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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE01585

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE01585

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE01585
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSADOUN MEDJABRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ainsi que la décision du même jour par laquelle le préfet l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement n° 2202590 du 17 mars 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 29 juin 2022, M. A, représenté par Me Sadoun-Medjabra, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler ces arrêtés ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le jugement attaqué a été rendu en méconnaissance du caractère contradictoire de l'instruction pour avoir eu communication du mémoire en défense quelques minutes avant l'audience, sans que la première juge n'ait accédé à sa demande de renvoi ;

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les dispositions du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- sa durée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A est un ressortissant algérien né le 24 juillet 1986 à Sidi Bel Abbes, qui a déclaré être entré irrégulièrement en France en 2013. Par deux arrêtés du 21 février 2022, le préfet des Hauts-de-Seine, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. A relève appel du jugement du 17 mars 2022 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces arrêtés.

Sur la régularité du jugement :

3. Il ressort des pièces du dossier de première instance que la demande puis les pièces et le mémoire complémentaire dont M. A a saisi le tribunal ont été enregistrés les 22 février, 5 mars et 9 mars 2022. Son conseil a reçu, le 10 mars 2022, l'avis l'informant que l'affaire serait inscrite au rôle de l'audience publique du 15 mars suivant à 10h. Le préfet des Hauts-de-Seine a produit, le jour de l'audience, un mémoire en défense communiqué à 9h48 au conseil de M. A qui l'a reçu à 9h50. M. A soutient que la première juge aurait rendu sa décision sans respecter le principe du contradictoire ni les droits de la défense, faute d'avoir accédé à sa demande de renvoi de l'audience, motivée par la communication tardive du premier mémoire en défense du préfet. Cependant, la demande de renvoi n'a été adressée au tribunal qu'à 10h19, par courrier, M. A n'étant ni présent ni représenté à l'audience. Vu ces circonstances, aucun motif exceptionnel tiré des exigences du débat contradictoire n'imposait au juge de faire droit à sa demande de renvoi de l'audience. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité du jugement en raison de la méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense ne peut qu'être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. Le moyen tiré du vice de procédure tenant à la méconnaissance du principe des droits de la défense, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne produit ni ne fait état d'aucun élément qui soit de nature ou suffise à remettre en cause l'appréciation portée par la première juge, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal et exposés au point 3 du jugement entrepris.

5. M. A soutient que le préfet aurait commis une erreur de fait en indiquant qu'il n'avait pas accompli de démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative. Il entend établir le contraire en produisant la copie d'un message que lui aurait adressé la préfecture des Hauts-de-Seine, faisant état du classement d'une demande de titre de séjour dont il aurait saisi cette autorité. Cependant, en tout état de cause, l'obligation de quitter le territoire français en litige n'est pas fondée sur cette circonstance mais, en vertu du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur les circonstances selon lesquelles le requérant, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Or ces circonstances ne sont pas contestées ou ne le sont plus en appel, la première juge ayant estimé à bon droit au point 5 du jugement attaqué que le requérant n'était pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur en relevant l'irrégularité des conditions de son entrée sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de cette première erreur de fait doit être écarté.

6. M. A soutient à nouveau en appel que le préfet aurait commis une erreur quant à ses attaches familiales en France, et à celles qu'il conserve en Algérie. Il reprend également en appel les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien susvisé et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Il se prévaut à nouveau, également, de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. Il produit deux certificats médicaux émis postérieurement à la décision litigieuse, dans des termes peu circonstanciés, par un médecin de ville, qui font état de l'aide que M. A apporterait quotidiennement à sa sœur handicapée pour s'occuper de son jeune neveu, et à son beau-père très âgé et dépendant. Par elles-mêmes cependant, ces pièces ne suffisent pas à remettre en cause l'appréciation portée à juste titre par la première juge. Dès lors, pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par la première juge et exposés aux points 6 à 10 du jugement attaqué, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes () ".

