jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00755 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | UZAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E et Mme D B ont demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui a transmis leur demande au tribunal administratif d'Orléans, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mise à leur charge au titre de l'année 2015.
Par un jugement n° 1904613 du 4 mars 2022, le tribunal administratif d'Orléans a déchargé M. et Mme B de cette cotisation d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, à concurrence des sommes ayant bénéficié à leurs enfants M. A B et Mme C B, et a rejeté le surplus de leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 avril et 26 novembre 2022, M. et Mme B, représentés par Me Uzan, avocat, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de leur demande ;
2°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales restant à leur charge au titre de l'année 2015 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 6 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière du fait de l'irrégularité du droit de communication exercé à l'encontre de la pharmacie Louis et de la clinique vétérinaire Lemettre et Cochin dès lors que l'administration s'est fondée sur l'article L. 86 du livre des procédures fiscales alors que ces deux professions relèvent des professions non commerciales, non visées par ces dispositions ;
- la procédure d'imposition est également irrégulière dès lors que l'administration a obtenu de ces deux professionnels des informations sur les bénéficiaires des paiements effectués par la SARL ACM et l'objet de ces paiements, en méconnaissance du secret professionnel et des dispositions de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales ; le principe d'indépendance des procédures ne peut pas être opposé en cas de violation du secret médical ; de même, lorsque la violation du secret professionnel est imputable à l'administration, cette violation vicie la totalité de la procédure, qu'elle ait ou non fondé les rectifications ; ils n'ont jamais donné leur accord pour la divulgation de ces informations ; le tribunal n'a pas examiné leur argumentation précise en la matière ;
- le tribunal a commis une erreur de droit dès lors que l'article 109 du code général des impôts ne comporte pas de c) ;
- le tribunal a commis une erreur sur le montant des revenus distribués, qui s'élèvent à 122 042 euros, et non à 79 282,66 euros ;
- les dispositions du c de l'article 111 du code général des impôts impliquent de démontrer qu'ils ont la qualité de maître de l'affaire ; l'administration ne justifie pas de la gestion de fait de la SARL ACM par Mme B ; s'agissant des chèques émis, une partie de ceux-ci concernent des dépenses exposées dans l'intérêt de la société, aucun des chèques n'a été signé par Mme B et le seul fait qu'elle soit bénéficiaire des sommes n'a aucune incidence ; s'agissant de la signature bancaire, le seul fait de disposer de la procuration sur le compte bancaire ne suffit pas à qualifier Mme B de dirigeante de fait ; l'adresse courriel figurant lors de la création de la société peut avoir été utilisée par une autre personne ; elle n'a jamais signé les contrats ou les factures ; elle n'a jamais rencontré les clients de la société ;
- M. B recevait des sommes de la SARL ACM en contrepartie d'un travail pour lequel il recevait des bulletins de paie qu'il pensait valides, bien qu'il n'ait pas été formellement un salarié de la société ; il a d'ailleurs déclaré ces sommes dans la catégorie des traitements et salaires ; le pragmatisme doit conduire à ne pas le taxer une deuxième fois pour ces sommes dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers ;
- la somme de 10 200 euros correspond à la cession d'un véhicule par eux à la société, qu'elle a payé tardivement ;
- la majoration pour manquement délibéré n'est pas fondée ; la plupart des dépenses sont des dépenses exposées dans l'intérêt de la société ; M. B a spontanément déclaré les sommes qu'il percevait.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 novembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'entend faire appel de l'arrêt en tant qu'il lui est défavorable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Liogier,
- et les conclusions de M. Illouz, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL ACM, qui exerce l'activité de nettoyage de bureaux, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos de 2013 à 2015. A la suite de ce contrôle, M. et Mme B ont fait l'objet de rectifications en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2014 à 2016, à raison de revenus réputés distribués à eux-mêmes et à leurs enfants par cette société, dont Mme B est associée à 5%, sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Par un jugement du 4 mars 2022, le tribunal administratif d'Orléans les a déchargés de ces cotisations supplémentaires à raison des sommes bénéficiant à leurs enfants et a rejeté le surplus de leur demande de décharge. M. et Mme B font appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de leur demande.
Sur la régularité du jugement :
2. En premier lieu, si les requérants soutiennent que le jugement est entaché d'erreurs de droit, notamment sur la référence à l'alinéa de l'article 109 du code général des impôts, et d'erreurs de fait, ces moyens ont trait au bien-fondé du jugement et ne sont pas susceptibles d'en entacher la régularité.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".
