mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00369 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP PARUELLE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté en date du 10 aout 2018 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, ou, à défaut de réexaminer sa situation sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un jugement n° 1908070 du 9 juin 2020, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 18 février 2022, M. D A, représenté par la SCP Paruelle, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dès notification du présent arrêt sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la SCP Paruelle, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par un auteur incompétent ;
- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le refus de séjour qui lui a été opposé méconnait l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est fondée sur un refus de séjour lui-même illégal ;
- la décision fixant le pays de destination est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit
1. M. A, ressortissant congolais né le 31 mars 1974, déclare être entré en France le 24 décembre 2016, muni d'un passeport revêtu d'un visa de type C valable du 19 au 31 décembre 2016. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. La reconnaissance du statut de réfugié lui a été refusée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 octobre 2017, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 11 mai 2018. Par un arrêté du 10 août 2018, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement. M. A relève appel du jugement du 9 juin 2020 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Si. M. A demande également l'annulation de l'arrêté du 10 aout 2018 en tant qu'il porterait refus de séjour, le préfet du Val-d'Oise, s'est borné, en application du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur, à constater que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui avait été définitivement refusé pour prononcer son éloignement. Aucune demande d'admission au séjour sur un autre fondement n'avait été présenté par M. A préalablement à l'adoption de l'arrêté contesté. Le préfet du Val-d'Oise n'a donc pas, par l'arrêté contesté, prononcé à l'encontre du requérant une décision portant refus de séjour, ce que M. A a reconnu devant les premiers juges à la suite d'un moyen soulevé d'office en ce sens. Les moyens du requérant dirigés contre cette décision doivent donc être regardés comme dirigés vers l'arrêté du 10 aout 2018 en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français.
Sur la légalité externe de l'arrêté du 10 aout 2018 :
3. D'une part, par un arrêté en date du 23 mars 2018, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise, le préfet du Val-d'Oise a délégué à Mme B, signataire de l'arrêté contesté et chef du bureau de l'intégration et des naturalisations, le pouvoir de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français, octroi d'un délai de départ volontaire et fixation d'un pays de destination. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait été signé par un auteur incompétent.
4. D'autre part, l'arrêté contesté, qui comporte les éléments de droit et de fait qui en constitue le fondement, est suffisamment motivé.
Sur la légalité interne de l'arrêté du 10 août 2018
5. En premier lieu, l'arrêté contesté fait état des refus opposés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile à la demande d'asile du requérant et de l'examen par le préfet de l'absence de traitement inhumains ou dégradants auxquels il serait soumis en cas de retour dans son pays d'origine. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait fait connaître au préfet du Val-d'Oise des éléments relatifs à sa vie familiale ou à son activité professionnelle qu'il lui aurait appartenu de prendre en compte avant d'adopter les décisions contestées. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que celles-ci sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle.
6. En deuxième lieu, M. A, qui ne disposait pas d'une telle carte avant le 10 août 2018, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif au retrait et au renouvellement des cartes de séjour temporaires.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. S'il ressort des pièces du dossier que la concubine de M. A était enceinte de ses œuvres à la date de la décision attaquée, le requérant ne produit aucun élément relatif à la vie commune du couple à cette date. Il ne se prévaut d'aucune situation professionnelle stable en France. Il ressort des pièces du dossier que ses parents et un de ses enfants résident habituellement dans son pays d'origine. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait, en adoptant l'arrêté contesté, méconnu les stipulations précitées ou commis une erreur manifeste d'appréciation.
9. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 du présent arrêt qu'aucune décision portant refus de séjour n'a été prise à l'encontre du requérant. Dès lors, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité d'une telle décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, M. A n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de cette décision contre la décision fixant le pays de destination de son éloignement.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au Préfet du Val d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Albertini, président de chambre,
M. Mauny , président assesseur,
Mme Villette, première conseillère.
Lu en audience publique, le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
A. CLe président,
P.-L. ALBERTINI La greffière,
F. PETIT-GALLAND La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026