8. M. A soutient que le préfet aurait commis une erreur de fait et une erreur de droit en indiquant qu'il n'avait pas accompli de démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative et en lui refusant subséquemment, sur le fondement du 1° précité de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui accorder un délai de départ volontaire. Le requérant se prévaut de la même copie que celle mentionnée au point 5 de la présente ordonnance, par laquelle il entend à nouveau justifier avoir accompli des démarches en vue de la délivrance d'un premier titre de séjour. Cependant, non seulement cette pièce n'est pas suffisante, vu ses mentions, pour prouver qu'une telle démarche aurait déjà été introduite par M. A à la date de la décision en litige, mais en plus, il ressort des termes de l'arrêté comportant la décision litigieuse que le préfet y a également relevé la circonstance, non contestée, selon laquelle le requérant a fait l'objet, le 11 janvier 2020, d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il ne s'est pas conformé. Ce seul motif suffisait, en vertu du 5° précité de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à fonder la décision contestée. Au demeurant, contrairement à ce que soutient M. A, les dispositions du 8° précité du même article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent se lire a contrario comme une exception possible aux autres fondements du refus d'accorder un délai de départ volontaire. Pour l'ensemble de ces motifs, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit doivent être écartés.

9. M. A se prévaut à nouveau de l'erreur qu'aurait commise le préfet quant à ses attaches familiales en France et à celles qu'il conserve en Algérie, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien susvisé et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Il se prévaut à nouveau, également, de l'erreur qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. Cependant, pour les mêmes motifs que ceux adoptés et exposés au point 6 de la présente ordonnance, ces moyens doivent, en tout état de cause, être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

10. Le moyen tiré du vice de procédure, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par le premier juge au point 4 de la présente ordonnance.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

11. Il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

12. Le moyen tiré du vice de procédure, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par le premier juge au point 4 de la présente ordonnance.

13. Il ressort des termes de la décision contestée, prise sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet, tenant compte des éléments exposés et adoptés au point 6 de la présente ordonnance, et observant que le requérant a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, a estimé à juste titre que le requérant ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Le préfet était, dès lors, tenu de prendre cette interdiction.

14. Pour en fixer la durée, le préfet a constaté la situation irrégulière en France de l'intéressé, la durée de son séjour dans ce pays, ses liens personnels sur place et ceux qu'il conservait dans son pays d'origine, la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet et a estimé que la décision litigieuse ne portait pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale, telle qu'elle ressortait de l'examen approfondi qui a été mené, une atteinte disproportionnée. Le préfet a tenu compte de l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a suffisamment motivé la durée de cette interdiction. Compte-tenu des éléments exposés au point 6 de la présente ordonnance, c'est sans méconnaître les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et sans commettre d'erreur d'appréciation, qu'il a fixé cette durée à deux ans.

15. M. A se prévaut à nouveau de ce que le préfet aurait commis une erreur quant à ses attaches familiales en France et à celles qu'il conserve en Algérie, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Cependant, pour les mêmes motifs que ceux adoptés et exposés au point 6 de la présente ordonnance, ces moyens doivent, en tout état de cause, être écartés.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

16. Il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'assignation à résidence devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

17. Le moyen tiré du vice de procédure, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté, en tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par le premier juge au point 4 de la présente ordonnance.

18. M. A soutient que l'assignation à résidence serait entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle mentionne des violences sur conjoint dont il serait l'auteur alors qu'il n'aurait jamais commis une telle infraction. A l'appui de ses propos, il produit une fiche de renseignement datée du 5 février 2020, émanant du tribunal de grande instance de Nanterre, dont il ressort que des poursuites le concernant dans une affaire n° 16062000061 ont été classées sans suite le 2 décembre 2017 car " disproportionnées ou inadaptées (dénonciation calomnieuse) ". Toutefois, l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'autorité administrative peut assigner à résidence " l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable " notamment lorsque " l'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire () n'a pas été accordé ". Il suit de là que le requérant ne peut utilement discuter le trouble à l'ordre public mentionné par le préfet dans la décision en litige pour contester la légalité de l'assignation à résidence. Le moyen tiré de cette erreur de fait doit ainsi, en tout état de cause, être écarté.

19. M. A se prévaut à nouveau de ce que le préfet aurait commis une erreur de fait quant à ses attaches familiales en France et à celles qu'il conserve en Algérie, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Cependant, pour les mêmes motifs que ceux adoptés et exposés au point 6 de la présente ordonnance, ces moyens doivent, en tout état de cause, être écartés.

20. Le requérant ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français depuis moins d'un an, dès lors qu'il ne pouvait quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeurait une perspective raisonnable, le préfet était également fondé à l'assigner à résidence et n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prenant une telle décision.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 18 janvier 2024.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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