jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE00959 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2110910 du 22 mars 2022, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les 22 avril 2022, 20 mai 2022 et 8 septembre 2022, M. B, représenté par Me Traore, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- les premiers juges ont tiré des conséquences excessives du résultat de l'exercice de leurs pouvoirs d'instruction ;
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour ;
- le refus de titre de séjour litigieux est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour avant son édiction ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur la décision de refus de titre de séjour qui est elle-même illégale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant sénégalais né le 9 août 1988 à Gallade, qui a déclaré être entré en France en 2010, a sollicité le 14 juin 2021 son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 18 novembre 2021, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 22 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. M. B soutient que les premiers juges auraient tiré des conséquences excessives du résultat de l'exercice de leur pouvoir d'instruction. Contrairement à ce que soutient le requérant, toutefois, il ne ressort pas des termes du jugement attaqué que le défaut de réponse à la demande de production de preuves de résidence habituelle sur le territoire national aurait par elle-même entraîné le rejet de sa requête. Le tribunal a seulement estimé que, faute pour le requérant d'avoir produit les pièces demandées, sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans n'était pas établie et que, dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de saisine préalable de la commission du titre de séjour ne pouvait qu'être écarté. Ce faisant le tribunal n'a commis aucune irrégularité, et le moyen doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
4. Le requérant produit, pour la première fois en appel, de nombreuses pièces relatives à sa résidence en France. Ces pièces, variées, démontrent le caractère habituel de celle-ci au cours des années 2010 à 2012 ainsi que depuis 2017. En revanche, elles ne suffisent pas à l'établir entre 2013 et 2016. Les preuves apportées sont particulièrement insuffisantes pour 2013, au titre de laquelle le requérant produit une copie de sa carte vitale, une preuve d'achat et un relevé de frais bancaires, et pour 2015, au titre de laquelle le requérant produit un certificat d'inscription à l'université d'Evry pour l'année 2014-2015 et un autre pour l'année 2015-2016, la copie d'une carte de paiement et celle d'une attestation d'assurance pour l'année 2014-2015, ainsi qu'un relevé de notes de sa deuxième année de licence à laquelle il a été ajourné. Il n'est donc pas fondé, dans ces conditions, à soutenir qu'en s'abstenant de saisir la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Sur le plan de sa vie privée et familiale, le requérant se prévaut de ses liens avec la France, en arguant avoir disposé un temps, par filiation, de la nationalité française avant que la justice française ne constate son extranéité pour des raisons relatives aux conditions dans lesquelles son père avait lui-même obtenu cette nationalité. Il argue également de la durée de sa résidence habituelle sur le territoire national, de la qualité de son intégration sociale par le travail et surtout de la présence sur place de sa compagne et de leur enfant né en 2020. Selon les propres dires de M. B, toutefois, il est entré en France à l'âge de vingt-deux ans et, pour les motifs exposés au point précédent de la présente ordonnance, il n'établit pas suffisamment avoir habituellement résidé dans ce pays depuis. Sa compagne et mère de son très jeune enfant est une compatriote, en situation irrégulière. Il ne fait état d'aucun obstacle à ce que sa vie familiale se poursuive dans son pays d'origine, où il est d'ailleurs constant que réside encore sa mère. Sur le plan professionnel, le requérant produit en appel des attestations de formation, des titres et des diplômes, suivies et obtenus dans le domaine de la sécurité, de la protection et de la surveillance, ainsi que des bulletins de salaires correspondant à des emplois occupés dans ce même domaine depuis 2017. Il produit également un relevé de missions d'intérim accomplies entre 2010 et 2012 pour occuper des emplois variés tels que manutentionnaire, plongeur, cisailleur ou préparateur de commandes. Il produit encore un relevé de carrière qui retient neuf semestres de cotisations au titre des années 2010, 2011, 2012, 2017 et 2018. Ces éléments ne suffisent pas, cependant, à caractériser une intégration professionnelle en France qui soit d'une particulière qualité. Il suit de là que le requérant ne présente ni circonstance humanitaire ni motif exceptionnel, au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, susceptibles de justifier sa régularisation sur le fondement de ces mêmes dispositions. Par suite, le préfet de l'Essonne n'a commis ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation en refusant son admission exceptionnelle au séjour.
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent de la présente ordonnance, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, avec les objectifs en vue desquels la décision contestée a été prise. Pour les mêmes motifs également, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. Il ressort de ce qui vient d'être dit que M. B n'établit pas que le refus de titre de séjour serait entaché d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 28 septembre 2023.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026