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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE01834

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE01834

mardi 5 décembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE01834
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C D épouse B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 7 mars 2022 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2202790 du 27 juin 2022, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022, Mme D épouse B, représentée par Me Monconduit, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer, dans le délai de sept jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le jugement est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- les premiers juges ont fait une inexacte appréciation de l'intérêt supérieur de son enfant ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme D épouse B, ressortissante marocaine née le 29 septembre 1991 à Tnine Aglou, est entrée pour la première fois en France le 6 septembre 2016 sous couvert d'un visa de type D portant la mention " étudiant ". Elle a bénéficié de plusieurs cartes de séjour, portant les mentions " étudiant " puis " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", la dernière expirant le 15 juillet 2021. Le 27 septembre 2021, elle a sollicité son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 7 mars 2022, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme D épouse B relève appel du jugement du 27 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Mme D épouse B ne peut donc utilement se prévaloir du défaut d'examen sérieux de sa situation ou encore de l'inexacte appréciation de l'intérêt supérieur de son enfant qu'auraient commis les premiers juges pour demander l'annulation du jugement attaqué.

4. En second lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieure de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

5. Mme D épouse B soutient que son fils A, né le 21 septembre 2017 au Maroc, souffre de troubles autistiques qui ont été diagnostiqués en France, où il bénéficie d'un suivi médical spécifique ainsi que la possibilité d'être scolarisé, ce qui ne serait pas possible dans son pays d'origine. Toutefois, d'une part, il ressort cependant des pièces du dossier de première instance et de celles produites en appel qu'à la date de l'arrêté contesté, la scolarisation de son fils était suspendue en raison de son comportement. Au surplus, s'il est vrai que, postérieurement au 7 mars 2022, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a accordé, au titre de l'année scolaire 2022-2023, l'aide humaine individuelle que le personnel enseignant et médical avait estimée indispensable à la scolarisation A, cependant, il ressort d'un article de presse daté de 2022, produit par la requérante, qu'un tel accompagnement, certes à la charge des familles, existe au Maroc. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier que le père A, dont la mère n'est pas séparée, vit et travaille au Maroc, de telle sorte que le retour de sa mère dans son pays permettrait à la cellule familiale de se reconstituer. Il suit de là qu'en prenant l'arrêté contesté, dont les termes révèlent que la situation de la requérante a été sérieusement examinée, le préfet n'a pas commis d'inexacte appréciation de l'intérêt supérieur de l'enfant de Mme D épouse B.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme D épouse B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme D épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D épouse B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 5 décembre 2023.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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