LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE01440

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE01440

jeudi 9 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE01440
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C G et Mme B H ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler les arrêtés du 4 janvier 2022 par lesquels le préfet de l'Essonne les a obligés à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de leur éloignement.

Par un jugement nos 2200794, 2200795 du 9 mars 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 juin 2022 et le 12 février 2023, sous le n° 22VE01440, M. C G, représenté par Me Fournier, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation administrative sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Fournier, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. G soutient que :

- le premier juge a omis de statuer sur le moyen tiré de la violation de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et de son droit à être entendu ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par un auteur incompétent ;

- elle est insuffisamment motivée, entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur de fait ;

- elle n'a pas été précédée du recueil de ses observations ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 425-9, L. 425-10, L. 611-3, R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 juin 2022 et le 12 février 2023, sous le n° 22VE01441, Mme B H, représentée par Me Fournier, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation administrative sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Fournier, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme H soutient que :

- le premier juge a omis de statuer sur le moyen tiré de la violation de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et de son droit à être entendue ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par un auteur incompétent ;

- elle est insuffisamment motivée, entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur de fait ;

- elle n'a pas été précédée du recueil de ses observations ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 425-9, L. 425-10, L. 611-3, R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme H ne sont pas fondés.

M. G et Mme H ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 10 mai 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention signée à Genève le 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme F a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Il y a lieu de joindre les requêtes nos 22VE01440 et 22VE01441 qui ont fait l'objet d'une instruction commune pour y statuer par un même arrêt.

2. Mme B H et M. C G, ressortissants russes nés respectivement le 27 juin 1993 et le 14 novembre 1992, sont entrés sur le territoire français le 16 juin 2017, pour solliciter leur admission au séjour au titre de l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile par deux décisions du 31 octobre 2019, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 28 juin 2021. Par deux arrêtés du 4 janvier 2022, le préfet de l'Essonne les a obligés à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être renvoyés en cas d'exécution d'office. Mme H et M. G relèvent appel du jugement du 9 mars 2022 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

Sur la régularité du jugement :

3. Par des mémoires enregistrés le 27 février 2022 au greffe du tribunal administratif de Versailles, M. G et Mme H avaient soulevé, au soutien de leurs conclusions aux fins d'annulation des arrêtés du 4 janvier 2022 et chacun en ce qui le concerne, un moyen tiré de la violation du droit d'être entendu préalablement à l'adoption de toute décision défavorable. Le tribunal ne s'est pas prononcé sur ces moyens, qui n'étaient pas inopérants. Par suite, son jugement doit être annulé.

4. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur les demandes présentées par M. G et Mme H devant le tribunal administratif de Versailles.

Sur la légalité des arrêtés contestés :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français

5. En premier lieu, par un arrêté du 9 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de l'Essonne du même jour, M. A E, adjoint au chef de bureau de l'asile, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer, en cas d'absence de M. D, directeur de l'immigration et de l'intégration et des chefs de bureau de cette direction, les décisions attaquées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D ou les chefs de bureau précités n'auraient pas été absents ou empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions manque en fait et doit être écarté.

6. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, les moyens tirés du défaut de motivation de ces décisions doivent être écartés. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de ces décisions, M. G ou Mme H auraient fait parvenir au préfet des éléments circonstanciés sur l'état de santé de leur fils qu'il aurait appartenu au préfet de prendre en compte avant l'adoption des décisions attaquées. Dès lors, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de la situation personnelle des requérants et en tout état de cause ceux tirés de l'erreur de fait contenue dans ces décisions doivent être écartés.

7. En troisième lieu, les requérants ne peuvent utilement invoquer la violation des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'encontre des décisions contestées. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande d'asile. Lorsqu'il sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, l'intéressé ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le rejet de la demande d'asile, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise en conséquence du refus définitif de reconnaissance de la qualité de réfugié ou de l'octroi du bénéfice de la protection subsidiaire.

