mercredi 22 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00618 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RAPOPORT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté en date du 9 juillet 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2110546 du 11 février 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, M. B, représenté par Me Rapoport, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler le jugement attaqué ;
2° d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;
3° à titre subsidiaire, d'annuler la seule décision portant obligation de quitter le territoire français ;
4° d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
5° de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement a omis de répondre aux différentes branches du moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- l'arrêté attaqué révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ; notamment, il méconnaît les termes de la circulaire du 30 octobre 2004 du ministre de l'intérieur ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des stipulations du paragraphe 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien dès lors qu'il s'est référé à la nature des attaches familiales dans le pays d'origine et les conditions d'existence ;
- la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant algérien né le 21 août 1967 à Tizi Ouzou (Algérie), entré en France le 17 juillet 2018 sous couvert d'un visa de court séjour, a sollicité le 4 février 2021 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 19 juillet 2021, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 11 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". M. B soutient que le tribunal administratif aurait omis de se prononcer sur son moyen tiré de ce qu'il avait également formulé une demande de titre de séjour en qualité de visiteur, sur laquelle le préfet ne se serait pas prononcé, ce qui entacherait la décision attaquée d'un défaut d'examen particulier. Il ressort cependant des pièces du dossier de première instance que l'existence d'une demande de titre de séjour en qualité de visiteur était présentée comme un simple argument à l'appui du moyen tiré du défaut d'examen particulier. Le tribunal, qui n'était pas tenu de répondre expressément à tous les arguments du requérant, a répondu à ce moyen tiré du défaut d'examen particulier au point 4 de son jugement. En tout état de cause, l'argument était inopérant, le préfet n'étant pas tenu, dans le cadre de l'examen d'une demande de titre de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale, de prendre en compte une demande de titre de séjour formulée séparément, sur un autre fondement. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du jugement attaqué doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 4 du jugement entrepris, ainsi que pour les motifs exposés au point 3 ci-dessus.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
6. Il résulte de ces stipulations que, dans le cadre de l'examen d'une demande de titre de séjour fondée sur celles-ci, le préfet peut tenir compte, en plus des liens personnels et familiaux dont dispose l'étranger en France, de la nature des attaches familiales dans le pays d'origine ainsi que des conditions d'existence. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur de droit au regard des stipulations précitées du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
7. En troisième lieu, M. B soutient que le préfet a entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle en faisant valoir qu'il réside en France de manière continue depuis 2018, qu'il est pacsé avec une ressortissante française depuis le 20 août 2018, qu'ils résident ensemble, que celle-ci n'a pas vocation à quitter la France et qu'il participe au sein d'une association à des projets d'éducation populaire. Toutefois, il ne justifie que d'une durée de séjour en France de trois ans à la date de l'arrêté ainsi que d'une vie de couple récente, alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a notamment résidé jusqu'à l'âge de 51 ans. Par ailleurs, il ne peut pas se prévaloir d'une insertion professionnelle sur le territoire français. Le requérant ne peut pas plus se prévaloir des énonciations de la circulaire du 30 octobre 2004 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui, ainsi qu'il l'admet lui-même, n'est pas opposable.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 ci-dessus, M. B ne saurait utilement se prévaloir à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Sa requête doit par suite être rejetée par application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions subsidiaires tendant à l'annulation de la seule décision portant obligation de quitter le territoire français, ses conclusions à fin d'injonction, ou celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, 22 juin 2022.
Le président de la 1ère chambre,
Patrice BEAUJARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026