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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE01564

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE01564

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE01564
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL OBADIA & ASSOCIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La SARL France Building International a demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de ses exercices clos en 2016 et 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, de lui accorder la remise gracieuse des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016 et de condamner l'administration fiscale à l'indemniser du préjudice qu'elle a subi du fait du retard à lui délivrer une attestation de régularité fiscale.

Par un jugement n° 2006481 du 25 mai 2022, le tribunal administratif de Versailles a constaté qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions de la société à hauteur du dégrèvement intervenu en cours d'instance, a prononcé la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2016 à concurrence d'une réduction en base de 21 000 euros, ainsi que des pénalités et majorations y afférentes et a rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 juin 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande à la cour :

1°) d'annuler les articles 2 et 3 de ce jugement en tant qu'ils ordonnent une réduction en base de 21 000 euros et la décharge, à proportion de cette réduction, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2016 ;

2°) de remettre à la charge de la SARL France Building International cette cotisation.

Il soutient que la somme de 21 000 euros constituant le remboursement d'un prêt versé par le gérant à la société, elle ne correspond pas à la diminution de l'actif net de la société et ne peut donc venir en déduction de son résultat imposable.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2023, la SARL France Building International, représentée par Me Obadia, avocat, conclut au rejet de la requête et, par la voie de l'appel incident, demande à la cour de prononcer la décharge totale, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de ses exercices clos en 2016 et 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- si la charge de 21 000 euros n'est pas déductible de son résultat imposable car elle constitue le remboursement d'un prêt à son gérant, les versements initiaux de 23 010 euros de son gérant pour lui prêter la somme ne sont pas imposables alors qu'ils ont été compris dans son chiffre d'affaires ; son bénéfice reconstitué doit donc être diminué de 23 010 euros, en lieu et place des 21 000 euros admis par le tribunal ;

- elle est en droit de bénéficier de charges supplémentaires à hauteur de 23 806,16 euros au titre des sommes versées à l'URSSAF, à PROBTP, au CIBTP et à une assurance multirisque professionnelle ;

- les prélèvements faits par le gérant à hauteur de 25 214 euros ont été qualifiés par le service de traitements et salaires chez son gérant ; il est donc incohérent de refuser la déduction de cette charge au motif qu'elle n'aurait eu aucune contrepartie ; elle est fondée à demander la déduction de cette charge sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales au vu de la prise de position sur cette somme chez son gérant ;

- elle conteste la totalité des rappels, comme en première instance, au regard de l'effet dévolutif de l'appel.

Par un courrier du 2 mai 2024, les parties ont été informées, conformément aux dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'arrêt à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées à fin de décharge en tant qu'elles concernent la déduction d'une assurance professionnelle pour un montant de 2 251 euros déjà admise par l'administration en cours d'instance devant le tribunal administratif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Liogier,

- et les conclusions de M. Illouz, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) France Building International, qui exerce l'activité de travaux de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment, dont M. A était l'associé majoritaire et le gérant, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. A l'issue de ce contrôle, l'administration lui a notifié, selon la procédure de taxation d'office, des rectifications en matière d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2016 et 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique fait appel du jugement du 25 mai 2022 du tribunal administratif de Versailles en tant qu'il a déchargé partiellement la société de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016. Par un appel incident, la SARL France Building International demande la décharge intégrale des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge.

Sur l'appel principal :

2. Aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés ".

3. Il résulte de l'instruction que, lors du contrôle de la SARL France Building International, l'administration a constaté que des prélèvements avaient été effectués en espèces ou par virements au profit de son gérant majoritaire, M. A, pour un montant de 43 202 euros. Il ressort des motifs du point 20 du jugement attaqué que les premiers juges ont considéré qu'à hauteur de 21 000 euros, ces sommes constituaient le remboursement partiel d'un emprunt de 23 010 euros que lui avait concédé son gérant et qu'elles représentaient donc une charge déductible des résultats de la société. Or, ainsi que le soutient l'administration, le remboursement du principal d'un emprunt n'influence pas le résultat de l'entreprise et n'entraîne aucune diminution de son actif net. Par suite, le ministre est fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont estimé que la somme de 21 000 euros constituait une charge déductible des résultats de la société pour accorder une décharge à la société à proportion de la réduction de ce montant en base.

4. Il appartient à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par la SARL France Building International devant le tribunal administratif de Versailles et la cour.

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / () 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 ; / 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () ". Aux termes de l'article L. 68 de ce livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure () " La souscription, par un redevable qui relève du régime réel normal d'imposition, des déclarations prévues pour les contribuables soumis au régime simplifié d'imposition est assimilable à un défaut de déclaration qui justifie le recours à la procédure de taxation d'office.