8. En l'espèce, M. G et Mme H, qui ont présenté des demandes d'asile, ont été entendu devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. En outre, il leur appartenait, ainsi qu'il a été indiqué ci-dessus, de fournir spontanément à l'administration, notamment à la suite des décisions de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 octobre 2019 et des décisions de rejet de la Cour nationale du droit d'asile du 28 juin 2021, tout élément utile relatif à leur situation. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G et Mme H aurait été empêchés de présenter les éléments relatifs à leur situation de manière utile et effective. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions en litige auraient été prises en méconnaissance de leur droit d'être entendus.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 532-57 du même code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".

10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des extraits de la base de données " Telemofpra " produits par le préfet et qui font foi jusqu'à preuve contraire, qui n'est pas ici rapportée, que les décisions de la Cour nationale du droit d'asile concernant les requérants ont été lues le 28 juin 2021 et leur ont été notifiés le 26 juillet 2021. Dès lors, M. G et Mme H ne sont pas fondés à soutenir qu'ils disposaient d'un droit au séjour au titre de l'asile à la date des arrêtés attaqués.

11. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. ".

12. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Aux termes de l'article R 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".

13. Il résulte de ces dispositions que, même si elle n'a pas été saisie d'une demande de titre de séjour pour soins, l'autorité administrative qui dispose d'éléments d'information suffisamment précis et circonstanciés établissant qu'un étranger résidant habituellement sur le territoire français est susceptible de bénéficier des dispositions protectrices du 9° de l'article L. 611-3 du même code doit, avant de prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français, recueillir l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

14. En l'espèce, à la date de la décision attaquée, le préfet n'avait pas été saisi par les requérants d'une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-10 précité. Si M. G et Mme H font valoir que l'état de santé de leur fils fait obstacle à leur éloignement et aurait dû conduire le préfet à saisir le collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, ils n'ont communiqué à ce dernier aucun élément circonstancié établissant que l'état de santé de celui-ci nécessiterait une prise en charge dont le défaut pourrait l'exposer à des conséquences d'une exceptionnelle gravité. A cet égard, la circonstance que M. G ait indiqué, lors d'une audition par les services de police en 2019, que son fils était autiste, était insuffisante. Cette démonstration n'est pas non plus apportée à l'instance par la production de documents médicaux attestant de séances de psychomotricité hebdomadaires. Dès lors, les moyens tirés du vice de procédure et de l'erreur de droit fondés sur les dispositions précitées doivent, en tout état de cause, être écartés.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

16. M. G et Mme H sont entrés sur le territoire français le 16 juin 2017 à l'âge de vingt-cinq et vingt-quatre ans pour y demander l'asile. S'ils font valoir la présence du père et du frère de M. G, ils ne démontrent ni l'intensité de leurs liens ni que leur présence à leurs côtés serait nécessaire. Aucune circonstance ne fait obstacle à la reconstitution de leur famille et à la poursuite de la scolarité de leur plus jeune fils, né en 2014, dans leur pays d'origine. Dès lors, les moyens tirés de la violation des dispositions précitées doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet en adoptant les décisions attaquées doivent également être écartés.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions d'obligation de quitter le territoire français prises à leur encontre le 4 janvier 2022.

18. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les éléments de droit et de fait qui en constitue le fondement. Dès lors, les moyens tirés du défaut de motivation de ces décisions doivent être écartés.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 33 de la convention de Genève : " 1. Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques () ".

20. Les requérants ne se sont pas vu reconnaître le statut de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. S'ils soutiennent être exposés à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour et à un risque pour leur vie, ils ne précisent pas la nature des risques auxquels ils seraient soumis qui ne peuvent dès lors être tenus pour établis. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations précitées doivent être écartés.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués du 4 janvier 2022. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : Le jugement nos 2200794, 2200795 du 9 mars 2022 du tribunal administratif de Versailles est annulé.

Article 2 : Les demandes présentées par M. G et Mme H devant le tribunal administratif de Versailles ainsi que leurs conclusions présentées en appel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C G, à Mme B H et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Albertini, président de chambre,

M. Mauny, président assesseur,

Mme Villette, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.

La rapporteure,

A. FLe président,

P.-L. ALBERTINI La greffière,

S. DIABOUGA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le sconcerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nos 22VE01440, 22VE01441

Décisions similaires

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669

03/08/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953

03/08/2026

CAA44excès de pouvoir

Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278

Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.

01/07/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295

Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

01/07/2026

← Retour aux décisions