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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE01638

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE01638

mardi 5 mars 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE01638
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 20 août 2020 par lequel la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour.

Par un jugement n° 2003360 du 6 janvier 2022, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 4 juillet 2022, M. B, représenté par Me Mongis, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, pour la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le jugement est irrégulier, dès lors que la minute n'est pas signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience, en méconnaissance de l'article R. 741-7 du code de justice administrative.

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, dès lors qu'il remplit les conditions de délivrance du titre de séjour prévu au 6° de l'ancien article L. 313-11 du même code ;

- il méconnaît les dispositions du 6° de l'ancien article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses quatre enfants français ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il méconnait l'alinéa 5 du préambule de la constitution de 1946.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 31 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la constitution du 4 octobre 1958 ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A B, ressortissant camerounais né le 7 avril 1993 à Garoua, est entré irrégulièrement en France en 2005. Il a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français régulièrement renouvelé entre 2012 et 2015. Il a fait l'objet le 9 juillet 2018 d'un arrêté portant refus de séjour, sans obligation de quitter le territoire français. Il s'est toutefois maintenu sur le territoire et a sollicité, le 22 octobre 2019, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions des 6° et 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur. Par un arrêté du 20 août 2020, la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande sans assortir cette décision d'une obligation de quitter le territoire. M. B relève appel du jugement du 6 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. Aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience. ". Il ressort des pièces du dossier de première instance que la minute du jugement attaqué comporte la signature du président de la formation de jugement, celle du rapporteur et celle du greffier d'audience. La circonstance que l'ampliation du jugement notifiée au requérant ne comporte pas la signature des magistrats qui l'ont rendu et du greffier est sans incidence sur sa régularité. Par suite, le moyen tiré de ce que ce jugement serait irrégulier, faute d'avoir été signé, ne peut qu'être écarté.

Au fond :

4. En premier lieu, M. B soutient, comme en première instance, que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle, dès lors, d'une part, qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public contrairement aux affirmations de l'administration et, d'autre part, qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses quatre enfants français. Toutefois, et alors que le requérant ne produit aucun élément nouveau en appel, les premiers juges ont pu considérer, sans commettre d'erreur, que si le juge aux affaires familiales a constaté son impécuniosité, il ne justifie par aucune pièce de sa contribution, de quelque manière que ce soit, à l'éducation de ses enfants et de la réalité des liens qu'il prétend entretenir avec eux. En outre, et comme l'a relevé le tribunal, il ressort des pièces du dossier que la préfète d'Indre-et-Loire aurait pris la même décision si elle n'avait retenu que l'absence de toute contribution à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Par suite, ces moyens doivent être écartés pour les motifs retenus à bon droit et exposés par les premiers juges au point 5. du jugement attaqué.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article L. 431-3. () ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative n'est tenue de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de tels titres. A cet égard, dès lors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 4. de la présente ordonnance que M. B n'est pas au nombre des étrangers pouvant obtenir, de plein droit, un titre de séjour sur le fondement du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, l'administration n'était pas tenue de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Ce moyen doit être donc écarté.

6. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, et de l'alinéa 5 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par les premiers juges aux points 6., 7. et 8. du jugement attaqué.

7.Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet d'Indre-et-Loire.

Fait à Versailles, le 5 mars 2024.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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