jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00627 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP ROBILIARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A D, Mme E F épouse D et Mme C D ont demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler les arrêtés du 16 novembre 2021 par lesquels le préfet de Loir-et-Cher les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement nos 2104401, 2104402, 2104403 du 16 février 2022, le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, M. et Mmes D, représentés par Me Robiliard, avocat, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler ces arrêtés ;
3°) d'enjoindre au préfet de leur délivrer un titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur la régularité du jugement :
- le premier juge a écarté à tort le moyen tiré de ce que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le premier juge a commis une erreur de droit ;
- le premier juge a commis une erreur de fait ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- les arrêtés méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les arrêtés stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. et Mmes D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 28 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier :
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mmes D, ressortissants albanais, respectivement nés le 19 mars 1964 à Shumic, le 31 mars 1973 à Bajram Curri, et le 17 janvier 2003 à Tropojë, qui ont déclaré être entrés en France le 9 juillet 2019, ont sollicité le 18 juillet 2019 leur admission au séjour au titre de l'asile. Les demandes de M. D et Mme E D ont été rejetées le 25 septembre 2019 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ces décisions ont été confirmées le 13 février 2020 par la Cour nationale du droit d'asile. Ils ont sollicité le réexamen de leurs demandes, qui ont été à nouveau rejetées le 11 mai 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis le 18 août 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. La demande de Mme C D, leur fille, a été rejetée le 18 février 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Cette décision a été confirmée le 29 juin 2020 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a sollicité le réexamen de sa demande, qui a également été à nouveau rejetée le 28 octobre 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis le 19 février 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a présenté une seconde demande de réexamen, rejetée le 11 mai 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis le 18 août 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Par trois arrêtés du 16 novembre 2021, le préfet de Loir-et-Cher les a obligés à quitter le territoire français, et a fixé le pays de destination. M. et Mmes D relèvent appel du jugement du 16 février 2022 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté leur demande tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur la régularité du jugement :
3. Hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. et Mmes D ne peuvent donc utilement se prévaloir d'erreurs de droit ou de fait qu'aurait commises le premier juge pour demander l'annulation du jugement attaqué.
Sur le bien-fondé du jugement :
4. En premier lieu, M. et Mmes D reprennent en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils produisent de nombreux éléments, et notamment des attestations de parents, des documents médicaux et juridiques afin de justifier qu'ils sont victimes de la poursuite, par une partie de leur famille, de la vengeance d'une offense qui aurait été commise par leur fils et frère aîné. Cependant, par eux-mêmes, les éléments produits ne suffisent pas à remettre en cause les motifs du premier le juge. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par ces motifs et par adoption de ceux, retenus à bon droit et exposés par le tribunal au point 6 du jugement attaqué.
5. En second lieu, M. et Mmes D soutiennent que leur droit au respect de leur vie privée aurait été méconnu en faisant valoir que Mme C D est scolarisée depuis leur arrivée en France, que M. A D a travaillé à plusieurs reprises, notamment comme ouvrier agricole, et qu'ils ne pourraient poursuivre une vie normale en Albanie compte tenu des risques qu'ils y encourraient. Toutefois les requérants, tous les trois en situation irrégulière alors d'ailleurs que M. A D et Mme E D n'ont pas exécuté une précédente mesure d'éloignement dont ils ont fait l'objet en 2020, ne justifient pas d'une intégration sociale ni professionnelle particulière en France où ils ne sont arrivés qu'un peu plus de deux ans avant la date de l'arrêté attaqué. De plus, pour les mêmes motifs que ceux exposés et adoptés au point précédent de la présente ordonnance, ils ne justifient pas suffisamment de l'impossibilité de retourner en Albanie. Il suit de là que l'atteinte disproportionnée au respect de leur vie privée et familiale n'est pas caractérisée. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mmes D est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, leurs conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mmes D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à Mme E F épouse D, et à Mme C D.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet du Loir-et-Cher.
Fait à Versailles, le 22 juin 2023.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026