vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00285 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A G C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2113754 du 13 janvier 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 9 février 2022, le préfet de police de Paris demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de rejeter la demande présentée par Mme C devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Il soutient que :
- la décision de la cour nationale du droit d'asile rejetant la demande d'asile de Mme C lui a bien été notifiée ;
- en tout état de cause, le droit au séjour d'un étranger ayant introduit une demande d'asile prend fin à la lecture, en séance publique, de la décision de la cour nationale du droit d'asile rejetant cette demande, en application de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en ce qui concerne les autres moyens soulevés par Mme C en première instance, il s'en remet à ses écritures de première instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, Mme C, représentée par Me Maillard, avocat, conclut :
1°) au rejet de la requête,
2°) à titre subsidiaire, à l'annulation des décisions attaquées et à ce qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail durant cet examen, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle fait valoir que :
- le préfet ne justifie pas de la date de lecture de la décision de la cour nationale du droit d'asile qui lui est opposée et les pièces qu'il verse au dossier sont contradictoires sur ce point ;
- l'extrait du site internet de la cour nationale du droit d'asile ne permet pas d'établir qu'une décision la concernant aurait été rendue et lue ;
- le relevé de base de données TelemOfpra doit être écarté si le préfet ne démontre pas qu'il a été consulté par un agent habilité ; en tout état de cause, ce relevé est dépourvu de valeur probante ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ; elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ; elle méconnaît les articles L 541-1, L. 541-2 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ; elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle viole l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; elle viole l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par ordonnance du 29 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 septembre 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 octobre 2021, le préfet de police de Paris a obligé Mme A F, ressortissante angolaise née en 1990, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par jugement n° 2113754 du 13 janvier 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté. Le préfet de police de Paris relève régulièrement appel de ce jugement.
Sur le moyen d'annulation retenu :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". Aux termes de l'article L. 541-1 dudit code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 541-2 dudit code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'étranger détient le droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour nationale du droit d'asile statuant sur sa demande d'asile et non, comme il le soutient, jusqu'à la date de notification de cette décision. Dès lors qu'il ressort de ses mentions que la décision de la cour nationale du droit d'asile rejetant la demande d'asile de Mme C a été lue en audience publique le 27 août 2021, le préfet de police de Paris a pu, sans commettre d'erreur de droit, adopter le 14 octobre 2021 à l'encontre de celle-ci une obligation de quitter le territoire français, sans que l'intéressée puisse utilement soutenir que cette décision ne lui aurait pas été régulièrement notifiée.
4. Au surplus, le préfet de police de Paris a produit, pour la première fois en appel, un accusé de réception postal permettant d'établir que la décision de la cour nationale du droit d'asile du 27 août 2021 a bien été notifiée à Mme C. Si cet accusé de réception fait état d'une décision du 30 juillet 2021 et non du 27 août 2021, il s'agit d'une simple erreur matérielle, procédant de la confusion entre la date d'audience et la date de lecture de cette décision.
5. Par suite, le préfet de police de Paris est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 14 octobre 2021. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme C devant le tribunal administratif et devant la cour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
En ce qui concerne la légalité externe :
6. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par M. E D, chef du 12ème bureau de la préfecture de police de Paris, qui a reçu délégation de compétence pour signer l'arrêté litigieux par l'arrêté n° 2021-00861 du 24 août 2021, publié au Recueil des actes administratif spécial du 25 août 2021. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit en conséquence être écarté.
7. En deuxième lieu, la décision vise l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que la cour nationale du droit d'asile a confirmé le rejet de la demande d'asile de Mme C, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée à sa vie privée et familiale et que Mme C n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Cette décision est ainsi suffisamment motivée sans que l'arrêté litigieux, qui est fondé sur le rejet de la demande d'asile de Mme C, n'ait à détailler les éléments caractérisant sa situation familiale et personnelle.
8. En troisième lieu, si le moyen tiré de la violation de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne est inopérant au soutien des conclusions présentées par Mme C, il ressort de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Or, dans le cas prévu à l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger, ce dernier ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra, si la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui ont été définitivement refusés, faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français. Il lui appartient ainsi, lors du dépôt de sa demande d'asile, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, et notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise en conséquence du refus définitif de reconnaissance de la qualité de réfugié.
