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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00915

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00915

jeudi 22 juin 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00915
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL EQUATION AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B D et Mme A C ont demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler les décisions du 5 janvier 2022 par lesquelles la préfète d'Eure-et-Loir les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement nos 2200194 et 2200195 du 16 mars 2022, le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2022, M. B D et Mme A C, représentés par Me Rouille-Mirza, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler ces décisions ;

3°) d'enjoindre à la préfete d'Eure-et-Loir de leur délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4 °) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;

- elles révèlent un défaut d'examen particulier de leur situation personnelle ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- les décisions fixant le pays de destination méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur leur situation personnelle.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. D et Mme C, ressortissants arméniens respectivement nés le 1er juillet 1992 à Massis et le 18 février 1995 à Stavropol, ont sollicité le 29 janvier 2020 leur admission au séjour au titre de l'asile. Leurs demandes ont été rejetées le 28 juin 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ces décisions ont été confirmées le 27 septembre 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Par deux arrêtés du 5 janvier 2022, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. D et Mme C relèvent appel du jugement du 16 mars 2022 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation des décisions d'éloignement et fixant le pays de destination.

3. En premier lieu, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de leur situation particulière, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. D et Mme C ne présentent en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le premier juge au point 4 et 5 du jugement entrepris.

4. En deuxième lieu, les requérants reprennent en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Ils ne font état ni ne produisent, toutefois, aucun élément susceptible de remettre en cause l'appréciation du premier juge. Pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal et exposés au point 7 du jugement attaqué, le moyen doit ainsi être écarté.

5. En troisième lieu, les requérants reprennent en appel les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision fixant le pays de destination sur leur situation personnelle. Ils ne font état ni ne produisent, toutefois, aucun élément susceptible de remettre en cause l'appréciation du premier juge. Pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés au point 9 du jugement attaqué, ces moyens doivent ainsi être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. D et de Mme C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, leurs conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de leurs conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. D et de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et à Mme A C.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la préfète d'Eure-et-Loir.

Fait à Versailles, le 22 juin 2023.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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