jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE01380 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Le syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision par laquelle la commune de Rueil-Malmaison a implicitement rejeté leur demande en date du 6 août 2019, reçue le 13 août suivant, tendant au retrait ou à l'abrogation de la nomination de Mme A au poste de coordinatrice du secteur éducation sportive, et à ce que les agents de la commune placés en surnombre titulaires du grade d'éducateur territorial des activités physiques et sportives (ETAPS) se voient proposer ce poste.
Par un jugement n° 1913137 du 1er avril 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er juin 2022, 25 août 2023, ainsi qu'un mémoire enregistré le 6 octobre 2023 qu'il n'a pas été jugé utile de communiquer, le syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison, représenté par Me Halpern, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cette décision ;
3°) d'enjoindre à la commune de Rueil-Malmaison de rechercher pour MM C, B et D des postes disponibles correspondant à leur grade et leur cadre d'emplois ou dans un autre cadre d'emplois avec leur accord dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Rueil-Malmaison la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation en qualifiant la décision d'affectation de Mme A sur le poste de " coordinatrice secteur éducation sportive " de mesure d'ordre intérieur ; d'une part, la commune n'établit pas que Mme A exerçait déjà auparavant des missions semblables, d'autre part, il est établi que la réorganisation du service des sports n'avait été annoncée que lors du comité technique du 26 mars 2019 et que le poste de coordinatrice secteur éducation sportive constituait une création de poste ETAPS ; cette création de poste aurait donc dû faire l'objet d'une publication d'un avis de vacance de poste auprès du centre interdépartemental de gestion et être proposé en priorité aux ETAPS maintenus en surnombre ; le non-respect par la décision litigieuse du droit de priorité d'affectation d'un agent maintenu en surnombre du fait de la suppression de son poste en application de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 constitue à l'évidence une atteinte aux intérêts collectifs des agents publics au sens de l'article 8 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- la décision litigieuse méconnaît les dispositions de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et d'une violation de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle est fondée sur l'engagement syndical des agents non reclassés ; les autres ETAPS de la commune se sont vu proposer en effet le poste en question, comme l'a reconnu le directeur des sports lui-même lors de la séance du comité technique du 26 mars 2019, ce qui ne fut pas le cas pour MM. Medjahed, B, Guezello, C et D.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet et 25 septembre 2023, la commune de Rueil-Malmaison, représentée par Me Carrere, avocat conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur ;
- les moyens soulevés par le syndicat ne sont pas fondés ;
- les conclusions à fin d'injonction du syndicat sont devenues sans objet dès lors que MM C, B et D ont été mis à disposition du CIG de la Petite Couronne à compter du 1er novembre 2019.
Par une ordonnance du 26 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Florent,
- les conclusions de Mme Villette, rapporteure publique,
- et les observations de Me Redler substituant Me Halpern pour le syndicat C.G.T. des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison et de Me Lefébure pour la commune de Rueil-Malmaison.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Rueil-Malmaison a procédé à compter du 26 mars 2019 à l'affectation de Mme A, éducatrice territoriale des activités physiques et sportives titulaire, au poste de coordinatrice secteur éducation sportive. Par un courrier du 6 août 2019 reçu le 13 août suivant, demeuré sans réponse, le syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison et le syndicat Force Ouvrière du personnel territorial de la ville de Rueil-Malmaison ont demandé à la commune de Rueil-Malmaison, d'une part, de procéder au retrait ou à l'abrogation de cette décision, et, d'autre part, de proposer notamment ce poste à plusieurs agents de la commune titulaires du grade d'éducateur territorial des activités physiques et sportives (ETAPS) placés en surnombre du fait de la suppression de leur emploi le 15 octobre 2018. Par la présente requête, syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison relève appel du jugement du 1er avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de la décision de la commune née du silence gardé sur sa demande du 6 août 2019.
2. Un syndicat justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour contester une mesure de nomination à un emploi du corps qu'il représente dès lors que cette nomination est susceptible d'affecter de façon suffisamment directe et certaine les intérêts collectifs des membres du corps dont il assure la défense, quand bien même elle n'aurait pas eu pour conséquence directe de priver un autre membre de ce corps de la possibilité d'accéder à un emploi de même nature.