9. En l'espèce, si Mme C soutient qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations avant l'intervention de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, cette mesure fait suite au rejet par la cour nationale du droit d'asile de sa demande d'asile. Or, ainsi qu'il vient d'être dit, dans un tel cas, aucune obligation d'information préalable ne pèse sur le préfet. Il n'est pas non plus allégué que Mme C aurait postérieurement sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'elle aurait été empêchée de présenter ses observations, si elle l'avait souhaité, avant que ne soit prise la décision litigieuse. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée du droit d'être entendue qu'elle tient du principe général du droit de l'Union, ni à invoquer, avec les mêmes arguments, la méconnaissance du principe du contradictoire.
En ce qui concerne la légalité interne :
10. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, qui indique qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée à sa vie privée et familiale et que Mme C n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, que le préfet se serait cru en situation de compétence liée et aurait commis une erreur de droit sur l'étendue de sa compétence.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Mme C est entrée en France en 2019. Elle soutient que l'intégralité de sa famille réside en France, que son fils est scolarisé dans un collège français depuis maintenant trois ans, qu'elle a un emploi d'assistante maternelle, qu'elle suit des cours de français et s'investit dans des activités de bénévolat. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ses deux parents et son frère étaient demandeurs d'asile à la date de l'arrêté attaqué et qu'une seule de ses sœurs a une carte de résident, le statut de son second frère n'étant pas établi. Par ailleurs, elle n'établit pas les liens qui l'unissent aux membres de sa famille, alors qu'elle a été logée par le Samu social. Son emploi est à temps partiel pour un salaire net de 480 euros mensuels. Mme C étant célibataire, rien ne l'empêche de poursuivre sa vie familiale dans son pays d'origine. Eu égard à la durée et aux conditions de séjour de Mme C en France, et malgré ses efforts d'intégration, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas non plus entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L.611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Mme C soutient que son éloignement méconnaîtrait ces dispositions car elle souffre d'une insuffisance thyroïdienne. Toutefois, elle n'a pas présenté de demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Elle n'établit pas que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu'aucun traitement approprié ne serait disponible dans son pays d'origine en produisant simplement un certificat médical, établi pour les besoins de la cause et non circonstancié, selon lequel " son état de santé nécessite de rester sur le territoire français pour une prise en charge qui ne sera pas possible en Angola " et en faisant référence à des études très générales sur l'état du système de santé en Angola. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990, publiée par décret le 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. En l'espèce, Mme C soutient que son enfant est scolarisé depuis trois ans en France et qu'il doit rester aux côtés de sa mère et des membres de sa famille. Toutefois, les liens entre l'enfant de la requérante et les autres membres de sa famille ne sont pas explicités. Rien n'empêche Mme C de poursuivre sa vie familiale avec son enfant dans son pays d'origine, où il pourra être scolarisé. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire serait fondée sur la décision obligeant Mme C à quitter le territoire français, qui serait illégale, doit être écarté.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Le délai d'un mois accordé à Mme C pour exécuter spontanément cette obligation étant le délai de principe fixé par ces dispositions, la fixation d'un tel délai n'avait pas à faire l'objet d'une motivation particulière.
16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en retenant ce délai d'un mois, le préfet de police de Paris aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. En effet, Mme C, qui se contente de se prévaloir de la présence de sa famille en France et de sa bonne intégration, n'établit pas l'impossibilité dans laquelle elle se trouverait pour organiser son départ.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité des décisions obligeant Mme C à quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
18. En deuxième lieu, si Mme C invoque la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'invoque aucune circonstance particulière permettant de conclure qu'elle serait exposée à des traitements contraires à ces dispositions en cas de retour dans son pays d'origine, alors que sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides confirmée par la cour nationale du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit en conséquence être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de police de Paris est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 14 octobre 2021 et que la demande de Mme C doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 2113754 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 13 janvier 2022 est annulé.
Article 2 : La demande présentée par Mme C devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise et le surplus de ses conclusions d'appel sont rejetés.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme A F.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Beaujard, président de chambre,
Mme Dorion, présidente assesseure,
Mme Pham, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
C. BLe président,
P. BEAUJARD
La greffière,
A. GAUTHIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026