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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00775

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00775

jeudi 12 janvier 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00775
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBOUMEDIENE-THIERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 1er août 2019 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a dit qu'il pourra être remis aux autorités italiennes passé ce délai et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné à défaut de remise, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation et de mettre à la charge du préfet du Val-d'Oise la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2010224 du 18 octobre 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, M. A, représenté par Me Boumediene Thiery, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le préfet a commis une erreur de droit au regard de la directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003 en lui délivrant un récépissé de demande de titre de séjour ne l'autorisant pas à travailler alors qu'il était titulaire d'un titre de séjour italien en cours de validité ;

- le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français sont entachés d'un défaut d'examen sérieux et approfondi de sa situation ;

- ces décisions ont été rendues en méconnaissance du droit d'être entendu dès lors qu'il n'a pas été reçu en entretien ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- le préfet aurait dû l'admettre au séjour au titre de son pouvoir de régularisation sans texte ;

- ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle ;

- il aurait dû bénéficier d'un titre de séjour en France dès lors qu'il était titulaire d'un titre de séjour italien au titre de la protection subsidiaire, conformément aux dispositions de l'article L. 313-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il appartenait au préfet de lui demander de produire une promesse d'embauche ;

- le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fait obstacle à ce que la décision de refus de titre de séjour soit assortie d'une obligation de quitter le territoire ; les textes prévoient une reconduite à la frontière en Italie et non une obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet ne pouvait fixer le Mali comme pays de destination dès lors qu'il était titulaire d'un titre de séjour italien en cours de validité à la date de cette décision.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant malien né le 10 juin 1983, qui a déclaré être entré en France le 16 septembre 2014, a sollicité, le 29 avril 2019, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er août 2019, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours, a décidé que, passé ce délai, il pourra être remis aux autorités italiennes et a fixé, à défaut, le pays à destination duquel il pourrait être éloigné. M. A fait appel du jugement du 18 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la circonstance que le préfet du Val-d'Oise aurait commis une erreur de droit en délivrant au requérant un récépissé de demande de titre de séjour ne l'autorisant pas à travailler est sans aucune incidence sur la légalité de la décision attaquée qui n'a pas été prise pour l'application de la décision de délivrance de ce récépissé, laquelle ne constitue pas, en outre, la base légale de l'arrêté contesté. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et, notamment, des termes de la décision contestée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour.

5. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. A l'occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour, l'étranger est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu est ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour.

6. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A n'aurait pas pu apporter, à l'occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour, toutes les précisions qu'il aurait jugé utiles, ni qu'il aurait été empêché de faire valoir toute observation complémentaire utile au cours de l'instruction de sa demande. M. A n'établit ainsi pas ne pas avoir été en mesure de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour aurait été prise en méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

7. En quatrième lieu, M. A ne saurait se prévaloir utilement des dispositions des articles L. 313-4-1 et L. 313-11-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, dès lors qu'il n'a pas présenté de demande de titre de titre de séjour sur le fondement de ces dispositions et que le préfet du Val-d'Oise n'a pas examiné d'office s'il pouvait y prétendre.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () ".

9. Si M. A, qui ne peut se prévaloir utilement de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012, se prévaut de sa présence en France depuis le mois de septembre 2014 ainsi que de celle de son père, titulaire d'une carte de résident, de sa belle-mère et de ses demi-frères, de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, âgé de trente-six ans à la date de la décision en litige, est titulaire d'un titre de séjour italien valable du 16 juillet 2015 au 15 juillet 2020 et il déclare lui-même effectuer des allers-retours entre la France et l'Italie. Célibataire et sans enfant, il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où réside sa mère et où il a lui-même vécu jusqu'à au moins l'âge de trente-et-un ans. M. A, qui ne saurait reprocher au préfet de ne pas lui avoir demandé de produire une promesse d'embauche à l'appui de sa demande alors, au demeurant qu'il ne se prévaut d'aucune activité professionnelle, ne justifie d'aucune intégration particulière en France. Dans ces conditions, il n'est pas établi que l'admission au séjour de M. A répondait à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à M. A un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions.

10. En sixième lieu, pour les mêmes motifs, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage du pouvoir de régularisation qu'il détient même sans texte.

11. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 de la présente ordonnance, le refus de titre de séjour ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but poursuivi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. Enfin, pour les mêmes motifs, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.

14. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et, notamment, des termes de l'obligation de quitter le territoire français que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de prendre cette mesure d'éloignement.

15. En troisième lieu, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 3° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

16. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 de la présente ordonnance, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

17. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " I. - Par dérogation aux articles L. 213-2 et L. 213-3, L. 511-1 à L. 511-3, L. 512-1, L. 512-3, L. 512-4, L. 513-1 et L. 531-3, l'étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 211-1 et L. 311-1 peut être remis aux autorités compétentes de l'Etat membre qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire, ou dont il provient directement, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec les Etats membres de l'Union européenne, en vigueur au 13 janvier 2009. () ".

18. Il ressort de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 531-1 ou des deuxième à quatrième alinéas de l'article L. 531-2, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 531-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 511-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un Etat membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.

19. Il ne ressort pas du courrier de M. A du 17 mai 2019 en réponse à l'information qui lui a été faite de ce que le préfet envisageait de prononcer sa remise aux autorités italiennes, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que le requérant aurait demandé à être éloigné vers l'Italie. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet ne pouvait pas l'obliger à quitter le territoire français.

20. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

21. Enfin, pour les mêmes motifs, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A en l'obligeant à quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

22. Si M. A soutient que le préfet ne pouvait pas fixer le Mali, pays dont il est originaire, comme pays à destination duquel il pourrait être éloigné, il ressort de ce qui a été énoncé aux points 18 et 19 que la circonstance qu'il était titulaire d'un titre de séjour en cours de validité à la date de la décision contestée ne fait pas obstacle à son éloignement vers le Mali.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Versailles le 12 janvier 2023.

La présidente de la 5ème chambre,

Corinne SIGNERIN-ICRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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