4. Il ressort des points 2 à 5 du jugement attaqué que les premiers juges ont écarté, par une motivation suffisante, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure d'imposition comme inopérants, après avoir rappelé les textes applicables et les irrégularités alléguées des droits de communication. Ils ont ainsi répondu, implicitement mais nécessairement, à l'argumentaire des requérants qui soutenaient que ces irrégularités devaient entraîner la décharge même si les informations irrégulièrement obtenues ne fondaient pas les rehaussements. M. et Mme B ne sont donc pas fondés à soutenir que les premiers juges n'auraient pas répondu à l'ensemble de leur argumentaire alors, en plus, qu'ils n'étaient pas tenus de répondre à tous les arguments présentés devant eux.
5. En dernier lieu, il ressort des visas du jugement attaqué que les premiers juges ont bien visé le montant de décharge sollicité par M. et Mme B dans leurs écritures, à savoir des droits et pénalités d'un montant de 98 648 euros. En outre, il ressort des points 12, 15 et 16 du même jugement que les premiers juges ont examiné successivement les explications des requérants pour une partie des prélèvements et dépenses personnelles, considérés par l'administration comme des revenus distribués à leur profit et, notamment, des chèques de 79 282,66 euros qui auraient constitué selon eux la rémunération d'un travail effectué par M. B pour la SARL ACM. Par suite, aucune confusion sur le montant en base des revenus distribués mis à leur charge ne ressort des motifs du jugement attaqué et les premiers juges ne se sont pas mépris sur la portée des conclusions dont ils étaient saisis.
6. Il résulte de ce qui précède que les moyens relatifs à la régularité du jugement doivent être écartés.
Sur la procédure d'imposition :
7. Il est constant que, dans le cadre de la vérification de comptabilité de la SARL ACM, des droits de communication ont été adressés à une pharmacie et à une clinique vétérinaire pour obtenir davantage de renseignements sur des dépenses prises en charge en 2013 par la société. Les requérants soutiennent que ces droits de communication étaient irréguliers, d'une part, parce qu'ils étaient fondés sur l'article L. 85 du livre des procédures fiscales, non applicable aux professions non commerciales, et, d'autre part, parce qu'ils constituaient une violation du secret professionnel du pharmacien et du vétérinaire interrogés.
8. Toutefois, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir d'éventuelles irrégularités de ces droits de communication dès lors que les informations obtenues n'ont fait l'objet d'aucune exploitation dans le cadre de leur procédure d'imposition personnelle et n'ont permis de fonder aucune imposition mise à leur charge, ces demandes de l'administration concernant d'ailleurs une autre année d'imposition. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
9. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
10. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes de la proposition de rectification du 26 juillet 2018 adressée à M. et Mme B, que l'administration a relevé des chèques émis par la SARL ACM encaissés directement par M. et Mme B ou leurs deux enfants ou utilisés pour payer des dépenses personnelles du foyer, pour un montant total de 122 042 euros en 2015. L'administration a considéré que ces sommes constituaient des revenus distribués sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109. En première instance, le tribunal a déchargé M. et Mme B des cotisations supplémentaires mises à leur charge à raison des sommes encaissées par leurs enfants, qui n'étaient pas rattachés à leur foyer fiscal, à hauteur d'un montant en base de 7 632 euros. En outre, le ministre a sollicité une substitution de base légale, accordée par le tribunal au point 11 du jugement attaqué, pour fonder l'imposition de la somme versée à M. B, qui n'est pas associé de la SARL ACM, pour un montant de 2 832,48 euros, sur le c de l'article 111 du code général des impôts.
11. En premier lieu, les requérants soutiennent qu'une partie importante des dépenses prises en charge par la SARL ACM ont été exposées dans l'intérêt de cette société. Toutefois, il résulte de l'instruction que la majorité des revenus distribués sont constitués de prélèvements directs par chèque au profit des requérants. En outre, s'agissant des dépenses, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 26 juillet 2018 et de la réponse aux observations du contribuable du 26 novembre 2018, que la SARL ACM a payé des charges correspondant aux frais de scolarité de leur fille, des primes d'assurance pour des biens mobiliers et immobiliers personnels, ou encore des travaux pour leur résidence principale. En se bornant à soutenir qu'elles auraient été engagées dans l'intérêt de l'exploitation, sans apporter le moindre commencement de preuve à l'appui de cette allégation, les requérants ne contestent pas sérieusement les constats ainsi relevés par l'administration.
