jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE01026 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VI VAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être renvoyé d'office.
Par un jugement n° 2109267 du 31 mars 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté, a enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai de deux mois et, enfin, après avoir mis à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au profit de M. A, a rejeté les conclusions de Me Vi Van tendant au bénéfice des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 29 avril 2022, le préfet du Val-d'Oise demande à la cour d'annuler ce jugement.
Il soutient que :
- M. A a été condamné le 14 février 2019 à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir produit de faux documents d'identité en vue de bénéficier d'un placement auprès de l'aide sociale à l'enfance et que le seul fait de produire un passeport biométrique établi postérieurement à cette condamnation ne peut suffire à justifier de son identité et de sa minorité ainsi que l'exigent les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le récépissé de demande de titre de séjour valable du 27 avril au 26 juillet 2021 mentionne effectivement le passeport biométrique précité car les services de la police aux frontières ne l'ont informé que le 29 avril 2021 de leurs vérifications techniques sur l'acte de naissance présenté par M. A ;
- ne pouvant justifier de sa minorité lors de son entrée en France, M. A ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour prévues à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, M. A, représenté par Me Vi Van, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à Me Vi Van, cette dernière renonçant à percevoir la part contributive de l'État, ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée, à ce que la même somme soit versée à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il a bénéficié d'un placement auprès de l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise du fait de sa minorité ;
- sa demande de titre de séjour est fondée sur un acte de naissance du 8 décembre 2019, qui diffère du précédent document qu'il avait présenté au conseil départemental, document qui a motivé sa condamnation et qui a été détruit à la suite de celle-ci ; ce nouvel acte de naissance a permis la délivrance d'un passeport biométrique le 5 novembre 2020 par les autorités consulaires ivoiriennes qui ont vérifié l'authenticité de l'acte qu'il présentait ; il justifie donc de son identité et de son âge, conformément aux dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les moyens soulevés par le préfet ne sont donc pas fondés.
Un mémoire a été enregistré le 16 octobre 2023 pour M. A, postérieurement à la clôture automatique de l'instruction intervenue en application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Versailles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Liogier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, se disant ressortissant ivoirien né le 28 décembre 2002, a fait l'objet d'un arrêté du 30 juin 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être reconduit d'office. Le préfet du Val-d'Oise fait appel du jugement du 31 mars 2022 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en tant qu'il a annulé cet arrêté et lui a enjoint de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ".
2. D'une part, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". L'article L. 432-1 du même code prévoit que : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles. Si l'article 47 du code civil pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays, il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve, par tout moyen, du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En revanche, l'autorité administrative n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre État afin d'établir qu'un acte d'état civil présenté comme émanant de cet État est dépourvu d'authenticité, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont elle dispose sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié. En outre, en cas de contestation, par l'administration, de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté au conseil départemental de l'Yonne, en vue de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, un certificat de nationalité ivoirienne, un extrait des registres des actes d'état civil et une copie intégrale de son acte de naissance qui étaient faux. Après que sa majorité a été constaté par examen osseux, il a été condamné le 14 février 2019 pour ces faits à deux mois de prison avec sursis pour déclaration fausse ou incomplète pour obtenir d'une personne publique ou d'un organisme chargé d'une mission de service public une allocation, une prestation, un paiement ou un avantage indu et détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs. Toutefois, ainsi que l'ont relevé à bon droit les premiers juges, le préfet du Val-d'Oise ne pouvait pas se fonder sur ces faits isolés commis près de deux ans avant l'arrêté litigieux pour estimer que la présence en France de celui-ci constituait une menace à l'ordre public faisant obstacle à la délivrance d'un titre de séjour.
6. Néanmoins, l'arrêté litigieux du 30 juin 2021 était également fondé sur le motif distinct tiré de ce que M. A ne justifiait pas de son état civil et de sa nationalité, en relevant que les pièces qu'il présentait pour justifier de son identité étaient fausses au vu d'un rapport de la police aux frontières établi le 23 avril 2021.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, le requérant a produit une copie intégrale en date du 8 novembre 2019 de son acte de naissance n°768 du 30 décembre 2002 et un extrait d'acte de naissance délivré le 14 mai 2019. Le rapport de la police aux frontières établi le 23 avril 2021 relève qu'en vertu de la loi ivoirienne, les actes d'état civil énoncent l'heure à laquelle ils sont reçus, contrairement aux documents présentés, qu'en vertu de la convention bilatérale franco-ivoirienne, les expéditions de documents doivent être certifiés conformes à l'original par l'autorité émettrice, contrairement aux documents présentés, que les modalités de reproduction des mentions pré-imprimées n'étaient pas habituelles et qu'une faute d'orthographe figure à la dernière ligne de la copie de l'acte de naissance. M. A fait valoir, tout d'abord, que ces documents sont différents de ceux présentés au conseil départemental de l'Yonne et que le préfet ne pouvait ainsi pas se fonder sur sa condamnation pénale pour avoir présenté de faux documents. Toutefois, il n'établit pas que ces documents seraient différents et, à supposer même qu'ils le soient, il ne conteste aucune des anomalies relevées par les services de police. M. A fait, ensuite, valoir qu'il a obtenu de son consulat à Paris un passeport biométrique et une carte consulaire postérieurement à sa condamnation pénale. Toutefois, aucune pièce du dossier ne permet d'établir quels documents ont été présentés au consulat pour l'obtention de ces documents et le courriel produit par M. A de ce consulat, qui mentionne le rôle des différentes instances de contrôle des documents présentés " lorsqu'il y a des raisons de douter de leur authenticité " ou " lorsque le dossier comporte des irrégularités " ne permet pas d'établir l'authenticité des documents produits pour l'obtention de ces pièces d'identité. Par ailleurs, si M. A a produit, en appel, plusieurs copies intégrales de son acte de naissance et extraits du registre des actes de l'état civil, postérieurs à l'arrêté attaqué, ceux-ci continuent de porter une partie des anomalies relevées par la police aux frontières, la seule attestation d'un maire, qui n'est pas l'émetteur des actes litigieux, indiquant que les actes sont désormais faits de cette manière n'étant pas suffisante pour écarter les anomalies détectées et garantir l'authenticité de ces documents. Enfin, M. A souligne qu'il a finalement été pris en charge en tant que mineur isolé par le département du Val-d'Oise. Toutefois, cette seule circonstance, qui résulte d'une ordonnance de placement provisoire du 14 août 2019, ne peut suffire à justifier de son identité ni de l'authenticité des documents qu'il a présentés.
8. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Val-d'Oise, qui n'était pas dans l'obligation de saisir les autorités ivoiriennes pour vérification, renverse la présomption d'authenticité des documents d'état civil présentés par M. A et a pu légalement lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au seul motif que le requérant ne justifiait pas de son état civil et de son âge à la date de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Par suite, le préfet du Val-d'Oise est fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges se sont fondés sur l'absence de menace à l'ordre public que représentait M. A et, subsidiairement, sur la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour annuler son arrêté.
9. Il appartient à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. A devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
10. En premier lieu, par un arrêté n° 20-046 du 17 novembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à Mme C, cheffe du bureau du contentieux des étrangers, pour signer tous arrêtés en toutes matières relevant de l'article 1er dudit arrêté, où figurent notamment les obligations de quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, il résulte des visas et des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise a indiqué les dispositions législatives et conventionnelles qui constituaient le fondement légal de son arrêté, ainsi que les principaux faits fondant sa décision, à savoir, notamment, la condamnation de M. A, dont le jugement du 14 février 2019 est produit, et l'expertise de la police aux frontières sur les documents d'identité qu'il présentait. Ces éléments étaient suffisants pour que M. A puisse comprendre et contester utilement la décision du préfet du Val-d'Oise, qui n'était pas tenu de mentionner tous les faits portés à sa connaissance sur la situation de M. A. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il vient d'être dit, que M. A a été condamné par un jugement du 14 février 2019 à deux mois de prison avec sursis. En outre, le préfet ne conteste pas que M. A a présenté une pièce d'identité lors de sa demande de titre de séjour mais a remis en cause la date de naissance qui y figurait. Par suite, contrairement à ce que M. A soutient, l'arrêté litigieux n'est entaché d'aucune erreur de fait et ce moyen doit être écarté.
13. En quatrième lieu, il ne ressort pas des motifs de la décision attaquée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
14. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur un autre fondement même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas formé de demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet, qui n'y était pas tenu, n'a pas examiné sa demande sur ce fondement. Par suite, M. A ne peut utilement invoquer le bénéfice de ces dispositions.
15. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / (). ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
16. M. A se prévaut de son sérieux dans sa scolarité, dans le cadre d'un certificat d'aptitudes professionnelles " monteur en installations sanitaires ", et de la présence de son frère sur le territoire. Toutefois, il indique être entré en France clandestinement en décembre 2018, soit deux ans et demi avant l'arrêté litigieux. En outre, il est célibataire, sans charge de famille et sa mère continue de résider en Côte d'Ivoire. Si son frère jumeau réside sur le territoire français, il n'est titulaire d'aucun titre de séjour, sa demande étant en cours d'instruction, et ne justifiait que de la détention de récépissés de demande de titre de séjour valables du 2 février au 14 juillet 2021. Enfin, ainsi qu'il a été dit ci-avant, il a présenté de faux documents d'identité afin d'obtenir son placement en qualité de mineur isolé étranger dans le département de l'Yonne, ainsi qu'il ressort de sa condamnation pénale pour ces faits. Dans ces conditions, en édictant l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale de façon disproportionnée au regard des buts poursuivis par cet arrêté. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
17. En septième lieu, il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué en tant qu'il refuse un titre de séjour à M. A n'est pas entaché d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de titre à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé et doit être écarté.
18. En huitième lieu, il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué en tant qu'il fait obligation à M. A de quitter le territoire français n'est pas entaché d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la fixation du pays de destination n'est pas fondé et doit être écarté.
19. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
20. M. A fait valoir, succinctement, que lui et son frère jumeau ont subi des violences intrafamiliales du fait de leur gémellité. Toutefois, aucune pièce du dossier ne permet de tenir pour établies de telles violences ou de justifier le risque qu'il encourrait en cas de retour dans son pays. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
21. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Val-d'Oise est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 30 juin 2021, lui a enjoint de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire et a mis à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais liés à l'instance. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par M. A en appel au titre des frais liés à l'instance sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n° 2109267 du 31 mars 2022 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
Article 2 : La demande présentée par M. B A devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est rejetée.
Article 3 : Les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 de M. A en appel sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
Mme Danielian, présidente assesseure,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
C. LiogierLa présidente,
L. Besson-Ledey
La greffière,
A. Audrain-Foulon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
N°22VE01026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026