6. D'une part, il résulte de l'instruction que la société requérante relevait du régime réel normal d'imposition pour la période en litige, ce qu'elle ne conteste d'ailleurs pas, la seule circonstance qu'elle ignorait qu'elle était imposable à ce régime, et non au régime réel simplifié, est indifférente au fait qu'elle n'a pas souscrit les déclarations de résultats correspondant au régime réel normal d'imposition comme elle était tenue de le faire. En outre, contrairement à ce qu'elle soutient, la société ne justifie d'aucune prise de position des services fiscaux sur le régime d'imposition qui lui était applicable, notamment dans le courrier du 13 septembre 2007 qui se borne à acter le régime qu'elle a elle-même déclaré au centre de formalités des entreprises lors de sa création, ou de l'attestation de régularité fiscale du 18 septembre 2018 qui se limite à constater qu'elle a déposé des déclarations de résultats, sans mentionner, au demeurant, les années d'imposition concernées par ladite attestation.

7. D'autre part, il est constant qu'avant de mettre en œuvre la procédure de taxation d'office à l'encontre de la SARL France building international concernant les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre de l'exercice clos en 2016, le service lui a adressé, le 20 août 2019, une mise en demeure de souscrire ses déclarations de résultats au titre de l'exercice clos en 2016, qui n'a pas été suivie d'effet. Il résulte des mentions de cette mise en demeure, que celle-ci, qui a été formulée sur un imprimé 2116, précise la déclaration concernée, à savoir la déclaration n° 2065 et ses tableaux annexes n° 2050 à 2059 G, la période ou l'année concernée, à savoir les revenus ou bénéfices de l'année 2016, le service destinataire concerné, à savoir la première brigade de vérification de l'Essonne située à Evry, à laquelle appartient son signataire, ainsi que les textes applicables en matière de pénalités et de procédure d'imposition. La seule circonstance que cette mise en demeure ne mentionne pas la date à laquelle cette déclaration de résultats aurait dû être déposée ou le texte fondant l'obligation déclarative est sans incidence sur sa régularité dès lors que, d'une part, ces mentions ne sont exigées par aucun texte et que, d'autre part, la mise en demeure mentionne les dispositions de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales, qui renvoie lui-même aux règles prévoyant l'obligation déclarative de la société. C'est, par suite, à bon droit que l'administration a mis en œuvre la procédure de taxation d'office pour le résultat imposable de l'exercice clos en 2016.

8. En deuxième, il ressort des mentions non contestées de la proposition de rectification en date du 7 octobre 2019, que, par un courrier du 6 février 2019, la SARL France building international a été informée de l'engagement à son encontre d'une vérification de comptabilité et de ce qu'une première intervention était prévue le 19 mars 2019 à l'adresse de son siège social. Par un courriel en date du 18 février 2019, le gérant, M. A, a informé le service vérificateur de son absence du territoire français du 14 mars au 26 avril 2019. Par un courriel du 22 février 2019, faisant suite à un échange téléphonique du même jour, le service vérificateur lui a indiqué que la première intervention pouvait être reportée dans un délai raisonnable et qu'il avait la possibilité de mandater la personne de son choix. Par un courrier du 11 mars 2019, le gérant l'a informé qu'il ne pourrait pas se présenter à la première intervention, qu'il n'avait pu mandater personne pour le représenter et qu'il allait écourter son séjour au Togo et lui indiquer ultérieurement la date de son retour en France. Après avoir constaté que personne ne s'était présenté au rendez-vous du 19 mars 2019, le service vérificateur a fixé une nouvelle date de première intervention au 18 avril 2019, à laquelle le gérant et le comptable de la société se sont présentés. A la suite d'une demande en ce sens présentée par le gérant de la société, les interventions ultérieures se sont déroulées à l'adresse du cabinet comptable, et une réunion de synthèse a eu lieu le 4 octobre 2019. Ainsi, la circonstance que le gérant de la société ait été absent du territoire français à la date du premier rendez-vous fixé le 19 mars 2019 n'a eu aucune incidence sur la vérification de comptabilité dont a fait l'objet la SARL France Building International, ni, en toute hypothèse, sur l'existence d'un débat oral et contradictoire. Par ailleurs, en se bornant à soutenir qu'elle n'a pas été en mesure de débattre des éléments sur lesquels le service vérificateur s'est fondé pour justifier le redressement en litige, sans apporter le moindre élément à l'appui de ses allégations, la société requérante ne conteste pas utilement les mentions de la proposition de rectification en date du 7 octobre 2019, qui précisent que les rectifications envisagées ont été discutées et débattues au cours des différents entretiens et en particulier au cours de la réunion de synthèse.

9. Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique est ainsi fondé à demander, d'une part, l'annulation des articles 2 et 3 du jugement du 25 mai 2022 du tribunal administratif de Versailles en tant qu'ils ordonnent une réduction en base de 21 000 euros et la décharge, à proportion de cette réduction, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2016, ainsi que, d'autre part, le rétablissement à due proportion de cette imposition.

