jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00746 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ANDRIEUX |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler le compte-rendu de son entretien professionnel 2019 portant sur l'année 2018 dans sa version révisée du 25 avril 2019, ensemble la décision implicite de l'administration de refus de révision de ce compte-rendu à l'issue de l'avis de la commission administrative paritaire du 25 juin 2019.
Par un jugement n° 1910502 du 8 février 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mars 2022 et 31 août 2022, M. B, représenté par Me Andrieux, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler le compte-rendu de son entretien professionnel 2019 portant sur l'année 2018 dans sa version révisée du 25 avril 2019, ensemble la décision implicite de l'administration de refus de révision de ce compte-rendu à l'issue de l'avis de la commission administrative paritaire du 25 juin 2019 ;
3°) d'enjoindre à l'administration de procéder à la modification du tableau synoptique du compte-rendu de son entretien professionnel 2019 dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier en ce que les visas ne procèdent pas à l'analyse des moyens développés par les parties en méconnaissance des dispositions de l'article R. 741-2 du code de justice administrative ;
- le compte-rendu d'entretien annuel 2019 a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière en raison du manque d'impartialité de la présidente de la commission administrative paritaire du 25 juin 2019 ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le tableau synoptique, inchangé depuis la précédente évaluation, n'est pas en adéquation avec l'appréciation littérale qui constate une évolution positive dans sa manière de servir par rapport aux années précédentes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration dans le cadre d'un recours pour excès de pouvoir ;
- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Danielian,
- et les conclusions de M. Illouz, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Titularisé inspecteur des finances publiques le 1er septembre 2011, M. B a été affecté en qualité d'huissier des finances publiques, à la direction départementale des finances publiques (DDFiP) du Val-d'Oise à compter du 1er septembre 2014. Son entretien professionnel annuel au titre de l'année 2018 s'est tenu le 19 février 2019 et le compte-rendu de cet entretien lui a été notifié le 5 avril 2019. A la suite d'un recours hiérarchique formé le 11 avril suivant, il a été partiellement fait droit à sa demande de révision du compte-rendu d'entretien professionnel, le 25 avril 2019, s'agissant notamment de l'appréciation littérale, ce compte-rendu, dans sa version révisée, lui ayant été notifié le 10 mai 2019. Réitérant sa contestation afférente à l'appréciation littérale et à la valorisation des items dans le tableau synoptique, M. B a, le 23 mai suivant saisi la commission administrative paritaire (CAP) d'une demande de révision. La CAP qui s'est réunie le 25 juin 2019, a proposé de rejeter sa demande et de confirmer le compte-rendu d'entretien individuel du 25 avril 2019. M. B fait appel du jugement du 8 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation du compte-rendu de son entretien professionnel 2019 portant sur l'année 2018 dans sa version révisée du 25 avril 2019, ensemble la décision implicite de l'administration de refus de révision de ce compte-rendu à l'issue de l'avis de la commission administrative paritaire du 25 juin 2019.
