litige. Par suite, le moyen tiré de son incompétence doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 4313-2 du code des transports : " () Les contraventions sont constatées par les agents mentionnés aux articles L. 2132-21 et L. 2132-23 du code général de la propriété des personnes publiques ". Aux termes de l'article L. 2132-21 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spécifiques, les agents de l'État assermentés à cet effet devant le tribunal judiciaire, les agents de police judiciaire et les officiers de police judiciaire sont compétents pour constater les contraventions de grande voirie ".
7. Il résulte de l'instruction, et notamment de la carte de commission du
8 mars 2000, qui fait foi jusqu'à preuve contraire, que M. C B, exerçant les fonctions de chef d'équipe d'exploitation au service navigation de Suresnes, est assermenté, conformément à la loi. En outre, il résulte également de l'instruction que M. B a prêté serment devant le tribunal de grande instance de Nanterre le 26 mai 2000. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure résultant de l'incompétence de l'auteur du procès-verbal de contravention de grande voirie doit être écarté.
8. En troisième lieu, Aux termes de l'article L. 2111-7 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public fluvial naturel est constitué des cours d'eau et lacs appartenant à l'Etat, à ses établissements publics, aux syndicats mixtes constitués sur le fondement de l'article L. 5721-2 du code général des collectivités territoriales, aux collectivités territoriales ou à leurs groupements, et classés dans leur domaine public fluvial. ". Aux termes de l'article L. 2132-9 du code précité : " Les riverains, les mariniers et autres personnes sont tenus de faire enlever les pierres, terres, bois, pieux, débris de bateaux et autres empêchements qui, de leur fait ou du fait de personnes ou de choses à leur charge, se trouveraient sur le domaine public fluvial. Le contrevenant est passible d'une amende de 150 à 12 000 euros, de la confiscation de l'objet constituant l'obstacle et du remboursement des frais d'enlèvement d'office par l'autorité administrative compétente. ". Le stationnement irrégulier d'un bateau constitue à lui seul un empêchement au sens de ces dispositions.
9. Il résulte de l'instruction qu'à la date du procès-verbal du 17 novembre 2017, MM. A et De Magnienville occupaient sans droit ni titre un emplacement situé sur le domaine public fluvial au PK 14.100, en rive droite de la Seine, sur le territoire de la commune de Boulogne Billancourt. Ce fait est constitutif d'une contravention de grande voirie relevant de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques, le stationnement sans autorisation du bateau des appelants constituant un empêchement au sens de cet article. Ainsi, MM. A et De Magnienville ne sont pas fondés à soutenir qu'il n'est justifié ni de l'élément légal, ni de l'élément matériel de l'infraction.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de
non-recevoir partielle opposée en défense, que la requête d'appel de MM. A et
De Magnienville est manifestement dépourvue de fondement et doit en application de l'avant dernier alinéa précité de l'article R. 222-1 du code de justice administrative être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions accessoires afférentes aux frais de justice fondées sur l'application des dispositions énoncées par l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n' y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de MM. A et De Magnienville, chacun, une somme de 800 euros au titre des frais de justice sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de MM. A et De Magnienville est rejetée.
Article 2 : Une somme de 800 euros est mise à la charge de chacun des deux requérants au profit de Voies navigables de France en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à MM. Jean-Noël A,, Stéphane De Magnienville et à l'établissement public Voies navigables de France.
Fait à Versailles, le 7 juillet 2022.
Le premier vice-président de la Cour,
président de la 2ème chambre
B. Even
La République mande et ordonne au ministre chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026