Sur l'appel incident de la SARL France Building International :

10. En premier lieu, la SARL France Building International persiste à contester en appel la remise en cause par l'administration de la déduction de ses frais d'assurance pour un montant de 2 251 euros. Toutefois, l'administration a admis cette charge en déduction de son résultat imposable et a ordonné le dégrèvement correspondant, postérieurement à l'introduction de la requête devant le tribunal, qui en a pris acte et prononcé un non-lieu à statuer à hauteur de ce dégrèvement. Les conclusions présentées en appel tendant à la décharge des impositions litigieuses à raison de cette somme avaient, dans cette mesure, perdu leur objet avant l'introduction de la requête d'appel et doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Les impositions en litige ayant été établies d'office à la suite de la mise en œuvre de la procédure de taxation d'office, la charge de la preuve de l'exagération des impositions mises à sa charge lui incombe.

12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la société n'a présenté aucune comptabilité pour l'exercice clos en 2016 mais qu'elle a déclaré un montant de produits de 338 575 euros, que l'administration n'a pas remis en cause lors du contrôle. La société soutient que le prêt de 23 010 euros consenti par son gérant en février 2016 a été compris dans les produits imposables qu'elle a déclarés. Elle demande que cette somme, qui n'influe pas sur son actif net, soit déduite de son résultat imposable. Toutefois, pour appuyer ses dires, tout en affirmant que les produits imposables de l'exercice s'élèvent à 330 935 euros, elle produit l'intégralité de ses comptes bancaires, dont le total des crédits s'élève à 343 881 euros. Dans ces conditions, en l'absence de tout élément sur le montant déclaré initialement, la société ne justifie pas de ce que le prêt de 23 010 euros aurait été inclus, à tort, dans les produits imposables de l'exercice.

13. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 7 octobre 2019, que l'administration a admis des salaires bruts pour un montant de 26 223 euros, qui contiennent nécessairement les cotisations salariales correspondantes. Or, ainsi que l'ont relevé à bon droit les premiers juges au point 23 du jugement attaqué, par des motifs qu'il convient d'adopter, la société ne justifie pas, par la production des récapitulatifs de cotisations de l'URSSAF, du groupe PROBTP et des états trimestriels des cotisations engagées auprès de la CIBTP, du montant de la part patronale de ces cotisations qui, seule, pourrait être déduite du résultat imposable. Par suite, la demande de déduction de ces sommes du résultat imposable de l'exercice clos en 2016 doit être rejetée.

14. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que le gérant a effectué des prélèvements à hauteur de 43 202 euros. Pour un montant de 21 000 euros, ainsi qu'il a été dit au point 3, ces sommes constituaient le remboursement d'un prêt à son gérant. Pour le solde de 22 202 euros, en se bornant à soutenir que son gérant travaillait effectivement pour son compte, la société ne justifie pas de la nature des sommes versées à son gérant alors que ces prélèvements n'ont pas été comptabilisés, n'ont fait l'objet d'aucune déclaration sociale ni cotisation et n'ont donné lieu à l'émission d'aucun bulletin de salaire au nom du gérant. Enfin, le fait que l'administration ait taxé les sommes dans la catégorie des traitements et salaires chez M. A, ainsi qu'elle l'a d'abord fait valoir dans la proposition de rectification du 7 octobre 2019, postérieurement à l'émission de l'imposition primitive d'impôt sur les sociétés de l'exercice clos en 2016, ne constitue pas une prise de position formelle au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.

15. En dernier lieu, la société requérante demande également la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mise à sa charge. Toutefois, elle n'assortit ces conclusions qui, en tout état de cause, constitueraient un litige distinct de celui porté en appel par le ministre, d'aucun moyen en appel. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.

16. Il résulte de ce qui précède que la SARL France Building International n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté le surplus de sa demande de décharge. Ses conclusions tendant à l'attribution des frais exposés au cours de l'instance sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent, par suite, également être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : Les articles 2 et 3 du jugement n° 2006481 du 25 mai 2022 du tribunal administratif de Versailles sont annulés.

Article 2 : La cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle la SARL France Building International a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016 est remise à sa charge à concurrence de la réintégration en base de la somme de 21 000 euros.

Article 3 : Les conclusions d'appel incident présentées par la SARL France Building International et ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL France Building International, à Me Souchon Alain-François en sa qualité de liquidateur de la SARL France Building International et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Besson-Ledey, présidente,

Mme Danielian, présidente assesseure,

Mme Liogier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

La rapporteure,

C. LiogierLa présidente,

L. Besson-Ledey

La greffière,

T. TollimLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

N°22VE01564

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