vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00320 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | VANNIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme E C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 13 août 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2105909 du 13 janvier 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 février 2022, Mme C, représentée par Me Vannier, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;
3°) de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocat, Me Vannier, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour méconnaît les articles 41 et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- cette décision est irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet des Hauts-de-Seine s'est estimé lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- cette décision méconnaît le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences induites sur sa situation personnelle et familiale ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les articles 41 et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision est illégale car fondée sur la décision de refus de titre de séjour, elle-même illégale ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit ;
- cette décision viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences induites sur sa situation personnelle et familiale ;
- cette décision viole l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale car fondée sur des décisions illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée le 26 janvier 1990 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Bingham, substituant Me Vannier, pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante sénégalaise née le 4 septembre 1983, est entrée en France le 11 mars 2017 sous couvert d'un visa de court séjour, accompagnée de ses deux enfants, G D et F D, nés respectivement les 4 décembre 2010 et 15 novembre 2014. Elle s'est vue délivrer des autorisations provisoires de séjour en qualité d'accompagnant d'enfant malade, dont elle a demandé le renouvellement. Au vu de deux avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date des 12 et 30 décembre 2019, le préfet des Hauts-de-Seine a, par un arrêté du 13 août 2020, rejeté sa demande de renouvellement, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Par un jugement n° 2105909 du 13 janvier 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. Mme C relève appel de ce jugement.
Sur la régularité de la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, si le moyen tiré de la violation de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne est inopérant au soutien des conclusions présentées par Mme C, il ressort de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Or, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, à l'occasion du dépôt de sa demande, est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Mme C, qui ne conteste pas avoir bénéficié de ces garanties, ne peut utilement invoquer la méconnaissance de son droit d'être entendue. Par ailleurs, elle ne peut non plus invoquer la méconnaissance de l'article 47 de cette même charte, relatif au droit au recours effectif, alors qu'elle a été en mesure de contester les décisions prises à son encontre.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué cite l'article L. 511-1-I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique les conditions d'entrée en France de Mme C, analyse l'état de santé de ses deux enfants au regard des conditions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, affirme que Mme C n'établit pas être isolée dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans et où résident ses parents, le père de ses enfants, un enfant mineur et qu'elle est dépourvue d'activité et de ressources propres. Une telle décision, qui énonce les considérations de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, est suffisamment motivée. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cette décision que le préfet n'aurait pas examiné sérieusement la situation de Mme C.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet, qui a examiné la situation familiale de Mme C, et notamment les liens qu'elle entretenait encore avec son pays d'origine, se serait cru en situation de compétence liée vis-à-vis des avis du collège des médecins de l'OFII. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit en conséquence être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Sauf si leur présence constitue une menace pour l'ordre public, une autorisation provisoire de séjour est délivrée aux parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions mentionnées au 11° de l'article L. 313-11, ou à l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. / L'autorisation provisoire de séjour mentionnée au premier alinéa, qui ne peut être d'une durée supérieure à six mois, est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues au 11° de l'article L. 313-11. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. ". Aux termes de l'article L. 313-11 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que les deux enfants de la requérante présentent un handicap mental et un retard global de développement, et qu'ils bénéficient d'un suivi depuis leur arrivée en France. G bénéficie d'une orientation en établissement spécialisé depuis la fin de l'année 2019 tandis que Fatou Sylla, scolarisée en maternelle, bénéficie d'une aide humaine à la scolarisation dans l'attente d'une telle orientation. La décision portant refus de titre de séjour en litige a été prise au visa des avis des 12 et 30 décembre 2020 par lesquels le collège de médecins de l'OFII a estimé, d'une part, que l'état de santé de l'enfant G D nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il pouvait y bénéficier d'un traitement approprié et, d'autre part, que l'état de santé de l'enfant Fatou Sylla D nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité.