3. Aux termes de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Dès lors qu'un emploi est susceptible d'être supprimé, l'autorité territoriale recherche les possibilités de reclassement du fonctionnaire concerné. () Si la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an. Pendant cette période, tout emploi créé ou vacant correspondant à son grade dans la collectivité ou l'établissement lui est proposé en priorité () "
4. Il ressort des pièces du procès-verbal du comité technique du 26 mars 2019 qu'à cette date, la commune de Rueil-Malmaison a procédé à la réorganisation de la direction des sports et décidé de confier à l'ancienne coordinatrice du secteur tennis, Mme A, le poste de coordinatrice du secteur éducation sportive, regroupant le secteur tennis mais également l'ensemble du " secteur ETAPS ". Si la commune de Rueil-Malmaison fait valoir que ce poste de coordonnateur secteur éducation sportive constitue une simple évolution du poste existant de coordinatrice du secteur tennis, dans le cadre de la réorganisation globale de la direction des sports, afin d'anticiper un futur départ à la retraite de la coordinatrice des ETAPS, il ressort néanmoins du même procès-verbal que l'ancien poste de Mme A n'a pas été supprimé, la commune prévoyant de recruter un coordinateur pédagogique qui enseignerait également le tennis, et que ce poste a fait l'objet d'un avis de vacance en raison d'une " mutation interne " publié le 22 juillet 2019. Par ailleurs, l'ancien poste de coordinatrice des ETAPS n'a pas davantage été supprimé mais transformé en poste de coordinateur école des sports. Il en résulte que le syndicat requérant est fondé à soutenir que le poste de coordinateur secteur éducation sportive constitue une création nouvelle d'emploi et que la décision contestée, qui prévoit la nomination d'un agent sur ce nouvel emploi, sans publicité préalable et alors que ce poste aurait dû être proposé en priorité aux ETAPS maintenus en surnombre par la commune, ne constitue pas une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours.
5. Par suite, le syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal a rejeté sa demande comme irrecevable pour ce motif. Son jugement en date du 1er avril 2022 doit, dès lors, être annulé.
6. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par le syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison devant le tribunal administratif de Cergy- Pontoise.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que le syndicat requérant est fondé à demander l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par la commune sur sa demande du 6 août 2019 dès lors qu'ainsi qu'il vient d'être dit, ce poste n'a pas été proposé en priorité aux ETAPS en attente de reclassement.
8. Compte tenu par ailleurs de l'annulation ce jour par la cour du maintien en surnombre et de la radiation des effectifs de MM. C et B, ETAPS de la commune de Rueil-Malmaison et de l'annulation par le tribunal de ces mêmes décisions concernant M. D par un jugement du 31 mars 2022 devenu définitif, il y a lieu d'enjoindre à la ville de proposer le poste de coordinateur du secteur éducation sportive à ces agents, lesquels bénéficient d'un droit de priorité à la date du présent arrêt, dans un délai de deux mois.
9. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Rueil-Malmaison la somme de 1 500 euros à verser au syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de rejeter la demande présentée au même titre par la commune.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement du 1er avril 2022 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
Article 2 : La décision implicite de la commune de Rueil-Malmaison rejetant la demande de retrait ou d'abrogation de la décision de nomination de Mme A sur le poste de coordinatrice secteur éducation sportive est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Rueil-Malmaison de proposer le poste de coordinateur du secteur éducation sportive à MM C, B et D dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt.
Article 4 : La commune de Rueil-Malmaison versera au syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête du syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison est rejeté.
Article 6 : Les conclusions de la commune de Rueil-Malmaison présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent arrêt sera notifié au syndicat CGT des agents territoriaux de la ville de Rueil-Malmaison et à la commune de Rueil-Malmaison.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Albertini, président de chambre,
M. Pilven, président assesseur,
Mme Florent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
J. FLORENTLe président,
P-L. ALBERTINILa greffière,
F. PETIT-GALLAND
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026