jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00588 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LENDREVIE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2110335 du 21 février 2022, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, M. A, représenté par Me Lendrevie, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le jugement est insuffisamment motivé ;
- les premiers juges n'ont pas sérieusement examiné sa situation ;
- ils ont méconnu le droit à un procès équitable protégé par l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en dénaturant les pièces du dossier faute de tenir compte de toutes celles qui avaient été produites, et en allant au-delà de leur office en se substituant au préfet pour justifier l'arrêté contesté ;
- ils ont écarté à tort les moyens soulevés devant eux, commettant ainsi des erreurs de droit et d'appréciation des faits ou de sa situation personnelle ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- il révèle un défaut d'examen particulier de sa demande ;
- le préfet n'a pas respecté son droit d'être entendu ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il méconnaît l'instruction du 23 décembre 2021 relative à la délivrance des titres pour les victimes de violences conjugales et familiales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'instruction du 23 décembre 2021 relative à la délivrance des titres pour les victimes de violences conjugales et familiales (NOR : INTA2137559) ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant turc né le 20 décembre 1990 à Malazgirt, qui a déclaré être entré en France le 6 juin 2019, a sollicité le 21 octobre 2020 son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 octobre 2021, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A relève appel du jugement du 21 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, le tribunal de Versailles a pris en considération l'ensemble des éléments soumis à son appréciation et a répondu par un jugement qui est suffisamment motivé à l'ensemble des moyens soulevés dans la demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement serait insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. A, le tribunal ne s'est pas substitué au préfet pour justifier a posteriori et par des motifs non fondés l'arrêté contesté, mais s'est simplement borné à répondre à l'argumentation qui était soulevée devant lui.
5. En troisième lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Pour demander l'annulation du jugement attaqué, M. A ne peut donc utilement soutenir que les premiers juges auraient dénaturé les pièces du dossier, l'auraient empêché, en estimant légale la décision d'éloignement en litige, de défendre sa cause de manière équitable dans le cadre de sa procédure de divorce, et auraient commis des erreurs de droit et d'appréciation, ou n'auraient pas sérieusement examiné sa situation.
Sur le bien-fondé du jugement :
6. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les éléments de droit et de fait qui le fondent. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M. A, il est suffisamment motivé. A cet égard, s'il est vrai que l'arrêté indique à tort que M. A est de nationalité marocaine, il mentionne aussi que l'intéressé est de nationalité turque et précise son lieu de naissance en Turquie. Une telle erreur matérielle, sans incidence sur le sens de la décision préfectorale, est également sans incidence sur la légalité.
7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté contesté qu'avant de le prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa demande.
8. En troisième lieu, il n'est pas sérieusement allégué que M. A aurait sollicité, en vain, un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que soit prise la décision litigieuse. Au demeurant, il ne fait état d'aucun élément pertinent qui aurait pu influer sur le contenu de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de ce que son droit à être entendu, garanti par le droit européen, aurait été méconnu, doit être écarté.
9. En quatrième lieu, à supposer même que, comme le soutient M. A et contrairement à ce qu'a retenu le préfet, l'épouse du requérant aurait quitté le domicile conjugal de son propre chef, une telle erreur de fait serait, sans incidence sur la légalité du refus, opposé par le préfet à M. A, de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'en tout état de cause, la condition tenant à la vie commune et effective posée par ces dispositions n'était, à la date de cet arrêté, pas remplie. Le moyen doit ainsi être écarté.
10. En cinquième lieu, si M. A soutient que son épouse lui aurait fait subir des violences psychologiques, toutefois, ces allégations ne sont pas suffisamment établies par le récépissé de déclaration de main courante déposée le 3 mars 2021 par M. A qui se borne à prendre acte d'un abandon de domicile familial, ni par les différentes attestations versées au débat. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé, en tout état de cause, à se prévaloir de l'instruction du 23 décembre 2021 relative à la délivrance des titres pour les victimes de violences conjugales et familiales susvisée.
11. En sixième lieu, la décision d'éloignement en litige ne prive pas le requérant de la possibilité de faire valoir ses droits, notamment en se faisant représenter par un avocat et, le cas échéant, de solliciter un visa lui permettant de séjourner en France pour les besoins de la procédure de divorce qui le concerne. Il n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté l'empêcherait de défendre sa cause de manière équitable dans le cadre de cette procédure.
12. En dernier lieu, le requérant reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit susceptible de remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges. Pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par le tribunal au point 6 du jugement entrepris, M. A n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet, qui a d'ailleurs sérieusement examiné sa situation personnelle ainsi que le révèlent les termes de l'arrêté litigieux, aurait méconnu ces stipulations.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 11 mai 2023.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026