7. Mme C produit un certificat médical du service de pédiatrie de l'hôpital Louis Mourier du 11 septembre 2020 indiquant que " l'état de santé de (ses) enfants nécessite qu'ils puissent rester en France, accompagnés de leur mère ", un rapport du centre médico-psychiatrique Roger Prévot du 3 septembre 2020 qui conclut que les deux enfants ont un besoin primordial de soins médico-éducatifs qui ne peuvent être prodigués dans leur pays d'origine et qu'au vu de la fragilité psychique de ces enfants, il est indispensable de maintenir les liens qu'ils ont établis avec les différentes équipes de soins. Elle produit également un rapport psycho-éducatif de l'établissement médico-pédagogique La Résidence Sociale situé à Levallois-Perret où G est scolarisé et suivi depuis le 5 novembre 2019 indiquant que le retour au Sénégal annulera la possibilité pour cet enfant d'être suivi dans une structure adaptée car, de par sa situation économique et géographique, Mme C sera dans l'impossibilité d'accompagner ses enfants dans une structure adaptée au Sénégal. Ces rapports sont dépourvus d'éléments précis et objectifs de nature à contredire l'appréciation du collège de médecins de l'OFII en ce qui concerne l'état des structures sanitaires au Sénégal. Il en va de même des observations de la Défenseure des droits, qui fait état de structures pouvant accueillir les enfants de A C, certes peu nombreuses.
8. Mme C produit encore un rapport sur la santé mentale au Sénégal datant de 2019, qui indique que le nombre de psychiatres et de pédopsychiatres est très faible dans son pays d'origine. Toutefois, il n'est pas établi que l'état de santé de ses enfants nécessiterait des soins pédo-psychiatriques dont le défaut entraînerait pour eux des conséquences d'une extrême gravité, alors qu'il ressort des attestations produites qu'ils bénéficient actuellement de soins médico-éducatifs.
9. Enfin, en ce qui concerne l'enfant Fatou Sylla, aucun des documents versés au dossier n'établit que cet enfant nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 311-12 et L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième lieu, Mme C n'est pas fondée à invoquer la méconnaissance de du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement de ces dispositions.
12. En sixième lieu, Mme C soutient que la décision de refus de titre de séjour prise à son encontre méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle vit depuis quatre ans en France et que ses enfants y bénéficient de soins dans des structures adaptées. Toutefois, l'arrêté attaqué indique, sans être contesté sur ce point par la requérante, qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents, le père de ses enfants et une enfant mineure et où elle-même a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans. Par ailleurs, si Mme C affirme avoir une situation professionnelle en France, elle n'a produit que deux bulletins de paie, de janvier et février 2020, concernant un emploi de femme de chambre à temps partiel. Au vu de ces éléments, la décision n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation familiale de la requérante
13. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté, dès lors que Mme C n'entre dans aucune des catégories énoncées à l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la régularité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
En ce qui concerne la légalité externe :
14. En premier lieu, Mme C invoque la méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux. Toutefois, le droit de l'intéressée d'être entendu ayant été satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, ces dispositions n'imposent pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressée à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Ainsi, la seule circonstance que la requérante n'avait pas été invitée à formuler des observations avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire n'était pas de nature à permettre de la regarder comme ayant été privée de son droit à être entendu, notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Par ailleurs, Mme C ne peut non plus invoquer la méconnaissance de l'article 47 de cette même charte, relatif au droit au recours effectif, alors qu'elle a été en mesure de contester la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
15. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I, sans préjudice, le cas échéant, de l'indication des motifs pour lesquels il est fait application des II et III. () ". Ainsi, la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de motivation spécifique. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision obligeant Mme C à quitter le territoire français doit en conséquence être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
16. En premier lieu, si Mme C soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour, il résulte de ce qui précède que ce moyen doit être écarté.
17. En deuxième lieu, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation familiale et sur la situation personnelle de Mme C doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12 du présent arrêt.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
19. La décision litigieuse n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme C de ses enfants. Il n'est pas établi, conformément à ce qui a été dit aux points 7 à 10 de l'arrêt, que ses enfants ne pourront pas bénéficier d'un traitement approprié à leur état de santé au Sénégal, où se trouvent leur père et leur sœur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
Sur la régularité de la décision fixant le Sénégal comme pays de renvoi :
20. Si Mme C soutient que la décision fixant le Sénégal comme pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité des décisions lui refusant un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français prises à son encontre, il résulte de ce qui précède que ce moyen doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme E C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Beaujard, président de chambre,
Mme Dorion, présidente assesseure,
Mme Pham, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
C. BLe président,
P. BEAUJARD
La greffière,
A. GAUTHIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026