Sur la régularité du jugement :
2. Aux termes de l'article R. 741-2 du code de justice administrative : " La décision () / contient le nom des parties, l'analyse des conclusions et mémoire ainsi que les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont elle fait application () " ;
3. Contrairement à ce que soutient M. B, il ressort des termes mêmes du jugement attaqué qu'il procède, après avoir visés l'ensemble des mémoires produits par les parties, à l'analyse des moyens qui y ont été développés. Dans ces conditions, et alors au demeurant que l'intéressé n'apporte aucune précision à l'appui de ses allégations et n'indique pas, en particulier, quels seraient les moyens soulevés ou les pans de son argumentation que le tribunal aurait insuffisamment analysés, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes des dispositions de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " Par dérogation à l'article 17 du titre Ier du statut général, l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct. Toutefois, les statuts particuliers peuvent prévoir le maintien d'un système de notation. A la demande de l'intéressé, la commission administrative paritaire peut demander la révision du compte rendu de l'entretien professionnel ou de la notation. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article ". Selon l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. La date de cet entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct et communiquée au fonctionnaire au moins huit jours à l'avance ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; 3° La manière de servir du fonctionnaire ; 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; 5° Le cas échéant, la manière dont il exerce les fonctions d'encadrement qui lui ont été confiées ; 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité () " Selon son article 4 : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. Il est communiqué au fonctionnaire qui le complète, le cas échéant, de ses observations. Il est visé par l'autorité hiérarchique qui peut formuler, si elle l'estime utile, ses propres observations. Le compte rendu est notifié au fonctionnaire qui le signe pour attester qu'il en a pris connaissance puis le retourne à l'autorité hiérarchique qui le verse à son dossier ". Enfin, l'article 6 de ce décret énonce que : " L'autorité hiérarchique peut être saisie par le fonctionnaire d'une demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. / Ce recours hiérarchique est exercé dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de notification à l'agent du compte rendu de l'entretien. L'autorité hiérarchique notifie sa réponse dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de réception de la demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. Les commissions administratives paritaires peuvent, à la requête de l'intéressé, sous réserve qu'il ait au préalable exercé le recours mentionné à l'alinéa précédent, demander à l'autorité hiérarchique la révision du compte rendu de l'entretien professionnel. Dans ce cas, communication doit être faite aux commissions de tous éléments utiles d'information. Les commissions administratives paritaires doivent être saisies dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la réponse formulée par l'autorité hiérarchique dans le cadre du recours. / L'autorité hiérarchique communique au fonctionnaire, qui en accuse réception, le compte rendu définitif de l'entretien professionnel ".
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la réunion de la CAP du 25 juin 2019, au cours de laquelle la demande de révision formée par M. B a été examinée, a été présidée par Mme C, administratrice des finances publiques. Si M. B soutient que cette dernière aurait déjà ouvertement pris position, au sein du service, contre le réexamen de son évaluation professionnelle relative à l'année en litige, et n'aurait ainsi pas été impartiale, il ne fait état d'aucun élément susceptible de l'établir alors, d'une part, que son recours hiérarchique a été examiné par Mme D et, d'autre part, qu'il ressort du procès-verbal de séance qu'aucun représentant de l'administration n'a pris la parole pour formuler des observations sur la manière de servir de l'intéressé après la lecture de sa requête. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présidente de la CAP aurait manqué au principe de partialité ou manifesté une animosité particulière à l'égard du requérant. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
6. En second lieu, M. B soutient que le compte-rendu de l'entretien professionnel contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où le contenu du tableau synoptique, dont les quatre items sont valorisés par les appréciations " bon ", n'est pas en adéquation avec les appréciations littérales figurant sur ce compte-rendu, qui soulignent une évolution positive de sa manière de servir et une amélioration quantitative de ses résultats par rapport à l'année précédente. Toutefois, l'appréciation générale du compte-rendu, qui fait état de " bonnes connaissances professionnelles " et d'une " implication professionnelle de bon niveau encore susceptible de progresser ", est en cohérence avec le tableau synoptique dans lequel M. B s'est vu attribuer le niveau " bon " à chacun des items. En outre, l'appréciation sur ses résultats professionnels, qui relate une progression de son " taux global de réalisation sur les états reçus " par rapport à l'année précédente et le caractère perfectible de son taux d'efficacité dans les procédures de saisie-vente (0,65 % contre 33,56 % en moyenne dans le département) malgré la difficulté du tissu fiscal du secteur qui est le sien, est également en adéquation avec le tableau synoptique. En l'absence de tout écart significatif entre le tableau synoptique et les appréciations portées sur sa manière de servir, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre, que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
Mme Danielian, présidente-assesseure,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 septembre 2024.
I. La rapporteure,
I. DanielianLa présidente,
L. Besson-LedeyLa présidente,
II. I. Danielian
La greffière,
T. Tollim
La greffière,
A. Audrain FoulonLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026