mercredi 11 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00547 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BALAYA GOURAYA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an et d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui restituer son passeport dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir.
Par un jugement n° 2109430 du 11 février 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, M. A, représenté par Me Balaya Gouraya, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui restituer son passeport dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ; la copie de son audition ne lui a pas été remise ; cette audition ne permet pas de considérer que son droit d'être entendu a été respecté ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ; il n'a pas été condamné pour les faits reprochés, qu'il conteste avoir commis, et doit être présumé innocent ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis novembre 2007, y a été scolarisé et y a travaillé puis a créé sa société en 2021 et qu'il dispose dans ce pays de l'ensemble de ses attaches et, notamment, ses parents et son frère ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne constitue pas une menace à public ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant roumain né le 13 mars 1991, fait appel du jugement du 11 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 20 juillet 2021 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et prononçant à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an.
3. En premier lieu, M. A reprend en appel, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'il avait fait valoir devant le tribunal administratif, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de la décision portant refus de délai de départ volontaire et de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée d'un an. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif aux points 5, 9 et 13 du jugement attaqué.
4. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement invoquer la méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français. En admettant que le requérant ait également entendu se prévaloir du principe général du droit de l'Union, il ressort des pièces versées au dossier de première instance par l'administration que M. A, lors de son audition par les services de police le 19 juillet 2021, a été interrogé sur les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire français et a été invité à formuler des observations sur une éventuelle reconduite à la frontière, sur sa situation personnelle et familiale ainsi que sur la perspective d'une mesure d'éloignement. Le moyen tiré d'une méconnaissance du droit d'être entendu manque donc en fait et doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que, pour estimer que le comportement de M. A constituait, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave, le préfet des Hauts-de-Seine a d'abord relevé que M. A avait été interpellé à six reprises depuis 2010, pour vol d'automobile, vol en réunion avec violence, détention non autorisée de stupéfiants, conduite sous l'empire d'un état alcoolique et qu'il avait été placé en garde à vue le 19 juillet 2021 pour usage de fausses plaques d'immatriculation, et a ensuite considéré que ces faits, qui n'étaient pas contestés et alors même qu'ils n'avaient donné lieu à aucune condamnation, étaient constitutifs, par leur réitération et leur gravité, d'un comportement entrant dans le champ d'application du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'une part, contrairement à ce que le requérant soutient, la circonstance que les faits caractérisant une menace à l'ordre public n'ont pas fait l'objet de condamnations pénales ne fait pas obstacle à ce que l'administration se fonde sur les faits dont la matérialité est établie. Au demeurant, en l'espèce, il est constant que l'intéressé figurait au fichier des personnes recherchées pour une condamnation prononcée le 9 juillet 2020. D'autre part, en se bornant à faire état de l'absence de poursuites et de condamnations pénales et à se prévaloir de ce que le bulletin n°3 de son casier judiciaire est vierge, le requérant ne conteste pas sérieusement la matérialité des faits à raison desquels il a été interpellé à six reprises depuis 2010. Dans ces conditions, et compte tenu du caractère réitéré et de la gravité des infractions commises, le préfet des Hauts-de-Seine n'a entaché son arrêté ni d'erreur de fait, ni d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation, en considérant que le comportement M. A constituait une menace à l'ordre public.
6. Enfin, pour soutenir que les décisions attaquées ont été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. A se prévaut de la durée de son séjour en France, de son insertion professionnelle sur le territoire français et de la circonstance que l'ensemble de ses attaches personnelles et familiales se situeraient en France où résident notamment ses parents et son frère. Toutefois, les pièces versées au dossier ne permettent pas d'établir que l'intéressé résiderait habituellement en France depuis l'année 2007 ainsi qu'il le soutient. En tout état de cause, la seule durée de son séjour en France ne saurait établir par elle-même que M. A disposerait d'attaches à la fois anciennes et intenses en France alors qu'il est constant que l'intéressé, âgé de trente ans à la date de l'arrêté attaqué, est célibataire et sans charge de famille. Par ailleurs, le requérant, qui n'établit pas davantage en appel qu'en première instance la résidence régulière en France de certains membres de sa famille, n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où résident notamment ses grands-parents. Dans ces conditions, et compte tenu de la menace à l'ordre public que constitue son comportement ainsi qu'il a été dit au point 5, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle du requérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 11 mai 2022.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin IcreLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026