12. En deuxième lieu, les revenus distribués consistent, ainsi qu'il vient d'être dit, en des prélèvements directement au profit des requérants ou en la prise en charge de dépenses personnelles, pour lesquelles les droits de communication, effectués auprès des sociétés ayant perçu les sommes versées par la SARL ACM, ont révélé qu'ils en étaient les bénéficiaires. Ces circonstances suffisent à établir l'appréhension de ces sommes par les requérants, ce qu'ils ne contestent d'ailleurs pas. La circonstance que l'administration aurait, à tort, relevé que Mme B aurait exercé la gérance de fait de la SARL ACM, alors que cet élément n'a été utilisé par l'administration que comme élément de contexte, est sans incidence sur l'imposition des revenus distribués entre leurs mains.
13. En troisième lieu, les requérants soutiennent que ces sommes constituent la rémunération d'un travail de M. B dans la SARL ACM à hauteur de 79 282,66 euros. Pour justifier leurs allégations, alors qu'ils sont les seuls à pouvoir apporter des éléments sur ce point, ils se bornent à produire les bulletins de paie que M. B aurait reçus chaque mois en 2015 qui ne font toutefois pas état de tous les éléments légaux, comme les avances sur salaires et la nature de son emploi, et comportent de nombreuses inexactitudes, notamment sur les charges sociales. Or, il est constant que M. B ne bénéficiait d'aucun contrat de travail dans la SARL ACM et que la société n'a pas comptabilisé ces sommes comme des salaires versés à M. B, qu'elle n'a d'ailleurs pas déclaré comme salarié auprès des organismes sociaux et dans sa déclaration annuelle des données sociales. M. B, qui est par ailleurs affilié au régime social des indépendants depuis 2013, ne justifie pas du contenu de l'emploi allégué, ni de ses conditions de travail, ni des frais professionnels qu'il allègue avoir exposés pour plusieurs milliers d'euros et ne justifie d'aucun lien de subordination avec l'entreprise. Par ailleurs, il n'est pas davantage établi que Mme B, qui a, dans les faits, appréhendé la quasi-totalité de la somme en cause, aurait eu une activité au sein de la SARL ACM devant donner lieu à une rémunération.
14. En quatrième lieu, les requérants soutiennent qu'ils ont déclaré cette rémunération de M. B dans la catégorie des traitements et salaires, ce qui entraînerait une double imposition avec la prise en compte de ces mêmes sommes dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Toutefois, les requérants se bornent à produire leur avis d'imposition, qui mentionne un montant déclaré de traitements et salaires de 33 985 euros pour Mme B, soit moins de la moitié des salaires qui auraient été versés par la société à son mari, qui n'a déclaré, pour sa part, que 2 132 euros de traitements et salaires, et n'apportent aucun autre élément, notamment, sur leurs autres ressources. Ils ne justifient donc pas de ce que le montant qu'ils ont spontanément déclaré correspondrait aux sommes qui leur sont aujourd'hui réclamées. Par suite, leur demande de réduction à ce titre ne peut qu'être rejetée.
15. En dernier lieu, les requérants soutiennent qu'à hauteur de 10 200 euros, les sommes perçues correspondraient à la cession d'un véhicule personnel à la SARL ACM. Toutefois, ils se bornent à produire la déclaration de cession du véhicule, intervenue le 25 avril 2014, soit plus d'un an avant le paiement allégué, qui n'est corroborée par aucun document, tels que la carte grise du véhicule ou une attestation d'assurance, permettant de justifier l'existence de cette transaction et de son montant. Au surplus, l'administration relève que les requérants ont, de manière contradictoire, fait état de la même cession de véhicule pour justifier la perception de sommes en 2014 pour un montant de 16 500 euros. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les pénalités :
16. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
17. Pour justifier l'application de la majoration pour manquement délibéré aux rectifications, l'administration fait valoir que M. et Mme B ont régulièrement prélevé des sommes ou fait prendre en charge des dépenses personnelles par la SARL ACM pour un montant de plus de 122 000 euros en 2015, alors que Mme B, qui est associée de la société et y était impliquée, et M. B, qui n'y exerçait aucune fonction, ne pouvaient pas ignorer que ces sommes ne leur étaient pas dues. En se bornant à soutenir que les dépenses étaient majoritairement exposées dans l'intérêt de l'exploitation et qu'ils ont déclaré une partie des sommes spontanément, ce dont ils ne justifient pas ainsi qu'il a été dit aux points précédents, les requérants ne contestent pas sérieusement les constats relevés par l'administration qui suffisent à regarder ces manquements déclaratifs comme intentionnels. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a assorti les rectifications de la majoration de 40 % pour manquement délibéré.
18. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté le surplus de leur demande de décharge. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. E et Mme D B et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente,
M.de Miguel, premier conseiller,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
C. LiogierLa présidente,
L. Besson-Ledey
La greffière,
T. TollimLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026